L’Echappée Michelin du 5/9/2026 racontée par Franck

Non je ne ferai jamais d’ultra, passés les 200k, ou les 8 à 10h de selle, j’en ai marre de pédaler !
L’histoire n’est pas à une contradiction prêt…
En 1986 Mitterand avait dit qu’il ne se présenterait pas à sa succession et en mars 1988 Il présente sa candidature 🤪
En janvier de cette année, Pauline FERRAND-PRÉVÔT déclare qu’elle ne fera pas le Paris-Roubaix et pourtant, en avril, elle s’aligne et termine 3è.
En 1979, Niki Lauda abandonne brutalement la F1, en pleine saison, pendant les essais du GP du Canada.
Il explique qu’il en a assez et lâche cette phrase : « il y a plus important dans la vie que de tourner en rond. ».
Il monte sa société d’aviation, il semble avoir tourner la page de la F1. Finalement, il revient en 1982 et gagne le championnat en 1984.
La palme revient à ce fourbe de pilote anglais. Alors qu’il est surclassé par son coéquipier, qu’il n’a plus aucune chance au championnat pilote, Nigel Mansell annonce sa retraite en F1 à la fin de la saison 1990 et qu’il fera de son mieux pour aider l’équipe Ferrari et Alain Prost à gagner les 2 championnats pilote et constructeur. Quelques semaines plus tard, au Portugal, il tassera Alain Prost sur la ligne de départ, laissant le champ libre aux Mc Laren…

Donc pour en revenir à ma participation, elle était loin d’être acquise. A chaque relance de Jean-Pierre j’exposais les mêmes arguments.
Je l’avais annoncé haut et fort à qui veut bien l’entendre : « Sans moi ! ».
Cet été encore, en préparant le calendrier de rentrée avec ma femme, je raye l’épreuve. Non vraiment pas pour moi…
Enfin si je la fais ce sera sans préparation, en mode ça passe ou ça casse…
Parce que c’est vrai la destination me plaît : arriver à Clermont Ferrand, aller chez ma sœur à vélo c’est une belle histoire.

Vendredi après-midi, à quelques heures de récupérer son dossard, Jean-Pierre tente une dernière fois…
Euh s’il reste une place sur un désistement tu viens ?
Il existe plusieurs formes de harcèlement. Le miens porte un casque, roule beaucoup et me dit depuis 2 ans : « aller viens, tu vas voir, ça va être super ! »

Et le beau frère s’y met aussi. Il m’envoie la copie d’écran de l’épreuve avec cette question en forme de défi : tu participes ? Alors je lui réponds sur le même ton « je ne sais pas encore ! ».
Lui : « la veille ? »
Moi : « c’est possible ça 😁 je suis large 🤣 »
Puis je lui envoie la photo de l’organisation : « COMPLET »
Lui : « c’est facile ça ! »…

Ma chérie 💕 me donne le bon de sortie, la météo est idéale, alors Banco !
Bref j’ai fini par céder. Je suis une victime consentante 🤣. #MeeToo 🚴‍♀️

Trop heureux, Jean-Pierre décroche un dossard et me voilà engagé à 19h ! Pour un départ à 6h samedi !

Nouvel échange avec le beauf : « Inscrit 👅 »
Lui : « mais ils partent demain !? »
Oui moi aussi 😝

Je suis large 😁 : le vélo n’est pas prêt, je n’ai pas d’éclairage assez puissant ni avec une autonomie suffisante pour ce genre d’épreuve. Je n’ai même pas le stock de barres énergétiques 🤪.
Qu’à cela ne tienne, mon coach a déjà tout prévu. A 21h, je récupère mon paquetage avec le matériel, le stock de produits énergétiques et même une chasuble rétro-réfléchissante bien plus adaptée qu’un gilet haute visibilité.
Il est parfait pour avec les températures attendues. Mon couchage est réservé à l’arrivée et il a même négocié une option pour le retour en train.
Ah ça il avait envie que je vienne 😍😂.
Il me fait réciter les 10 commandements à respecter pour réussir ce genre de périple… Rendez-vous dans quelques heures pour le départ !

La nuit est courte, le temps de préparer le vélo, de choisir la tenue, de préparer le sac du retour, de lire le déroulé de l’épreuve et de trouver une place dans un train (je préfère assurer le coup). Quelle affaire !
Me voilà à dénaturer le vélo en l’équipant d’une sacoche de cadre 🤮.
J’hésite avec un petit sac de VTT à la Marco. Je le prends, d’ici le départ, je peux changer d’avis.

En faisant le trajet jusqu’au départ, je me compare aux gars qui se lancent sur un marathon ou sur la montée du Ventoux ou de l’Alpe d’Huez sans entraînement. Possiblement je vais faire partie des DNF ou finir râpé, à l’agonie.
Je cauchemarde de dormir dans un abri bus ou de me réveiller dans le fossé 😱 🤣
Plus sérieusement, c’est très clair dans ma tête : j’ai le droit d’abandonner !

Nous sommes 3 : Olivier, Jean-Pierre et moi.
Eric un copain de BikeXPlore nous accompagne sur les 50 premiers kms. Il porte avec fierté le maillot de l’an dernier.
Le but ce matin est de trouver un peloton à notre allure. Comme à chaque fois, on voit des gars partir tambour battant. D’autres pelotons bien organisés pour réussir mais sur une allure trop lente pour nous…
On se fait doubler 2 fois par des missiles sol-sol, dans le tas, Romain BARDET. La différence de vitesse est hallucinante.

À Buthiers c’est bon, un groupe est constitué, Jean-Pierre est heureux «nous sommes dans le bon wagon ».
C’est facile de tenir les roues, je suis surpris de voir le manque d’organisation du peloton : un ou 2 excités pour mener l’allure et c’est en file derrière. Il n’y a pas d’éventail, pourtant ce serait bien plus efficace.

Je vois Olivier se mettre devant, faire des longues remontées de peloton. Quelle énergie 😁. Une dizaine de gars se détachent, je sens le coup et je prends les roues. Je pense qu’Olivier est dedans et que Jean-Pierre a suivi. En fait je suis solo… Je profite quelques minutes du train.
J’ai un gros problème : la sacoche de cadre jamais essayée m’irrite les cuisses. Ça ne tiendra jamais jusqu’à Clermont, je suis blessé, la douleur va s’empirer. Je tire sur le cuissard pour supprimer le contact avec la peau, ça marche mais c’est une solution fragile…
Je regrette de ne pas avoir assez prêté attention à ce frottement sur le trajet du départ, j’aurais pu changer pour le sac de VTT 😬.

Je double l’ami Christian. Je savais qu’il devait s’engager mais je n’ai pas eu le temps de vérifier tout ça et de le prévenir.
Il est très surpris de me voir ici 😂. On est heureux de se retrouver. On roule ensemble en attendant de prendre les roues du groupe d’Olivier et Jean-Pierre… Sauf que Jean-Pierre n’est pas là !
Il reste une vingtaine de Kms jusqu’au CP1, on se regroupera à ce moment-là.
Nous empruntons un petit passage Gravel pour accéder à la passerelle qui traverse la Loire à Sully.

Jean-Pierre est 10k derrière, ennui mécanique 😩. Incroyable ! Des mois de préparation, des tests de matériel à répétition et voilà que sa K7 se desserre ! Comme il est plein de ressources, il s’arrête acheter une clé à molette et nous répare ça de main de maître, ça tiendra jusqu’à l’arrivée et au-delà 😂


De mon côté j’implore les dieux de la mécanique et de la chance. J’aimerais tant qu’ils portent un œil bienveillant sur nous 😇
Ne pensons pas aux roues perdues, c’est cool, j’ai le temps de saluer Colette et Charlotte qui suivent Christian, de ravitailler à la boulangerie (pas ouf d’ailleurs…) et d’acheter de la bande à la pharmacie pour mes cuisses. La pharmacienne me prend pour un fou quand je lui explique mon périple. La bande c’est sur la tête qu’il faut la mettre, vous avez pris un choc violent 😂.

Nous traversons la Sologne à trois sur des routes déjà empruntées sur le Paris-Bayonne 2013.
Je me remémore quelques pancartes disputées, je lis mon nom sur le palmarès 🤣.
Je sens Jean-Pierre assez fébrile, je me dis que ça risque d’être long à 3.
Nous voilà sur une longue ligne droite à perte de vue et personne ! Le désert !
Ok, Jean-Pierre a dit de rester sous les 70% de la FTP. Sur le plat, vent dans le dos, le compteur oscille entre 33 et 40km/h. Pas mal 🤩.

Nous rattrapons beaucoup de monde, des solitaires, des groupes, un gars s’accroche mais nous restons à 3.
Nous revenons sur un groupe qui a l’air organisé. On plafonne à 500m d’eux un long moment. Je suis tenté d’accélérer un petit coup pour prendre les roues. Olivier aussi… Jean-Pierre nous freine… Tempo les gars !
Profitant du relief en toboggan, avec Olivier nous bouchons l’écart rapidement. Jean-Pierre mettra un peu plus de temps et il n’a pas besoin de parler pour comprendre qu’il nous sermonne 😂🤣😝.


Il reste 30k jusqu’à Bourges, juste le temps de faire connaissance avec nos compagnons de route.
Il est 14h, il fait chaud. On ravitaille dans le restaurant de l’usine Michelin. On boit… On boit… On boit…
Je refais le bandage de la jambe gauche, il est un peu trop serré et il frotte sur je genou. À droite ça va, comme je suis blessé je ne veux pas y toucher.
Entre le CP2 et le CP3, nous faisons un bon bout de chemin avec Christian.
Ça roule un poil fort pour lui, il préfère reprendre son rythme. Nous le laissons avec un petit groupe.
Jean-Pierre donne le tempo dans les bosses, j’observe et je cale mon allure au rythme de l’expert.
Nous retrouvons 2 gars partis comme des balles. A Cerny je leur avais demandé s’ils comptaient faire tout le parcours à ce rythme…
Ils forcent pour prendre les roues et abandonnent rapidement. La prophétie de Jean-Pierre se vérifie 😉.

Nous faisons la connaissance de Baptiste, un chouette compagnon : 23 ans, 4 mois de vélo et il se lance dans l’aventure 🤗.
Un autre jeune en Synapse nous rappelle vaguement quelqu’un : il vole dans les bosses et coupe au sommet.
En prenant une barre, il fait une embardée spectaculaire et manque d’aller au tas 😥
Profil toboggan, avec Olivier on s’éclate comme des petits fous. Là Jean-Pierre, tel un Patou, tente un recadrage en règle. Des deux, je suis le plus sérieux 😇.
Olivier se positionne sur ses prolongateurs et génère beaucoup de vitesse, nous passons les talus sur l’élan. Il suffit de donner l’impulsion au bon moment.
Jean-Pierre prend la bosse au fond de la cuvette, ça l’oblige à pédaler plus fort.
Avec Olivier, nous roulons à l’instinct, nous lisons le relief, profitons du terrain, saisissons les opportunités et nous fondons dans le décor tel le Goupil à l’affût 🦊. On s’adapte, on improvise, on fait marcher notre créativité et on fait confiance à nos sensations.
Fort de ses multiples expériences en ultra, Jean-Pierre roule à la télémétrie. C’est scientifique nous dit-il, les chiffres ne mentent pas.
Chaque coup de pédale est mesuré, analysé, décortiqué, optimisé.
D’aucuns diront que ces deux approches sont antinomiques, nous répondons qu’elles sont complémentaires : le renard et la NASA. Deux approches qui conjuguent à merveille les qualités du cycliste amateur moderne 😁🧑‍🎓🤣.

Rémy Julienne avait mené un test en son temps. Il était question de déterminer le point de chute d’une voiture lors d’une cascade.
Il avait donné du fil à retordre à de jeunes ingénieurs, l’un s’appuyant sur son expérience, les autres sur de savants calculs 😉.
Bref, encore aujourd’hui, même le meilleur modèle a besoin de quelques tours de roues pour s’affiner 😉.

A 30k du CP3, je dois répondre à un appel et trouver de l’eau. Jean-Pierre et Olivier m’attendent une première fois mais au 2è appel ils continuent.
Je raccroche et au moment de partir je me fais doubler par Colette et Charlotte. Ça va ? Tu as besoin de quelque chose ? Ouiiii de l’eau svp 🤗🤩🤗
Ni une, ni deux elles s’arrêtent, Charlotte remplit mes bidons. Cool je vais pourvoir rejoindre le CP3 sans souci. J’ai bien fait, je vide les 2 bidons en un peu plus d’1h.
Solo, je ne m’affole pas, je me sens bien. Je prends le temps d’admirer le paysage 🤩.
A 2 Kms du CP3 je retrouve Baptiste et nous arrivons alors que JP et Olivier posent leur vélo.
Je m’éloigne des interférences, j’appaire le 2è radar et je les rejoins au ravito.
Tout y est, sandwich, tucs, chips, salade de fruits et bananes. Et surtout eau gazeuse et coca à volonté. Je garde la banane pour plus tard…
L’organisateur donne généreusement des barres énergétiques. Hop 2 dans la poche 😋.
Il est temps de repartir, il est 19h45. Dans 1h il fait nuit.
Quand le soleil s’est couché derrière Montluçon, je me suis dit que l’aventure commençait ici.

Je fredonne les paroles d’une chanson tant écoutée :
Les lueurs immobiles d’un jour qui s’achève
La plainte douloureuse d’un chien qui aboie
Le silence inquiétant qui précède les rêves
Quand le monde disparu l’on est face à soi….
On aperçoit au loin les premiers feux des vélos devant nous. Jean-Pierre donne le tempo dans la première ascension. J’observe le métronome 🤩.
On rattrape Christian, l’occasion de partager un bout de chemin, quelques paroles, de s’encourager mutuellement.
Puis on se retrouve au milieu de nulle part. C’est très étrange comme sensation. On a rattrapé pas mal de vélos.
1ére descente dans le noir, je me place en 3è position. Je profite de la lumière des deux ouvreurs. Je prends mes marques et déjà la bosse suivante se profile.
Des phares, 2 gilets hautes visibilité bien portés, des cris d’encouragements… Ohhh… 🤩 Ce sont Charlotte et Colette, leur bonne énergie est communicative. Merciiiii beaucoup 😊.
Un gars nous passe avec un maillot LEROUX, ça ne s’invente pas !
J’ai déjà roulé avec quelqu’un qui portait le même maillot mais je ne situe plus.
Il a 2 grosses sacoches qui prennent en sandwich sa roue arrière. Elles ballottent au gré des imperfections de la route. C’est monstrueux de transformer un Gravel ou un route en velib’ 😱🤣😝.
N’empêche, le gars est facile, il nous attend quelques secondes à une intersection en haut d’une bosse puis disparaît dans la bosse suivante.
Olivier est en forme, il met tout le monde en file. Ça lâche par grappe derrière.
Je le préviens qu’il va reprendre une soufflante de JP. D’ailleurs j’appelle JP, pas de réponse ?! J’interpelle le gars derrière nous avec un éclairage surpuissant. Pas de réponse ?!
Manifestement, il cherche à nous aider avec ses pleins phares.
Je recommence à lui parler, toujours rien, pas un mot… Il se fout de ma gueule celui-là 😳
Je dis à Olivier qu’il doit s’agir de Bernardo, le serviteur muet (pas sourd) de Don Diego de la Vega.
A force de blagues moyennes, il finit par se trahir. C’est notre JP qui est là.
Il a bien entendu comment je me suis acharné à raisonner Olivier. JP juge qu’il n’est pas nécessaire d’en ajouter 🤣.

Je demande une pause banane, l’endroit est choisi par Olivier, en haut d’un col. Quelle silence ! Le ciel est dégagé, on voit les étoiles.
J’ai envie d’éteindre les feux pour contempler la voûte céleste sans pollution lumineuse.

Nous repartons, j’ai d’excellentes sensations, Olivier aussi est facile.
On passe de côtes en cols.
Dans les descentes, j’ai du mal à évaluer la vitesse et les distances. Le plus perturbant avec l’éclairage sur le cintre est de ne pas voir le point de corde dans les virages.
Je ne vois pas le temps passer et les kilomètres défiler.

Le GPS n’affiche pas les pentes, je n’ai aucune indication de la distance et de la pente. Tout au jugé !
On monte un truc interminable, pas très dur c’est vrai. A chaque percée dans les arbres je pense que c’est terminé. Et non, ça continue ! On finit par en voir le bout.
J’ai envie d’en remettre un peu, je me dis que si personne passe c’est que c’est suffisant, alors je roule au limiteur 😇.
Je décide de sortir une barre, sans me rendre compte que nous sommes à la bascule, que le vélo prend de la vitesse. L’air frais et surtout le virage qui me saute à la figure me font prendre conscience que ça descend maintenant. Pas le temps de mettre la barre dans la poche, je place la barre emballée dans la bouche et je reprends le contrôle du vélo.
J’ai essayé plusieurs fois de remettre cette foutue barre dans la poche. De jour ça n’aurait posé aucune difficulté, dans le noir, pas moyen d’y parvenir !
C’est une des barres donnée par l’organisation. J’y goûte enfin, elle est dégueulasse ! En plus elle colle aux dents ! Je comprend mieux pourquoi elles étaient distribuées.
Au pied de la dernière difficulté, je vois un attroupement devant un cimetière. J’ai vidé un bidon, le 2è est presque vide. Tout le monde est Ok pour la pause flotte.
Je parle de mon expérience de la barre énergétique, une féminine réagit immédiatement : « Ah oui, horrible ! » je l’imite quand elle annonce jeter la 2è. Bon débarras ! 🤮
Il y a plus de pente, on oscille entre 6-8% avec des passages à 10-11%.
C’est impressionnant de voir les petites lumières des vélos devant s’élever, on a l’impression qu’il va y avoir des marches à gravir pour arriver à leur hauteur.
On continue de dépasser, sur le côté des petits groupes sont arrêtés, on voit des cyclistes sur le dos, victimes de crampes. La fin va être compliquée pour eux.

Un panneau indique Orcines, nous sommes au cœur de son territoire… Du haut de ses 1465m, il domine les environs. Nous sommes à ses pieds…

Dans le jeu des ombres de la montagne et des lueurs du ciel, la chaîne des Puys se découpe en silhouettes mystérieuses sur l’horizon.
Je scrute les formes, espérant reconnaître le fameux Puy de Dôme.
Mais la nuit brouille les pistes. Le géant des dômes restera une célébrité anonyme ce soir.

J’ouvre la descente, je fais une petite erreur de lecture, je pense que la trace suit la route principale. Je découvre un peu tard qu’elle bifurque à gauche. Je préfère élargir le virage pour ne pas surprendre la farandole de vélos qui suit.
Je me reconcentre, la situation se présente à nouveau, cette fois je ne me fais pas piéger 😝. Ça me vaut les félicitations de JP et Olivier 🤗.
En contrebas, nous pouvons apercevoir les lumières de la ville, la civilisation n’est pas loin.
On rentre dans une enceinte MICHELIN. Ça y est je comprends ce que m’explique JP depuis ce matin 🤪.
Nous avons un tour à parcourir, c’est la piste d’essais MICHELIN. La piste fait 11kms !
Il faut descendre pour rejoindre la piste. Si c’est comme le circuit de CHARADE avec ses pentes de malade ça va être terrible 😱.
Nous partons groupés, le petit jeune qui s’est joint à nous s’agite. Moi ? J’étais parti pour rouler tranquille comme à la parade…
Du jamais vu ! L’électron agite le neurone 🤣🤪🤣
Dans la ligne droite je reçois un ordre des stands : FONCE ! J’y mets tout mon cœur, mes jambes font ce qu’elles peuvent 🥳.
C’est grisant, la culpabilité n’arrive pas à suivre mon accélération 😝.
Je me dis que je vais le payer quand ça va grimper. Heureusement c’est tout plat, JP avait inventé un relief accidenté pour nous effrayer.
L’agent de sécurité m’indique la sortie, Olivier et le jeune me rejoignent. Il faut remonter jusqu’à la guérite, c’est plus facile que j’imaginais.
Le temps de faire tamponner nos cartons, JP arrive.
Il reste quelques kilomètres sur la piste cyclable pour rejoindre la place des Carmes.
Les bénévoles nous félicitent, on se congratule.
Whaoouuu c’est fait ✅ J’étais super bien, je n’ai jamais trouvé le temps long.
Je me suis amusé, j’étais heureux d’être là. C’était GENIAL.
Les seuls moments de doute auront été le frottement de mes cuisses et l’ennui mécanique de JP.

Merci JP de m’avoir engagé, prêté le matériel et donner les bons conseils.
Merci JP,merci Olivier et merci Christian d’avoir partagé cette belle épopée.
Merci Eric de t’être levé et de nous avoir accompagné au petit matin.
Et merci à Charlotte et Colette pour vos encouragements et votre bonne humeur communicative.

l’Echappée Michelin 2026

L’Echappée Michelin, course légendaire datant de la fin du 19ème siècle et relancée l’année dernière me faisait de l’oeil pour cette rentrée. Nous avions apprécié l’édition 2025 , avec un parcours joli mais pas trop dur et une organisation au top. Difficile donc de resister à la refaire en 2026, surtout avec un départ à 300m de la maison !

Pas beaucoup de candidats pour m’accompagner, à part Olivier qui s’inscrit en même temps que moi en juin . Evidemment, je tente le coup auprès de Franck qui m’explique depuis 20 ans préférer les épreuves par étapes avec maximum 200 km par jour mais les JP sont têtus et je pratique un harcélement régulier.

Il avait failli s’inscrire en 2025 alors pourquoi pas ! . Il ne dit pas non, mais demande à rélféchir 🙄.

Après 1 mois tranquille pour récupérer de la RAF caniculaire, je profite des vacances au mois d’août pour remettre la machine en marche en grimpant de beaux cols dans les Vosges. J’enchaîne avec quelques longues sorties pour bien valider les jambes et m’assurer que tout fonctionne à la perfection sur le velo ( on y reviendra ) .

Toujours pas de nouvelles de Franck, ni de Marco qui avait aussi manifesté l’envie de nous accompagner. Bon , pour Marco c’est mort, il n’est pas dispo ce week-end là. Olivier lui n’a toujours pas reçu son cadre après que le sien ait laché au niveau du tube de selle. Et toujours pas de nouvelles de Franck. Je vais finir en solo à ce train là. Un coup d’oeil sur le site d’inscription me met un coup au moral : plus de places . Même s’il se décide , ça ne vas pas le faire encore cette année. Snif … 🥲.

Finalement , le cadre arrive , on fait le montage avec Olivier, ça va être un peu à l’arrache pour tout roder avant le départ.

La veille du départ, Franck se décide enfin ! Il n’y a plus de place , mais c’est le moment où jamais , je lui propose de négocier avec l’organisation en allant chercher les dossards le. vendredi soir. Il y a souvent des forfaits de dernière minute alors qui sait ça peut le faire. D’ailleurs je contacte l’orga qui laisse la porte ouverte « compliqué mais passez nous voir ce soir on verra ce qu’on peut faire ».

Il faut dire que l’équipe d’orga est vraiment top : sympas, aux petits soins pour les concurrents. C’est le club de Mozac qui organisait la cyclo des Volcans qui est à la manoeuvre cette année, et Jérome , l’organisateur en chef est aussi grand par la taille que par la générosité. Emilien qui organisait en 2025 est toujours là mais cette année , c’est pour participer et gagner l’épreuve en 12h50 devant Romain Bardet !

Bref, vers 19h14 , un peu avant la clôture du retrait des dossards, je file recupérer le mien et discuter avec Jerome. « Pas de souci me dit-il , je peux inscrire ton ami ! » . Yeessssss !!!

Et voilà notre Francky inscrit , à 10h de l’heure de départ. Ni lui ni moi n’arrivons à y croire vraiment pas plus qu’Olivier qui me dit « serieux , Franck est inscrit ?? »

Franck passe à la maison , je lui file un harais reflechissant, ma lampe Lumitop B01 et une batterie de rechange, et quelques autres fournitures indispensables à un 400 km 😉.

J’avoue une petite inquiétude : une longue distance, ça se prépare. Ca serait un petit mlracle si on ne decouvrait pas in extremis qu’on a oublié un truc. Allez on croise les doigts !

Je n’ai aucun doute sur la condition de Franck qui sort de son énième Paris-Nice cyclo . Olivier n’est pas non plus complétement confiant sur sa condition et son vélo pas encore bien rodé mais connaissant sa capacité à écraser les pédales longtemps je n’ai pas non plus d’inquiétude . De mon coté, les jambes sont très bien en ce moment et le vélo parfaitement au point . Enfin , c’est ce que je pensais 🤪

Nous sommes programmés dans la vague de départ de 6h45 , les départs étant étalés entre 6h et 7h pour éviter de gros pelotons sur la route et maximiser la sécurité de tout le monde.

On se retrouve peu après 6h aux inscriptions. Briefing , cette année , il y a un CP de plus au km 300 avec ravito à Domerat . Excellente chose ! Le parcours bien que similaire est renouvelé à 80% .

Eric est présent aussi , il a proposé de nous accompagner pour les 50 premiers km. Merci à lui . Nous seulement il va faire l’équipier modèle en nous tirant au départ , mais il en profitera aussi pour faire un petit reportage photo et vidéo. Merci Eric 🙏. BikeXplore a encore un peu de travail pour égaler UAE mais on est sur le bon chemin 😊.

Finalement, nous partons à 6h30 et nous voilà sur nos routes bien connues de l’Essonne en direction de Malesherbes.

On guette un groupe à la bonne vitesse pour la première partie du parcours qui s’annonce très roulante. A tiens en voilà un qui revient de l’arrière. Woouuufffff fait le vélo de CLM qui nous double avec 15 km/h. de mieux poursuivi par trois gars à fond pour le suivre. Impressionnant le rythme là c’était le niveau pro , insuivable.

On rattrape un bon groupe. Pendant qu’Olivier qui écrase les pédales à 50 tours/min en mode turbo diesel comme à son habitude, les depasse sans même un regard, on tente l’incruste avec Franck pour ménager le moteur. Mais le compteur affichant un petit 23 km/h dans la côte à 1% qui se profile devant nous, nous reprenons à regret notre tempo pour recoller Olivier.

Eric reprend sa position de poisson pilote tout en nous filmant. A l’approche de Nanteau ,une pensée pour Seb, on se fait rejoindre par le bon groupe qu’on cherchait . Hop , on saute dans les roues, nous voilà à 35 km/h sans effort . Eric nous quitte peu après.

Je vois la moyenne qui n’arrête pas de grimper sur mon compteur, les 30 km/h sont dépassés. On est en avance sur le plan de marche, il fait beau , le vent est favorable , la vie est belle ! Nous voilà dans la Beauce après Malesherbes, direction Sully sur Loire pour le CP1 au km 110.

La Beauce c’est top quand on est en groupe avec le vent dans le dos. Avec le vent de face et en solo c’est plutôt un enfer mais aujourd’hui les planètes sont alignées.

Enfin … presque . A la sortie d’un village , juste au moment où je relance ma roue arrière se bloque quasiment d’un coup sans avertissement préalable, et avec une odeur de brulé 😱. Je suis obligé de m’arrêter en urgence, d’évidence le souci est serieux.

Complétement pris par suprise, je n’ai même pas le temps d’avertir les copains, et je vois avec désespoir Franck , Olivier et tout le groupe s’éloigner définitivement. Même si je répare rapidement, je ne pourrais jamais revenir à cette allure. Je suis dégôuté , la situation passe en une seconde du scénario parfait au scénario catastrophe. On se croirait au cinéma à l’époque où il avait encore une pellicule et qu’elle cassait dans le projecteur, retour brutal du rêve à la réalité !

Fébrilement, je tente de localiser le problème. Je pense que c’est le pédalier qui s’est bloqué mais une fois la chaine sortie, il tourne parfaitement donc la panne est ailleurs. Je regarde cette fois à l’arrière et je vois que ma cassette s’est complétement dessérrée et vient frotter la base d’où l’odeur. Heureusement que le cadre est en titane.

Contrairement aux roues libres Shimano , les roues libres SRAM n’ont pas d’encoches mais un pas de vis. Ca permet de les fixer et enlever très facilement mais par contre, si ça se dessèrre ça vient en contact avec la base. Bref, je ne comprends pas comment cela a pu se desserrer d’un coup sans aucun signe avant courreur, je n’y ait pas touché depuis des mois, mais les faits sont là. Le dérailleur electronique qui s’ajuste tout seul a probablement aussi masqué le problème.

Heureusement, j’avais anticipé que cela puisse arriver un jour : j’ai une douille à cassette qui s’adapte sur mon multi outil dans mon kit de réparation special ultra distance . Trop fort le JP ! 😊

Je sors la douille et … je réalise que je n’ai pas pris la bonne , celle là ne s’adapte pas au multi outil. Je resserre à la main en priant 😳 .

Me voilà reparti , 3 min d’arrêt , j’ai peut être encore une chance si le peloton fait un arrêt pipi.

Je repars à 300W, la rage au coeur et avec l’enerige du desespoir, couché sur les prolongateurs, bien décidé à tenter la jonction !

2km plus loin , le pb se reproduit 😱

Nouvel arrêt , mais je me doute bien que si je ne trouve pas une solution pour serrer plus fort, je ne vais pas y arriver.

Je fais de mon mieux … redemarrage et re-stop au bout de 2km .

Ca ne va pas le faire , il faut que je trouve un magasin pour resserrer.

Il y a une petite ville à 10km. Je la rejoins avec 2 arrêts de plus et je file au Super U pour acheter une clef à molette qui me permette de serrer à un couple suffisant.

Accueil princier et très inattendu par le directeur du supermarché qui me voit passer le seuil avec mon numero de dossard 273 sur le casque. Il est fan de vélo et connait l’Echappée Michelin , incroyable . Il va me chercher la clef , me propose de reparer le vélo sans me faire payer mais je préfère acheter la clef , un peu traumatisé , au cas où le problème reviendrait. Il m’aide à serrer à bloc. Me voilà reparti mais j’ai maintenant presque une 1/2h de retard. J’envoie un message à Franck et Olivier pour leur dire que j’ai un souci et que je les rejoins au CP1.

Il me faut quelques km pour me remettre dans le bain et evacuer la frustration de ce problème improbable avec un vélo super testé dans toutes les conditions avant.

A 12km de Sully, coup de fil de Franck. Ils sont au CP1 , et font une pause boulangerie / flan en m’attendant 😉.

Motivation revenue , j’écrase les pédales sur les prolongateurs pour boucler ces 12 km en 20 min .

C’est joli Sully sur Loire !

On se retrouve à la boulangerie et c’est reparti pour cette fois la traversée de la Sologne jusqu’à Bourges. L’itinéraire est différent de 2025 , mais les lignes droites en forêt sont toujours là. J’ai peur que Franck trouve ça monotone mais pas du tout ! On reprend des groupes à la pelle , ça nous occupe bien, et on se relaie à trois mais les relais de Franck sont les plus appuyés, pourvu qu’il ne dépense pas trop d’énergie car le final est corsé . Un gars sympa nous accompagne un bout de temps puis finit par lâcher.

A 35 km de Bourges, on se finit par recoller à un groupe qu’on avait en ligne de mire dans les lignes droites. Curieusement, alors qu’on avait bouché le trou rapidement au début , ça faisait un bout de temps qu’on plafonnait derrière, ils devaient être motivés par le repas qui nous attendait au CP1. Finalement, on bouche le trou et on se relaie les uns les autres jusqu’à l’usine Michelin de Bourges.

Un bon petit repas, et surtout on y retrouve Christian, un copain de Franck, ils ont fait plusieurs Paris-Nice ensemble. Christian est suivi par sa femme Colette et sa fille Charlotte . Nous allons repartir ensemble et du coup , on aura des supportrices au bord de la route régulièrement jusqu’à l’arrivée. C’est top , ça motive bien ! J’ai l’impression de faire le Tour de France 🤩.

Entre le CP2 et le CP3 , c’est moins plat. On rentre dans l’Allier avec des routes vallonnées mais pas vraiment difficiles , c’est très ludique. Baptiste , un jeune qui s’est mis au vélo il y a 4 mois (!!) se joint à nous. On roule aussi avec un autre jeune qui nous fait une frayeur en partant à 90° de la trajectoire en ouvrant un gel 😰. Baptiste est équipé d’un vieux vélo qui produit régulièrement un crouiiiiccc sonore , et quand Olivier s’alarme de ses attaches rapides à moitié ouvertes , il nous explique qu’elles sont grippées 🤪. Tout cela ne l’empèche pas d’écraser vaillamment les pédales, l’insouciance de la jeunesse !

En bon coach ultra, je fais remarquer à Olivier déchaîné qui si nous montons toutes les bosses à 300W , même courtes, on va le payer cher dans les cols du massif central qui nous attendent sur les 100 derniers km. Peu convaincu, il me dit « mais je m’amuse » ! . Ce qui reste evidemment le but 😉.

Je sens que je vais avoir du mal à convaincre mes camarades joueurs et qui ont envie de profiter du parcours. C’est leur premier 400 . Certes ce sont des cyclistes de haut niveau et bien entraînés. Mais quand même , en ultra il y a des théories bien étudiées. Je joue donc le prof avec des élèves dissipés mais tellement sympas qu’on ne peut pas leur en vouloir.

Olivier en bon elève tient compte des remarques : on monte à 299W au lieu de 300 😂

Franck nous abandonne pour les 30 derniers km , stoppé par un coup de fil. On stoppe mais 30 secondes plus tard il est déjà là , sauf que ça sonne de nouveau dans la foulée.

Christian

On continue doucement, du coup , le groupe de Christian qu’on avait distancé nous rattrappe. Toujours pas de Franck. On se décide à remettre en marche jusqu’au CP3. En fait il avait fait en plus un arrêt ravito en eau pour taper la discute avec Collette et Charlotte, le coquin 🙂.

Au fur et à mesure qu’on approche du CP3 , on repasse en mode pédalage avec Olivier et nous reprenons les groupes qui nous avaient dépassés. Je me dis que ce rythme n’est définitivement pas raisonnable mais profitons de cette magnifique journée de vélo , on verra bien !

CP3 à Domerat, la nouveauté 2026. Bénévoles au petits soins qui nous font même des salades de fruit à la demande, juste royal ! Bravo à l’orga ! Franck arrive finalement, on dévore quelques sandwichs, bananes , salades de fruit . Sans oublier le coca et la St Yorre, il fait quand même 32°C , ça chauffe un peu.

Nons repartons vers 19h45 pour la dernière étapde , de loin la plus dure puisqu’il nous reste 2000 m de dénivelé sur les 120 prochains km soit un peu plus que tout le parcours déjà accompli. Un CP4 toutefois à l’entre du circuit Michelin qui n’est qu’à 10km de l’arrivée. Mais justement, c’est pour nous obliger à faire le tour du fameux circuit sans couper tout droit.

Encore 3km de plat et puis ça monte. La sortie de Montluçon c’est en fait une montée continue d’environ 20km à 4/5% . Ayant toujours en tête de ménager mes apprentis ultra cyclistes, j’adopte un rythme raisonnable en tête de groupe. Puis Franck passe prendre son relais, embraye et pedale coincée certainement, ne debrayera plus jusqu’à l’arrivée. Moi qui pensait passer une journée tranquille , je suis servi.

Petit à petit le jour tombe, nous arrivons au lieu dit du Château d’eau à la tombée du jour, on allume nos frontales et éclairages. Nous avons repris et dépassé Christian qui était reparti avant nous du CP3. Baptiste commence à transpirer dans les roues dans tous les sens du terme. Il fait étonamment chaud pour une nuit de septembre,, à aucun moment il ne sera nécessaire de mettre le coupe vent ou les manchettes.

J’ai oublié l’idée de ménager qui que ce soit. Les copains montent les cols sur un sacré tempo et on reprend des groupe entiers de cyclistes qui paient les efforts de la journée , certains allongés sur le bas côté en proie à des crampes. Ce n’est plus pour eux que m’inquiète mais pour moi 😂 . Maintenant je n’ai plus qu’à prier pour que les jambes tiennent sur un tempo plus ambitieux que prévu. Trop forts les copains, je suis épaté ! Quand je pense qu’ils doutaient de leur capacité à boucler un 400 🤪.

Soudain, les crouic crouic disparaissent, Batpiste a lâché non sans m’avoir demandé « mais il fait comment Franck pour grimper aussi vite avec son gabarit?? » . La seule bonne réponse à cette question qui n’est pas nouvelle est « c’est Franck, il est unique » .

Baptiste est remplacé par un autre jeune qui a des soucis de GPS et d’éclairage ( on ne voit sa lampe arrière qu’à 10m maxi ) . Il nous suivra jusqu’au bout bien que lâchant à plusieurs reprises mais revenant à chaque fois avec une motivation incroyable.

Les montées se succèdent. Je predis des murs à 15% pour miner le moral des copains sans le moindre succès 😂

Dernier arrêt remplissage des gourdes dans un cimetière au pied du dernier col , le plus dur avec cette fois de vraies pentes entre 8 et 11% . Une file de cyclistes grimpe formant une procession de petites lumières rouges et un énorme flash surpuissant , le Garmin Varia de Franck . Terrible , je suis obligé de laisser 30m entre nous sinon je suis ébloui.

Au sommet à Sauterre on bascule dans une longue descente rapide vers le circuit Michelin. Tellement rapide, qu’on manque presque une intersection à gauche. On déboule à 60 en direction du circuit.

Je dois avouer que je m’étais un peu ennuyé en 2025 à faire ce tour de circuit , mais le refaire est encore pire. J’ai du mal à trouver la motivation pour accrocher Franck qui tente de battre le record du tour et y est surement arrivé 😰 . Je n’aurais jamais du lui donner un de mes gels Pogacar !

Nous finissons à quatre avec notre petit jeune qui nous fait le sprint pour passer l’arche d’arrivée . 16h de roulage et 18h30 au total pour boucler le parcours .

Un super moment de vélo , temps magnifique, vent favorable , belles rencontres.

Tout le monde est heureux à l’arrivée et le Franck ne pourra plus jamais dire « non l’ultra c’est pas mon truc » . C’est le premier 400 pour Olivier et lui , et tout laisse à penser qu’ils auraient pu continuer sur 1000km au même rythme. 13 W de puissance moyenne en plus que 2025 sur mon GPS à l’arrivée ( 168W NP vs 155W NP ) . Il va falloir que je revoie mes paramètres car les jambes ont bien repondu tout le parcours.

Nous rejoignons le café proche de l’arrivée où nous avons le droit, offert par l’orga, à un bon repas d’arrivée accompagné de bières à volonté( hips). Nous patientons un peu pour attendre Christian que nous voyons se rapprocher sur le suivi live, ca nous perrmet de bien profiter du buffet et de reprendre des forces.

Puis direction le gîte choisi à proximité , qui s’avère parfait , ça descend pour y aller et il est aussi tout proche de la gare pour le retour en train prévu le lendemain à 13h30.

Après une bonne nuit de repos, il nous reste à déjeuner avec la soeur de Franck et sa famille et à prendre le train avec 2 wagons réservés par l’orga pour rappatrier les cyclistes et les vélos.

Une superbe aventure cycliste avec un scénario quasi idéal qui donne très envie de la refaire 🤩

Vendredi 08/05/2026 : BRM 600 Tour de la Manche

L’année dernière, Sam attire notre attention sur une épreuve qui lui semble très intéressante, le Tour de la Manche. Un rapide coup d’oeil sur le site de l’organisation confirme tout de suite que Sam a raison. Le parcours fait le tour du Cotentin et s’annonce magnifique mais aussi relativement difficile avec le reliet local. Départ le 8 Mai, ce qui est idéal et aussi bien positionné sur le calendrier 2026 pour préparer la RAF qui part le 24 Juin. Cerise sur le gâteau, la distance nous rendra prioritaire aux inscriptions du Paris-Brest-Paris 2027. En résumé : adjugé , on y va !

Les inscriptions ouvrent quelques semaines plus tard. Il parait qu’il ne faut pas tarder et que les places partent vite. Nous voilà donc un dimanche à 18h devant les claviers. Je discute 2 minutes avec ma femme, il est 18h04 quand je me connecte. Et là, la catastrophe : en 4 minutes, tout est parti !! Nicolas a le même souci. Je suis dégoûté !

Avec 2h à retenter au cas où quelqu’un se désisterait, miracle, ça passe, tout comme pour Nicolas, c’était in extremis car nos petits camarades qui n’avaient pas encore cliqué resteront en rade.

Je me mets à la recherche d’un gîte pas trop loin du départ, et je trouve à 3km. Il y a cinq places, je réserve et on verra bien qui en aura besoin en temps utile.

Entre temps, nous avons d’autres belles aventures prévues , le Tour de la Manche passe un peu en arrière plan dans mon esprit.

Et finalement le printemps arrive, le sujet redevient d’actualité et commence a faire parler au sein de la Team BikeXplore . Quelle stratégie, quel vélo, quel pneu , quelle alimentation etc … Comme dans toutes les aventures ultra-distance, la préparation est un sujet à part entière et une partie de l’aventure à elle toute seule.

Pour ma part, l’objectif de l’année reste la RAF 2026 et je vois cette épreuve comme une excellente préparation. Une analyse de la RAF2025 montre qu’il y a un grosse marge d’amélioration dans les temps d’arrêts et par voie de conséquence également sur la stratégie d’alimentation et la gestion de l’effort.

Pour ce Tour de la Manche, outre le plaisir à rouler sur un parcours magnifique ( mais j’étais loin de m’imaginer à quel point ), je viserai donc de boucler le parcours en 30h environ , avec 3h d’arrêt au maximum, tout en mettant en place la fameuse stratégie d’alimentation à base de glucides qui fait parler le milieu du cylisme ces derniers temps. Pour la faire fonctionner, il faut la tester à l’entraînement pour entrainer l’organisme et ne pas risquer la nausée. Ce que je fais donc dès le début d’année. Je me lance même dans la fabrication de mes propres gels energétiques, c’est rigolo et ça me permet de leur donner le goût que j’aime.

Si cette approche me tente, c’est que j’ai du mal avec l’alimentation solide sur ce type d’épreuves. J’ignore pourquoi mais impossible de manger des barres par exemple, aucune envie et impossible de les avaler sans m’étrangler à moitié. Je finis par arriver à fabriquer une recette de petites galettes de gel à la fraise, une sorte de bonbon géant délicieux et que je peux manger avec envie et digérer facilement.

Bref, après toutes ces réflexions et une étude attentive du rythme a adopter avec l’aide du capteur de puissance, l’échéance approche.

Karine ayant prévu des vacances en Mai, c’est finalement l’occasion d’aller une semaine au vert en Normandie près du départ, j’ai la chance de pouvoir travailler de partout. Ne voulant pas la laisser toute seule pendant 2 jours je me fixe comme objectif d’être rentré à 14h à la maison le samedi. Un objectif c’est important pour garder la motivation à avancer lors des coups de moins bien.

Etude attentive de la météo qiu n’arrête pas de changer. La chance semble de notre coté avec du beau temps annoncé sur tous les sites jusqu’au samedi après-midi.

Sam et Ludo viennent en camping car, Benjamin et Nicolas en famille et nous nous retrouvons à deux avec Yann dans le gîte la veille du départ prévu à 6h le vendredi.

Le gîte n’est pas aussi top que Booking le laissait penser, on fera avec. Vendredi 5h20, après le petit dej , Yann met le nez dehors et me dit « il pleut! » . Hein ? Mais la météo annonçait du soleil tout le vendredi. Je sors aussi, ça pluviote à peine, mais assez pour que je revise ma tenue. Je range le coupe vent sans manche et le troque contre la veste Shakedry à l’épreuve de toute pluie.

Nous voilà à 10 min du départ. Cette fois, il pleut vraiment. J’ai mis les couvre-chaussures tout au fond de la sacoche, je n’avais pas du tout envie de tout sortir mais je le fais quand même pris d’un mauvais pressentiment. La pluie sème une confusion totale au départ, tout le monde est en train de se changer ça coure partout. On ne sait plus trop où est qui et on ne part pas tous ensembles, neurones pas complétement réveillés. La prochaine fois, il faut qu’on se donne une consigne de regroupement plus claire, leçon apprise.

C’est parti sous une pluie maintenant assez forte, la route est trempée. Je suis bien content d’avoir l’équipement adapté qui m’évitera d’être trempé pendant les presque 3h de pluie.

On ne sait pas trop où sont Sam et Ludo, mais je me dis qu’on va au pire se regrouper au premier CP.

En observant les concurrents autour de moi , je devine des stratégies très différentes. On voit pas mal de vélo très peu chargés ce qui signifie forcément une stratégie avec des arrêts.

Dans notre groupe, Ludo et Sam les locaux de l’étape ont prévu de s’arrêter diner et dormir un peu chez leurs parents à Donville, Nicolas a aussi de la famille sur place mais hésite entre dormir ou pas. Yann fait comme moi une répétition de la RAF donc en roulant toute la nuit et Benjamin avisera en fonction de ses sensations.

Nous passons par le beau village de Barlfeur pour rejoindre le CP1 au Phare de Gatteville au km 34, le jour se lève avec de belles couleurs

Comme on fait un aller-retour pour atteindre le phare, on croise Ludo et Sam, on se regroupera au CP2 finalement.

A l’approche de Cherbourg il fait maintenant un temps magnifique

Dans ma stratégie d’alimentation, la boisson joue un rôle important, avec une bonne dose de poudre de glucose/fructose qui assure la moitié des 60g de glucides par heure. Petit souci : par ce temps froid et pluvieux, je dois m’arrêter souvent pour faire pipi 🤪. Je perds Benjamin, Yann et Nicolas. Heureusement un groupe qui roule fort me double. Je saute dans les roues. Sur le plat, ça reste compatible de mes objectifs de puissance mais ils montent les bosses comme pour une sortie normale et là je suis complétement en dehors des clous. Tant pis, c’est juste de le temps de rattraper les copains et il y a plein de filles dans le groupe c’est plutot sympa 😉.

Je rattrape Yann et Nicolas. Mais où est Benjamin ? « Il a accéléré, il est devant » . Bon, Benjamin n’a donc pas résisté à écraser les pédales mais ce n’est pas idéal pour la suite de l’épreuve. Encore un peu de coaching à faire !

On arrive dans une zone magnifique. On se croirait en Irlande, j’adore . Je me dis qu’on va devoir planifier un séjour dans ce coin.

Si le parcours était sans grande difficulté jusque là , ça se corse nettement et on enchaîne les bosses. La moyenne qui était à 27 km/h chute de plus en plus. Et nous savons que la bosse la plus raide du parcours avec 18% nous attend à la Hague.

On arrive au CP2, le Nez de Jobourg km 107 . Regroupement général de toute la Team BikeXplore.

On enlève les équipements de pluie et la tenue chaude pour passer en mode été. Le temps est maintenant magnifique et contribue au plaisir de rouler malgré les bosses de plus en plus difficiles.

Point d’arrêt boulangerie prévu à Flamanville. En passant devant la fameuse centrale on s’amuse d’un restaurant appelé « L’ Atôme Gourmand » . Yann et Benjamin s’arrêtent avant nous, pour ma part , je ne les reverrai plus.

On se retrouve avec un petit groupe sympa et cela aide à remonter la moyenne en prenant des relais. Le vent est moins défavorable que prévu mais bien présent.

CP3 aux cabanes de Gouville km 226

Tout va bien, les jambes sont bonnes, nous sommes en milieu d’après-midi , Sam et Ludo seront à l’heure pour l’apero chez leurs parents. On traverse Coutances sur la route de Donville, en pleine fiesta ,il y a de l’ambiance. Nous sommes sur de belles routes avec un bon rendement bien que ça monte de temps temps. Ca permet d’avancer vite et c’est agréable.

Nous voilà à l’appoche de la maison des parents, j’ai la chance de les connaître par d’anciennes aventures et nous faisons un petit stop pour dire bonjour.

Malheureusement, impossible de rester, pour ma part , il faut arriver au supermarché de Granville avant la fermeture ( on est un 8 Mai ) pour acheter à manger pour le dîner et la nuit. Et accessoirement, changer la pile de ma cocotte gauche qui est HS. Sans conséquence, car étant en mono plateau ( 44/10×44 12V) , je peux tout commander avec la droite, heureusement. Je m’en veux, je savais qu’elle était à changer mais j’ai oublié.

Nicolas décide de stopper pour le dîner et un petit somme chez son cousin.

Me voilà donc seul pour la nuit. Du moins sans les copains. La Pointe du Roc à Granville était le CP4 au km 280, direction maintenant le Mont Saint-Michel, CP5 km 347.

Après quelques bosses en sortant de Granville, le parcours devient plus roulant mais avec un vent plutôt defavorable. Je rattrape un concurrent , nous discutons. Il a mal au dos, conséquence d’un accident avec une voiture l’année précédente pas dont il garde des séquelles. Il craint de ne pas pouvoir atteindre le gîte qu’il a reservé. Il me demande s’il peut rester dans ma roue, ce que j’accepte volontiers en adaptant le rythme pour ne pas l’obliger à de gros efforts. Je me dis que c’est win-win. La nuit se fera sur le retour dans la Suisse Normande, pas le moment de gaspiller de l’énergie.

Arrêt photo pour prendre un cliché du Mont Saint-Michel. Il semble tout près mais il reste pourtant 35 km pour y arriver !

Un autre concurrent nous rattrape, me double, puis repasse derrière … puis disparait à jamais. Etonnant !

On approche du Mont Saint-Michel par de longues pistes gravel , je me souviens de notre aventure bikepacking sur la Véloscénie. Je rattrape le groupe rapide que j’avais suivi tout au début après ma pause pipi. Ils sont arrétés pour régler un problème mécanique.

Arrivée au Mont Saint-Michel avec une nuit archi noire : je ne reconnais rien du tout, à se demander où je suis vraiment ! Pas de stop pour l’omelette de la Mère Poulard mais un petit arrêt pour enfiler les couches noctures avant d’attaquer la Suisse Normande et le vent de face. J’installe ma frontale sur la casque, en plus de la lampe avant. Je suis un peu inquiet de la trouver allumée dans la sacoche. Depuis combien de temps ? Il. y a un risque qu’elle s’éteigne. Pas inquiétant, j’ai la lampe avant et la possibilité de mettre ma frontale en charge si besoin. Bon, je n’ai pas pris la batterie de secours de la frontale et à cet instant je le regrette un peu.

Direction Mortain, ça va être la partie la plus dure du parcours, je fais attention de garder le rythme prévu.

Le fameux groupe me double , puis je reviens sur eux sans avoir rien changé dans mon rythme avant qu’ils repartent comme des balles. Pas très « ultra » leur rythme très inconstant.

Me voilà maintenant de nuit, sur des routes désertes, traversant quelques villes et villages endormis. J’adore cette sensation, j’ai le sentiment que le monde m’appartient. J’écoute les animaux qui font du bruit, je regarde passer les innombrables chats. Un seul lapin. Un blaireau. Pas de loup, pas d’ours.

Je mange mes fameuses galettes energétiques délicieuses et qui fonctionnent. J’ai un sandwich dans mon sac pour le milieu de la nuit. Je suis pile dans le timing prévu, je suis content , le plan s’éxecute parfaitement.

Soudain, vers le mileu de la nuit, j’ai le sentiment que je vois moins bien la route. Je passe la main devant la frontale, aie ! Comme redouté, elle a du rester allumée longtemps et l’autonomie normalement de 12h s’est drastiquement réduite. Zut ! Arrêt imprévu pour la sortir du casque et la mettre en charge. Re-Zut ! un sachet de poudre s’est ouvert dans la sacoche et pollue le cable USB-C de recharge. Et précisement, il ne fonctionne plus 😰.

Je tente de nettoyer tout ça pendant quelques minutes. Rien à faire ça ne charge pas. Tant pis, la lampe suffira . Cette fois je regrette VRAIMENT de ne pas avoir pris la batterie de rechange. Le souci est que sans la frontale c’est compliqué d’attraper la nourriture dans la sacoche , on en voit rien. Idée : j’ai mon gilet reflechissant avec une diode clignotante. Je l’allume, pas terrible mais je vois à peu près la sacoche. Trop fort JP ! Effet secondaire, la diode est verte et la couleur des aliments pas très apétissante.

C’est reparti, un peu refroidi pas l’arrêt imprévu mais les bosses réchauffent vite.

Tient, cette fois je n’y vois plus rien. Extinction de la lampe. Ca c’est normal et prévu, je savais qu’elle était en fin d’autonomie. J’ai une batterie de rechange, mais sans la frontale c’est plus compliqué. Reste le flash du téléphone. Je m’affaire, sort la batterie de rechange … pleine de poudre. Oulala , pourvu que …

Et là : le drame . Ca ne fonctionne pas , plus de lumière, plus de cable de recharge, plus de frontale, batterie de rechange HS : le truc totalement impossible mais c’est arrivé . Un chien hurle à la mort à proximité , il ne manquait plus que ça , je vais me faire bouffer par un loup cette nuit.

Gros coup au moral, me voilà potentiellement coincé jusqu’au lever du jour. Mais quelle andouille , pourquoi n’ai-je pas protegé l’équipement electrique dans la sacoche. Grand moment de desespoir. Je visualise ma petite femme qui m’attend. Foi de JP , tu vas trouver une solution, tu sais bien que tu trouves toujours une solution ! je me rappelle d’un concurrent de la RAF qui a fait la moitié d’une nuit avec le flash de son téléphone. Ouais bon, je le sens pas trop cette idée là.

Et soudain : mais oui, la dragonne de la powerbank est en fait un cable USB intégré. Trop court pour la lampe mais si je fixe la powerbank sous les prolongateurs avec des colliers Rilsan je peux alimenter la lampe qui fonctionne aussi en alimention directe.

Je me lance fébrilement dans le montage à la lueur du téléphone, heureusement j’ai un stock de colliers Rilsan. J’arrive a bien fixer le tout, je branche, et la LUMIERE FUT ! 😊

Ouf j’ai eu chaud, plan A KO , plan B KO , mais le plan C a marché . Comme quoi on a jamais trop de backup. Plus jamais je ne pars sans la batterie de rechange de la frontale Stoots et sa petite lampe Minix qui aurait pu aussi faire le job de plan de secours.

J’ai perdu plus d’une heure dans cette affaire et mon rythme avec. Le redémarrage est un calvaire. Je suis complétement HS en traversant Mortain. Je m’arrête 15 minutes sur un banc , il ne fait pas froid. Dodo ou pas dodo ? Moral pas au top, sensations en berne. Un petit gel à la caféine, je ferme les yeux 5 minutes. La ville est déserte . Je repense à ma promesse d’arriver à 14h , tu vas le faire JP , tu peux le faire , les coups de mou tu connais et tu sais que ça passe.

Je repars dans un gros effort mental et au bout de 10 minutes, je me sens mieux, la machine est repartie.

Ensuite : ça monte, ça descend. Je pensais que ça se calmait après Mortain, au vu des profils issus de la trace GPX mais les données de terrain ne doivent pas être si justes que cela. Ca ne se calme pas tant que ça. Tout juste la moyenne cesse de chuter mais ne remonte pas ou alors de 0,1 km/h.

Malgré tout je n’avance pas si mal, et voilà le CP7 , Abbaye du 13ème siècle d’Ambye . Km 475, reste « seulement » 125 km , une grosse sortie du dimanche.

Je suis un peu en pilotage automatique calé sur un rythme et dans une torpeur typique du lever du jour. Juste après l’abbaye, on attaque la nième bosse quand j’entends un bruit de dérailleur. Et paf « Attaque de Pierre Rolland ». Un concurrent tombé du ciel me met une grosse attaque et file en danseuse.

D’où sort-il ? Surement un rapide qui a dormi dans le coin cette nuit et repart en pleine forme. Ca m’a reveillé, d’un coup les écrans du cockpit du Chiru Xroot se rallument, le reacteur redémarre, le moteur remonte en régime. Machinalement je pousse un peu les watts et réalise que ça ne pose aucun problème. Sans même vraiment essayer, la distance n’augmente plus, et même semble diminuer. Se profile une montée bien raide. Et dans un moment de folie c’est la contre-attaque du JP. « Capitaine Spock, vitesse lumière ! » J’envoie 400W d’un coup, et dépose littéralement mon adversaire. Et le plus surprenant c’est que ça tient. Je me fais trois quatre bosses d’affilée sur ce tempo et constate la disparaition de l’adversaire en même temps que mes jambes ne demandent qu’à pousser sur les pédales ! Il a du se demander ce qu’il se passait et je me pose la même question. Du coup je me dis que je peux rouler normalement – sans limiteur de régime – jusqu’à l’arrivée, me voyant déjà tenir une moyenne de folie sur cette partie réputée la plus facile.

Que nenni ! C’était sous-estimer le traceur. Certes ça monte moins fort, mais nous voilà sur des chemins gravels voire des single VTT ! Evidemment ça ne booste pas du tout la moyenne, tout le contraire ! Au passage , le terrain lui même est une formalité pour le Xroot équipé de Blackbird 32.

Quelques montées infernales du coté de Saint-Lô, puis du vent de plus en plus fort et de face. Il va falloir pousser jusqu’au bout .

CP8 à Utah Beach au km 576 , reste plus que 24km , à longer la plage avec un vent terrible et usant.

Je jette mes dernières forces dans la bataille , recompensé par 13km vent de dos sur le final ( il était temps ! ) . Arrivée à 13h à la salle. Tiens enfin un concurrent du 600 me dit Stéphane l’organisateur. J’avale un sandwich et une bière, saute dans la voiture, et rejoint ma petite femme à l’heure.

Encore une belle aventure. Je retiens les paysages magnifiques en premier, les bosses en nombre incalculables en second. Je préfère les longs cols au montées courtes et raides, c’est plus facile de maintenir un rythme. Content que la stratégie roulage/alimentation ait bien fonctionné. Et l’incident de l’éclairage m’a confirmé qu’il est stupide de vouloir supprimer 100g en économisant un backup sur un point critique qui peut couler la course.

Un grand merci Sam pour nous avoir incité à découvrir cette belle épreuve , à l’organisation parfaite et aux copains pour toutes les aventures que nous vivons ensemble.« 

Au final, toute la Team BikeXplore est finisher , le score parfait !

BRM 300 Tour de l’Ile de France avec Sam le 4 Avril 2026 ( auteur : Ludo )

Parcours du BRM 300 de Franconville dont la version officielle aura lieu dans deux semaines. Étant absent à cette date j’ai proposé à la BikeXplore ultra team de le faire en décalé, ce qui permet en plus de partir de la maison et non de Franconville. La date tombe mal pour certains mais mon frère Sam répond présent. 

Départ 05h20 de la maison, ça pique après la semaine de taf . Surprise en ouvrant la porte du garage 😮 , il crachine, et la route est détrempée. En revanche 12 degrés, ambiance tropicale humide. Dès le départ je dois adapter la tenue et enfiler la veste étanche, que je garderai toute la matinée ! 

Au bout d’une heure, chaussettes, chaussures et cuissard sont trempés 😰 , 

Heureusement qu’il ne fait pas froid. Un peu compliqué d’être trempé au bout d’une heure quand vous partez pour 284 km…

Nous croisons les doigts pour que la météo change en cours de journée. Nous garderons cette alternance de crachin et de pluie pendant quatre heures jusqu’au nord de Roissy où une première pause s’imposait. La pluie cesse vers 10h00 mais laisse place à un bon vent de face lorsque nous passons Roissy pour repartir vers l’ouest puis le sud. Nous garderons ce vent 

05h20, départ, ça pique ! 

Pause café à Vémars .

Vent de face jusqu’à la forêt de Rambouillet. Pause sandwich à Conflans Sainte Honorine, puis chez Benjamin à Andelu, qui nous attendait à défaut d’avoir pu se joindre à nous, séché par une bonne sinusite.

Le soleil se montre enfin en milieu d’après-midi et nous finirons sur route sèche et 18 degrés, le pied. Le vent de face commençait vraiment à taper dans nos réserves, mais lorsque nous avons amorcé le virage vers l’Est, le vent redevenu favorable. Regain d’énergie et beaucoup de plaisir à finir ainsi ce parcours. 

Côté attractivité, les trois quarts ouest sud et est sont très sympa, même s’ils empruntent des routes assez classiques. En revanche les quarante km autour du point de départ à Franconville sont très urbains, lents en raison des nombreux feux et ne présentent aucun intérêt. Mais il fallait sans doute faire le départ et l’arrivée à Franconville, club organisateur. 

Toujours très sympa de rouler avec Sam qui progresse à chaque sortie. Je vais bientôt devoir m’accrocher aux branches pour le suivre 😰 . 

La nouvelle config du Léon pour les ultra donne satisfaction, prêt pour les épreuves de printemps ! 

Une bonne raclette nous attendait à l’arrivée 🤩 !

En somme une super journée de vélo 😁 

BRM 200 Paname, dimanche 8 Mars 2026

A la recherche d’un parcours BRM 200 pour commencer à augmenter à nouveau les distances en vue des prochaines échéances ultra, je tombe sur le BRM 200 Paname organisé par l’Audax Club Parisien au départ de Paris. Une belle occasion de faire connaissance avec l’organisateur du Paris-Brest-Paris .

Au sein de la Team Ultra BikeXplore, Benjamin , Sam et Eric sont partants.

Et Bertrand, un ex-collègue très experimenté en longue distance confirme qu’il s’inscrit aussi à mon grand plaisir. Nous n’avons etonnament jamais eu l’occasion de rouler ensemble jusqu’ici. Eric est malheureusement forfait en dernière minute , victime d’allergies printanières.

On se retrouve tous à 7h15 au départ avec Sam, Bertrand et Benjamin. Tout est organisé à la perfection, on sent que nous avons affaire à des gens d’expérience et les 600 participants ne créent aucune difficulté logistique !

Très joli parcours, du moins on le suppose pour la matinée car on n’y voyait rien avec le brouillard jusqu’à 13h.

Quelques petits soucis imprévus pour moi avec la fixation du radar qui se casse à l’arrière , je mets quelques minutes à le retrouver ( intact ) , ce qui me permet de rechauffer sur 5km à fond pour recoller au groupe.

Le capteur de puissance fait aussi des siennes , obliger de le recalibrer en roulant pour qu’il arrête d’indiquer 0 en permanence. Une fois tout ça réglé, le Xroot se revelera encore une fois un merveilleux compagnon de route et les nouveaux Hutchinson Blackbird 32 de vrais coussins d’air avec un rendement au top.

Le brouillard ne veut pas se lever à notre grand desespoir. Benjamin décide du coup d’appuyer fort sur les pédales pour se rechaufer ! Le tempo est bon . Je suis un peu inquiet pour lui me disant qu’il va s’épuiser à ce rythme. Mais non, il est en forme Benjamin !

CP1 au km 75 à Magny en Vexin, la file d’attente pour faire tamponner le carnet de route est conséquente , une bonne 1/2h d’arrêt malgré une organisation encore au top. Bertrand profite de la pause pour faire un tour à la boulangerie en face et acheter quelques sandwichs malgré l’heure encore bien matinale. Nous avons perdu Sam en route et avec la foule nous n’arrivons pas à le retrouver.

Pause déjeuner à l’entrée de Gisors en mode sandwich, c’est ma déformation « ultra distance », avec le but de perdre le moins de temps possible lors des pauses. Bertrand rachète des sandwich aussi bien qu’on ait fait seulement 25 km depuis le CP1. Mais comment fait-il pour manger autant malgré une taille de guèpe ? Au moment de repartir message de Sam qui déjeune avec la team de Franck. Du coup on se retrouve à trois l’après-midi, c’est la team ex-Stellantis. Je suis très heureux de discuter avec Bertrand que je n’ai pas pas vu depuis longtemps. Belle séance papotage sur toute la rando 🙂 .

Enfin le soleil se lève et ça change tout. On gagne 5°C , tempête de ciel bleu. CP2 à Chaumont en Vexin au km 125, dans une boulangerie où Bertrand ne manque pas d’acheter à manger !

Entre le CP2 et le CP3 situé à L’Isle Adam, on serpente sur de jolis petites routes valonnées qui offrent de belles sensations de piltoage et de relance.

Pause café à L’Isle Adam après tamponnage du carnet.

On repart avec directement une belle bosse bien pentue, les premiers 200m sont rudes à froid puis soudain, le sensations reviennent et sont au top. Un de ces moments où on a le sentiment de pouvoir appuyer à volonté sans conséquence.

Après une traversée sur un chemin gravel dont le coin a le secret , une nouvelle longue montée. Je mets des watts et j’entends Bertrand dans ma roue jusqu’à m’apercevoir au sommet … que ce n’était pas lui. Il reste 22 km , je finis en solo pour rejoindre la Porte de Clichy où nous attendent un bon sandwich et une bonne bière. Benjamin et Bertrand ne sont pas loin et arrivent quelques minutes plus tard. A l’échelle de la longue file pour finaliser le carnet de route, cela ne fait que quelques mètres et nous pourrons profiter de la bière et du sandwich ensemble.

J’ai adoré ce BRM, super bien organisé et tracé. Evidemment les 10 derniers km pour rejoindre Paris étaient très urbains et demandaient de la prudence avec des dizaines de feux/intersections mais inevitable vu le point de départ. Je croise Sam en allant prendre le RER C qui a bien aimé la sortie également. A refaire !

2025-05-09 Gravelman Beaujolais 500 route 9 Mai 2025

Nous sommes inscrits avec Nicolas et Ludo à la RAF1000 qui partira le 16 Juin de Clermont-Ferrand en direction de Mandelieu avec 18.000m de dénivelé positif au programme. Nicolas n’ayant pas eu l’occasion de faire d’ultras en 2024, je lui conseille le Gravelman 500 route Beaujolais comme préparation. Ce parcours annonce en effet plus de 8500m de dénivelé, on est donc sur des chiffres du même ordre que la RAF en terme de ratio D+/km. 

Nicolas suit mon conseil et s’inscrit dans la foulée , je décide d’en faire de même , cela me fera deux 500 km route de préparation avec le Maroc, ce qui me semble une bonne approche. Ludo est malheureusement pour nous, mais heureusement pour lui, en vacances 😀 . Mais Eric decide de s’inscrire aussi, chic on sera trois ! Et même quatre, puisque Benjamin prévoit aussi de venir mais pour faire le 60 km avec … son petit-fils en remorque , une première !

Comme toujours, les échanges sont nombreux en phase de préparation, c’est une phase très agréable des épreuves ultra où on essaie de penser à tout. Ne riez pas et Eric pourra en témoigner, en ultra chaque petit détail compte et l’expérience joue beaucoup pour ne pas avoir à gérer de galères durant l’épreuve. Ce type de parcours est tellement exigeant qu’il est préférable de pouvoir concentrer son énergie sur le fait d’avancer sans devoir gérer d’autres sujets en parallèle. 

Je reconduis la configuration du Gravelman Maroc avec notamment la sacoche fullframe RestRap équipée d’un sac à eau Apidura de 3l dont je trouve l’utilisation ultra pratique. Et la contenance me permet de varier le remplissage en fonction des conditions : 1l à 1,5l de jour, mais 2l la nuit où les points d’eau sont plus dur à trouver. J’avais mis 3l au Maroc , mais la nuit durait 14h contre 8h seulement ici en Mai. 

Je commence à bien connaitre les Gravelman, Steven et toute sa sympathique équipe. Toujours un plaisir un plaisir de retrouver cette grande famille dans une ambiance chaleureuse. 

J’ai réservé un gîte avec 3 chambres . Eric et Nicolas partent de Lyon pendant que je descend de Paris et nous nous retrouvons tous sur place le jeudi à 17h30 pour récupérer les balises GPS et le check des vélos. 

La surprise du jour , c’est qu’en arrivant au gîte , la boite à clefs est bloquée pas moyen de l’ouvrir malgré 10 essais avec le propriétaire au téléphone. Heureusement, il nous envoie les secours qui arrivent en moins de 5 minutes pour nous donner une clef. Ouf ! 

Nicolas nous a concocté un delicieux gratin de pâtes. On remonte les vélos , quelques petits checks bien utiles puisque je découvre avec horreur que ma fidèle Klamp EXR1100 ne s’allume plus. J’avais déjà eu le souci la veille mais cela avait fini par marcher. Cette fois rien à faire. Je me rabats sur ma lampe de secours, mais la Klamp me manquera . Heureusement, Klamp me repondra dès le dimanche (!) , que la réparation est 100% prise en charge, ce sera donc ok pour la RAF. 

Lever à 4h30 pour le petit dej, on quitte le gîte, range les affaires dans les voitures et nous filons au départ situé à 1k au camping de Charlieu ( 42 ) . 

Café d’accueil , briefing de Steven et c’est parti ! Toujours un peu de confusion au départ puisqu’il y a 4 parcours qui partent en même temps ( 500 route et gravel. 350 route et gravel ) . Nicolas est à coté de moi , Eric juste derrière mais ensuite , nous ne le voyons plus. On le cherche sans trop comprendre ce qui se passe. Comme nous roulons dans un petit groupe qui file bon train mais à un rythme raisonnable , je me dis qu’il va forcément nous rattraper facilement. 

Nous sommes une petite dizaine, ça roule un peu au dessus du rythme de référence que j’ai prévu mais ça reste très raisonnable, pas un souci si on roule quelques heures à ce tempo qui permet de bien avancer. 

Comme souvent tôt le matin, je ne me sens pas dans la forme du siècle mais cela ne m’inquiète pas , je sais que cela va aller de mieux en mieux au fur et à mesure que le soleil et la chaleur vont booster mon métabolisme. 

Si le rythme est tranquille sur le plat , l’homme de tête qui roule sur son vélotaf équipé d’un porte bagage appuie nettement plus fort dès que ça grimpe. Là encore, ça reste dans des zones qui ne demandent pas de forcer outre mesure mais mon GPS affiche 220W , loin des 160-180 qui sont mon objectif en montée pour arriver au bout des 8800 D+. Quand ça pousse trop fort, je lève le pied car ensuite, on le rattrape facilement sur le plat avec nos prolongateurs qui nous donnent un avantage aérodynamique.

Première grosse montée avec le col de la Croix du Sud. 

Pour ceux qui ne connaissent pas le Beaujolais, catégorie dont je fais partie, les bosses sont étonnament longues . Souvent entre 6 et 12 km et avec des pentes jusqu’à 15%. Je ne pensais pas que les cols étaient aussi nombreux et longs dans ce coin !  La cassette de 36 à l’arrière trouve toute son utilité. J’ai un peu mal au ventre à partir de 10h et ça va s’aggraver. Quand on aborde la plus longue montée de l’épreuve pour atteindre la Loge des Gardes à plus de 1000m , je ne me sens pas bien du tout. Nausées, fort mal de ventre, jambes douloureuses. Aie, aie aie , il y a un truc du petit dej pourtant classique qui ne passe pas. Je suis forcé de faire deux pauses techniques urgentes et je rejoint le sommet tout blanc en ayant perdu Nicolas au passage. Je commence à m’inquiéter pour la suite. 

Je retrouve Nicolas dans le village de Laprugne qu’on avait répéré pour son épicerie. Nicolas a eu la gentillesse de m’acheter une demi baguette ( il ne restait plus de pain ensuite ) . Je me fais un sandwich au jambon que je mange difficilement même si les maux de ventre sont en train de disparaitre. Par expérience, j’emmène toujours des cachets d’immodium qui m’ont encore sauvé. J’avale une bouteille entière d’eau petillante, les diverses ascensions ont fait chauffer la machine. Je remplis mon sac à eau, mange un pain au chocolat en dessert et nous repartons. 

Sensations pas très bonnes, j’ai encore les effets secondaires de mes soucis gastriques, avec des jambes dures et douloureuses. En plus il fait plutôt très frais avec un temps gris et venteux Je me dis que l’épreuve pourrait être un chemin de croix … mais je crois en mon étoile et mon entraînement pour me sauver. 

Nicolas pête le feu depuis le matin et appuie bien sur les pédales. Petit à petit le temps s’améliore et les premiers rayons du soleil ont un effet magique. Dans mon tableau de bord interne, je vois les niveaux d’energie passer du rouge au vert rapidement et toutes les douleurs s’en vont. Les jambes fonctionnent à nouveau à plein régime , youpi ! 

A de nombreuses reprises , nous croisons un concurrent qui s’appelle Colin. Au gré des arrêts techniques, on se passe et se repasse et finalement nous roulons ensembles. 

Les routes sont belles , desertes de toute voiture. Le paysage est sauvage, et les genêts sont en fleur partout. Pas la moinde épicerie ou boulangerie en vue. Ca ne doit pas être simple de vivre dans cette région qui semble desertée par les commerces. Il était dix fois plus facile de se ravitailler dans les montagnes de l’Atlas au Maroc que dans le Beaujolais 😳.

On essaie régulièrement de localiser Eric , mais l’application de suivi est très approximative nous indiquant à quelques minutes d’écart qu’il est 15 km derrière ou 70 km derrière. Difficile du coup de savoir quoi faire , l’attendre ou pas. 

Colin perd du terrain quand ça monte , et Nicolas commence à manifester des signes de fatigue. Je module le tempo en montée pour l’aligner sur Nicolas. 

Vers 17h , nous voyons enfin une épicerie qu’on attendait avec impatience pour une pause goûter. Colin nous y rejoint aussi et on se fait une bonne pause ravitaillement bien méritée. Le secret sur une telle distance et avec autant de D+ est de bien recharger le moteur en carburant. 

Je sais que 50km plus loin, on rentrera après Amplepuis dans une zone un peu plus urbanisée où nous devrions pouvoir dîner. 

Malgré la pause, les jambes de Nicolas ne vont pas beaucoup mieux, il souffre mais ça tient. Je me dis qu’on se fera un bon resto au chaud pour relancer la machine après le dîner. 

Le temps s’assombrit, je vois sur le groupe Whatsapp de l’épreuve une alerte méteo orages entre 18 et 21h . Aie ! 

Et effectivement, en passant Amplepuis la pluie fait son apparition. Il y a moins de D+ dans cette partie, on appuie sur les pédales pour rejoindre un resto le plus vite possible. 

A 19h , on traverse une petite ville , on voit une brasserie pizzeria . Hélas, pas possible de manger sur place , c’est à emporter et sur commande exclusivement. Je trouve une pizzeria que je pense 10 km plus loin. Je réserve et annonce notre arrivée dans 30 minutes. Erreur de ma part sur le kilomètrage réel, en fait c’est 20km. Zut , 30 minutes, ça va pas le faire. Allez on y croit, j’enlève le limiteur de puissance dans ma tête et me lance dans un contre la montre motivé par un dîner au chaud dans un resto sympa. 

Ca se complique quand le GPS m’annonce une montée de 5km 😰. Ca ne monte qu’à 7% , je passe en mode Pogacar en envoyant 300W (!) , l’adrénaline aidant. Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour un resto bien au chaud  ! Je sais que je n’arriverai pas à l’heure mais j’ai en tête de repasser un coup de fil au sommet. Maintenant le tonnerre gronde et un déluge s’abat sur moi juste au moment où je franchis la pancarte de Meaux-la-Montagne. Charmant village et oh miracle : sur ma gauche, non référencé sur la carte , un superbe restaurant tout neuf éclairé ! 

Je pose le vélo, rentre et une charmante dame me confirme qu’on peut y manger 😀. 

Je me poste à l’entrée du resto guettant l’arrivée de Nicolas qui me rejoint quelques minutes plus tard. 

Ce resto est un miracle, avec une patronne super sympa et une carte tout aussi appetissante. Ce n’est pas raisoinnable avant d’attaquer une nuit avec 20 cols à passer mais je commande une terrine de campagne et un tournedos Rossinni. Miam ! 

Le tout arrosé de deux bières , il faut prendre des forces . 

La patronne propose même des serviettes à Nicolas pour le sécher. 

On prend notre temps , la nuit s’annonce difficile. On voit passer sur le groupe Whatsapp une photo des 4 premiers qui sont juste 20 km devant. 

Malheureusement les meilleures choses ont une fin, il est temps de repartir à 21h30 . La pluie s’est arretée définitivement mais il fait froid et humide. J’hésite à mettre ma doudoune, mais vu les montées à venir j’ai peur d’avoir trop chaud et effectivement , on se rechauffe rapidement. 

C’est là que commence un infernal enchainement de longues montées ( 5 à 12 km ) . Les montées , ce n’est pas un problème pour moi aujourd’hui ça tourne tout seul. Par contre, on se refroidit dans les descentes au niveau des jambes, malgré les jambières. Et quand il faut repédaler , c’est douloureux à chaque fois pendant quelques minutes. J’espère qu’il fera plus chaud sur la RAF , où alors , il faut que je trouve des jambières plus chaudes. A la longue , ça devenait un supplice et … je détestais les descentes ! 

En plein milieu de la nuit , on se retrouve sans une soirée mousse géante dans un village. Je me suis demandé un instant si j’avais des hallucinations par manque de sommeil ! 

Dans la très longue ( 11 km ) montée vers le Col de Crie , on double un concurrent en perdition. A la question ça va , on aura une réponse du style « Arghlglougrrrraahhh » . 

Au col de Crie, la carte dit qu’il y a un point d’eau . Mais c’est un lieu touristique , il y a de nombreuses aires de parking . Allez donc trouver un robinet à la frontale à 1h30 du matin au milieu d’une forêt inconnue !. Mais on le trouve . Nicolas m’inquiète, il est gelé . Moi aussi d’ailleurs mais contrairement à lui , j’ai ma doudoune dans la sacohe que j’enfile en tremblant. Nicolas met sa couvertur de survie sous sa veste de pluie en plan B . Conclusion : toujours prendre la doudoune ! 

Après avoir bien bu et mangé un peu , on repart sous peine de finir gelés et dévorés par les loups du Beaujolais dont Steven n’a pas oublié de mentionner la présence. M’étonne pas qu’il y ait des loups vu tout le gibier qu’on a rencontré et la présence humaine vraiment discrète dans le coin. Mais étonnament, aucun loup ne tentera de nous manger pour son dîner. 

On craphute toute la nuit entre montées parfois très raides dont une mémorable vers une chapelle surplombant la Saône. 

C’est là qu’en regardant le téléphone je vois un appel au secours d’Eric . Il est en panne de GPS depuis le départ ( voilà pourquoi on l’a perdu ) et nous cherche. Malheureusement, le suivi le localise en pleine pampa, impossible de comprendre où il se trouve réellement .Pendant ce temps Nicolas se demande ce qu’est la masse noire au yeux jaunes qui nous regarde au fond du prè à coté de la chapelle 😱 . Je préfère ne pas y penser, il est temps de repartir , je vous laisse juge de la photo. 

Nous repartons, descente aussi raide que la montée vers la plaine de la Saône et la civilisation. On ne reste pas longtemps dans la plaine, ça remonte direct sur 11km . 

On arrive au petit matin, il est 5h et on voit déjà des lueurs oranges annoncer le lever du soleil. On double un concurrent , je lui demande si ça va … sans reconnaître Eric. Difficle de comprendre par quel magie il se trouve là devant nous mais c’est le 2ème miracle du jour , nous voilà enfin ensembles et ça nous booste tous. 

Nous arrivons vers 8h à Tramayes, à 110km de l’arrivée où nous trouvons enfin des commerces ouverts. Les boulangeries sont toutes défintiviement fermées comme dans la plupart des autres villages traversés mais il y a un Carrefour express avec dépot de pain et viennoiseries. Nous faisons un petit dej copieux et Nicolas decide de rester au soleil faire une sieste sur un banc, il a besoin de dormir pour retrouver ses jambes .

Je repars donc avec Eric, lui servant de guide puisque son GPS est HS . De mon côté , mon nouveau COROS Dura est le GPS révé pour l’ultra . Il a consommé à peine 30% de batterie à ce stade de l’épreuve et finira à 65% grâce à la recharge solaire 

Le D+ annoncé était de 8300m, mon GPS annonce 7800. Soit la fin de parcours est beaucoup plus plate soit le denivelé est supérieur. Connaissant bien Steven, je n’imagine pas trop la première option. Et effectivement, on va enchainer encore de nombreuses bosses, heureusement les plus longues ne sont pas trop pentues mais mentalement, je commence quand même a voir une overdose de montées.On se fait une mini pause au bord d’une bel étang, quand le GPS m’indique 6,9 km de montée à 30km de l’arrivée , le temps de convaincre nos cerveaux d’affronter la difficulté qui finalement se fait facilement 😉

Il fait maintenant chaud , j’ai enlevé toutes les couches pour me retrouver en court. Et je sens que je suis en train de prendre un coup de soleil dans le cou. Le paysage est vraiment très beau sur cette partie du parcours, moins sauvage mais avec des vues magnifiques sur les lacs , les rivières et de beaux chateaux et des pré remplis de vaches et de boutons d’or. 

Les jambes tournent toujours bien, Eric a un peu de mal dans les longues montées mais passe les plus courtes en danseuse en envoyant des sacrés watts. Ca fait plaisir de le voir aussi en forme pour son premier 500km, encore une bonne recrue dans la Team ultra 😀

Et finalement, nous arrivons sur une voie verte pour les 10 derniers km , les seuls km de plat de tout le parcours ! 

Arrivée à Charlieu peu après 14h , avec Benjamin et toute sa famille comme comité d’accueil qui nous a même commandé une bière . Merci Benjamin ! Et félicitations au petit Gabriel , une médaille de Finisher à 6 ans ça doit être un record !

Après un peu plus de 32 heures d’effort dont 26 de roulage. nous voilà finishers avec 8800 D+. Encourageant pour la RAF. Nicolas nous rejoint une heure plus tard. la sieste lui ayant permis de bien récupérer. 

Encore une belle aventure et de magnifiques souvenirs et un grand merci à la super équipe Gravelman. On souhaite bonne chance à Steven pour son périple de 15.000 km vers le Nepal !

2025-09-06 l’Echappée Michelin samedi 06/09/2025


 Au mois d’Avril , l’ami Franck me pousse un lien pour s’inscrire à une nouvelle course Ultra organisée par Michelin … au départ de Brétigny et en direction de Clermont-Ferrand. Je me dis que je ne peux pas la manquer . Une grande épreuve avec un départ à 200m de la maison c’est un luxe incroyable ! 

Cette course est un morceau d’histoire . Elle a été créee en 1890 par Michelin qui venait d’inventer les pneus demontables et voulait en faire la publicité. Pour la première édition ils avaient d’ailleurs semé des clous sur la route ce qui vaudra à l’épreuve le surnom de « la course aux clous » . En pleine relance de son activité pneus vélo,  et à l’initiative d’Emilien un ingénieur de Michelin , l’épreuve est donc recréée cette année. Franck , bien que méfiant vis à vis des longues distances, est prêt à s’inscrire sur cette épreuve de 400km. L’erreur a été de ne pas s’inscrire tout de suite. En pleine préparation pour la Race Across France à l’époque , je garde le sujet dans un coin de ma tête avec l’idée de m’inscrire fin Juin. 

Mauvaise surprise : l’épreuve a eu un succès fou et c’est complet fin Juin. Par chance, l’organisation décide finalement d’ajouter des places . Je.parviens à m’inscrire avec Richard , préviens Franck mais le temps qu’il rentre chez lui c’est déjà trop tard. Il reste des places sous forme de quatuor et Benjamin, Yann , Nicolas et Eric parviennent à s’inscrire in extremis. 

Le réglement est inhabituel , un mix d’ultra et de BRM 400, on aura d’ailleurs une carte de route pour faire valider le BRM . On verra plus loin que cela rendra l’épreuve spéciale , avec une population de concurrents différente de celle qu’on croise habituellement en ultra distance. 

5 Septembre, veille de la course . Je me sens en pleine forme , ayant bien profité des vacances pour un entrainement spécifique en Bretagne visant à améliorer la FTP.  Pour le quatuor , c’est toutefois le début des événements improbables. Eric découvre que ses pneus ( on taira la marque ) se sont soudains déformés , la chape semble décollée de la carcasse par endroits. Rarissime ! Yann se retrouve avec un oeil à moitié fermé qui l’oblige à consulter. Benjamin oublie sont téléphone dans un taxi au Danemark et pour finir , Nicolas que j’ai proposé d’heberger pour la nuit car il vient de Lyon, m’informe que son TGV est bloqué suite à ce qu’on appelle malheureusement « un accident de personne » 😰 . Ca lui vaudra 2h de retard et une arrivée en gare de Juvisy au lien de Massy ! . Alors qu’on pourrait penser que c’est déjà beaucoup , le fils de Yann tombe dans les escaliers , direction les urgences en pleine nuit !

J’avoue qu’à ce moment , j’ai douté que notre quatuor d’amis puisse prendre le départ . Mais tout est bien qui finit bien, il seront bien là le matin , certes déjà un peu fatigués pour certains. 

La veille nous participons au briefing à 19h , c’est vraiment bien pratique d’être à deux pas de la maison . Le briefing avec la présence du maire de Brétigny est de très bonne qualité , tout comme le buffet d’accueil , cela respire l’organisation sérieuse, nous avons même la vice-présidente de Michelin en charge des activités vélo qui est venue avec quelques caisses … de pneus 😀

Réveil à 5h30 , petit déjeuner solide avant de rejoindre le départ avec Nicolas où nous retrouvons tout le monde. 

Comme sur la Race Across France, les départs sont individuels toutes les 30s , je pars à 7h11 et le quatuor à 7h30 . Olivier un copain du club est là aussi et va m’accompagner sur les 80 premiers kms , bien sympa à lui c’était cool de bavarder tout en pédalant sous un soleil magnifique. 

Le vent sera favorable jusqu’à la traversée de la Loire à Saint-Denis de l’Hôtel , donc on en profite pour bien rouler dans la Vallée de la Juine puis la Beauce. Les 100 derniers kilomètres concentrant 80% du dénivelé , il est certain que la moyenne chutera sur le final. 

Contrairement aux courses ultra distance classiques, il est autorisé de rouler en peloton ce qui va s’avérer très utile pour tenir une moyenne élevée . 

Petit à petit un groupe se constitue et malgré l’arrêt d’Olivier au km 80 pour repartir dans l’autre sens, je me retrouve avec une bonne dizaine de concurrents . Comme nous sommes partis dans l’ordre des dossards , ordre défini par la date d’inscription , je regarde autour de moi pour voir où je me situe . On double déjà des concurrents avec des dossards inférieurs à 100 ce qui signifie que je remonte assez vite sur ceux partis devant moi. Le GPS indique 30 de moyenne , l’objectif est de la tenir le plus longtemps possible sans pour autant me mettre dans le rouge. Pour l’instant tout va bien, le vent + le peloton permettent de rouler vite sans avoir besoin de déployer une puissance trop importante. 

La Beauce fait place à la Sologne. Toujours des lignes droites sans dénivelé mais cette fois , c’est un paysage d’étangs et de forêts . Une découverte pour moi , je n’avais jamais roulé dans cette région. C’est joli , mais un peu monotone. Heureusement, le fait de rouler en peloton maintient la vigilance. Je prends quelques relais appuyés lorsque la vitesse baisse. J’avais initialement décidé de déjeuner au km 120 , mais on va bien plus vite que prévu , je modifie mon plan pour viser un déjeuner au Check Point 1 , à l’usine Michelin de Bourges. Cela m’évitera de perdre le groupe qui s’est formé est donc le ryhtme me convient parfaitement. J’ai largement de quoi faire en terme d’alimentation dans les sacoches du vélo. 

Arrivée au CP1 à 13h45 . On est en fait dans la cantine de l’usine Michelin , et le ravito est parfait , largement au dessus des standards . Il manque juste du coca et de l’eau gazeuse mais je fais avec . Riz au curry , sandwichs, une montagne de flans ( clin d’oeil pour Franck ) , fromage , crêmes Mont Blanc, fruits , bref de quoi refaire les niveaux. 

Je repars au bout de 45 minutes, non sans avoir regardé sur le logiciel de suivi live ( on a tous un tracker GPS fourni par l’organisation ) où se situe le quatuor. Ils roulent fort aussi , et ne sont plus très loin du CP1 également. 

Je repars tout seul , jole traversée de Bourges, mais à la sortie , je réalise que le vent est monté et désormais pleine face. C’était prévu , mais il est plus sensible qu’attendu . C’est beaucoup moins plat désormains , et j’ai du mal à dépasser les 25 km/h dans les faux plats qui se succédent. Heureusement un groupe me rattrape. Je saute dans les roues, ouf , c’est pile poil ce que j’espérais pour lutter contre le vent. 

Ce groupe est plutôt rapide. Je regarde les numéros , on a même le 24 avec nous , on continue de se rapprocher des premiers qui sont partis à 6h du matin, donc 1h10 avant moi. Le défaut de ce groupe c’est que certains donnent des à coups assez violents qui m’obligent à faire un effort. Je réalise qu’il y plusieurs concurrents qui font partie du même club et se tirent parfois la bourre . Rien d’extrême mais ca risque de peser à longue. 

En observant de plus près , il y a truc etonnant : tous les membres de ce club n’ont absolument RIEN sur les vélos , même pas une gourde ! Il y a un truc qui cloche. J’ai vite la réponse lorsqu’un des concurrents lêve le bras et qu’une camionnette vient à nos cotés pour lui tendre une gourde.  Assistance formellement interdite dit le réglement … no comment ! 

Dans la série des gags , il y a aussi un concurrent que je rattrape régulièrement depuis le départ , mais qui repasse … dans la voiture de sa femme avec le vélo à l’arrière de la voiture . Jamais vu autant de triche mais le plus drôle c’est que tous les tricheurs finiront loin derrière malgré tout. 

Vers le km 250 , nos soi-disant « pros » sont victime d’une crevaison : ils font demi tour pour rejoindre le camion d’assistance 😂 . Je réalise que j’étais en fait tout seul avec eux. Comme les changements de rythme commençaient à me faire mal aux jambes, je décide de continuer en solo sans les attendre , ils finiront probablement par me rattraper me dis-je . Je baisse le rythme , car on approche des montagnes et d’ici un peu plus de 2h , il faudra avoir des watts en réserve pour passer les deux cols qui nous attendent . La majorité du dénivelé est sur les 100 derniers km. 

Nous voilà dans l’Allier. Autre région que je découvre . Jolis routes qui serpentent en forêt le long de la rivière. C’est nettement plus vallonné et avec la chaleur, je sens que l’energie baisse . Il va falloir faire un bon stop reconstituant pour le dîner. 

Un peu avant le km 300 , je m’arrête au Carrefour Market de Cosne d’Allier , pour m’acheter un bon sandwich , des petits saucissons, un gros yaourt à boire , du perrier, du coca et remplir ma réserve d’eau 

Je vois passer une quinzaine de concurrents pendant que je me restaure sans me presser , mais je suis confiant de les récupérer dans les deux cols à venir. 

Me voila reparti pour les 120 derniers km . Le jour commence à baisser 

Le premier col arrive km 330 , bien nommé « La Bosse » . Je discute avec un concurrent rattrapé , il est du coin comme beaucoup d’autres personnes. Clermont, c’est vraiment Michelin city , et l’épreuve semble avoir eu un succès fou , notamment auprès des salariés de Michelin . Je suppose que beaucoup n’ont pas l’habitude ce qui explique surement les quelques « tricheurs » essayant de rallier l’arrivée par tous les moyens. 

Je suis content d’avoir bien géré mon effort , car avec la température qui baisse , je sens que mes jambes sont encore bien opérationnelles et je peux monter à une bonne puissance . Du coup je rattrape comme je l’espérais un nombre important de concurrents en perdition. J’avoue que plusieurs fois , j’ai été « méchant » en m’amusant à monter à plus de 300W au moment du dépassement juste pour démoraliser mes adversaires en les dépassant comme un missile. Bon, j’ai honte , je suis un monstre 😇. 

Les cols ne sont pas très durs , 10 km mais avec des pourcentages moyens autour de 5% , c’est donc roulant . j’ai d’ailleurs vu quelques vélos équipées de roues de 88 en mode triathlon ce qui pouvait tout à fait fonctionner sur cette épreuve. Et c’est un tri-athlète de l’équipe de France paralympique qui gagnera.

Il fait nuit , je me sens bien, j’ai mis la veste en haut du premier col car il y a des zones bien fraîches par endroit et je ne veux pas me geler dans la longue descente qui suit. 

Dans le second col , la difficulté sera le vent avec des rafales à 50km/h par moment qui arrêtent presque le vélo . Pas prévu , la météo annonçait que le vent devait être quasi nul après 22h , manifestement c’es tout le contraire ! . Un concurrent devant moi part droit dans le talus sous une rafale heureusement sans tomber. 

Je rejoins deux concurrents dans la descente du second col et vu le vent , on reste ensembles pour se relayer sur les 30 km qui doivent nous amener au CP2 , l’usine Michelin de Clermont . Un mythe ! Un de mes compagnons est entouré de bandelettes suite à une chute. Sacrémment courageux d’avoir continué , chapeau bas ! 

L’usine est immense , plus de 10 km pour en faire le tour sur les pistes d’essais . Pas forcement une super expérience cyliste mais je comprends que c’était incontournable. Je vois que je suis entouré de concurrents qui travaillent pour Michelin car ils commentent en live  » et là c’est la piste pour les pneus camion et là c’est le circuit etc … Bon moi j’ai surtout hâte de ressortir de l’usine et d’arriver , il commence à se faire tard ! 

Reste 10 km pour rejoindre le centre de Clermont à 1h30 du matin, passer sous l’arche d’arrivée , répondre à l’interview du speaker, faire tamponner le carnet BRM 400 , rendre le tracker GPS , partager la bière d’arrivée avec d’autres concurrents, recupérer le sac à dos avec les affaires pour la nuit . 

Tout cela prend du temps et c’est à 2h30 que je rejoins le Airbnb loué avec les copains . Super accueil de l’épouse d’Eric qui nous a préparé de quoi nous restaurer et boire, quelle super bonne idée ça fait un bien fou ! 

Reste à prendre une douche et dodo. Je n’entendrai même pas les copains arriver deux heures plus tard . On se retrouve tous pour le petit dej le lendemain matin . Comme toujours , ils ont eu plein d’aventures mais n’ont rien lâché et toute l’équipe est finisher ! 

Reste plus qu’à rentrer à la maison en train, voyage retour sans histoire , il semble que j’ai transféré ma malédiction des transports à quelqu’un d’autre 😀