L’Echappée Michelin du 5/9/2026 racontée par Franck

Non je ne ferai jamais d’ultra, passés les 200k, ou les 8 à 10h de selle, j’en ai marre de pédaler !
L’histoire n’est pas à une contradiction prêt…
En 1986 Mitterand avait dit qu’il ne se présenterait pas à sa succession et en mars 1988 Il présente sa candidature 🤪
En janvier de cette année, Pauline FERRAND-PRÉVÔT déclare qu’elle ne fera pas le Paris-Roubaix et pourtant, en avril, elle s’aligne et termine 3è.
En 1979, Niki Lauda abandonne brutalement la F1, en pleine saison, pendant les essais du GP du Canada.
Il explique qu’il en a assez et lâche cette phrase : « il y a plus important dans la vie que de tourner en rond. ».
Il monte sa société d’aviation, il semble avoir tourner la page de la F1. Finalement, il revient en 1982 et gagne le championnat en 1984.
La palme revient à ce fourbe de pilote anglais. Alors qu’il est surclassé par son coéquipier, qu’il n’a plus aucune chance au championnat pilote, Nigel Mansell annonce sa retraite en F1 à la fin de la saison 1990 et qu’il fera de son mieux pour aider l’équipe Ferrari et Alain Prost à gagner les 2 championnats pilote et constructeur. Quelques semaines plus tard, au Portugal, il tassera Alain Prost sur la ligne de départ, laissant le champ libre aux Mc Laren…

Donc pour en revenir à ma participation, elle était loin d’être acquise. A chaque relance de Jean-Pierre j’exposais les mêmes arguments.
Je l’avais annoncé haut et fort à qui veut bien l’entendre : « Sans moi ! ».
Cet été encore, en préparant le calendrier de rentrée avec ma femme, je raye l’épreuve. Non vraiment pas pour moi…
Enfin si je la fais ce sera sans préparation, en mode ça passe ou ça casse…
Parce que c’est vrai la destination me plaît : arriver à Clermont Ferrand, aller chez ma sœur à vélo c’est une belle histoire.

Vendredi après-midi, à quelques heures de récupérer son dossard, Jean-Pierre tente une dernière fois…
Euh s’il reste une place sur un désistement tu viens ?
Il existe plusieurs formes de harcèlement. Le miens porte un casque, roule beaucoup et me dit depuis 2 ans : « aller viens, tu vas voir, ça va être super ! »

Et le beau frère s’y met aussi. Il m’envoie la copie d’écran de l’épreuve avec cette question en forme de défi : tu participes ? Alors je lui réponds sur le même ton « je ne sais pas encore ! ».
Lui : « la veille ? »
Moi : « c’est possible ça 😁 je suis large 🤣 »
Puis je lui envoie la photo de l’organisation : « COMPLET »
Lui : « c’est facile ça ! »…

Ma chérie 💕 me donne le bon de sortie, la météo est idéale, alors Banco !
Bref j’ai fini par céder. Je suis une victime consentante 🤣. #MeeToo 🚴‍♀️

Trop heureux, Jean-Pierre décroche un dossard et me voilà engagé à 19h ! Pour un départ à 6h samedi !

Nouvel échange avec le beauf : « Inscrit 👅 »
Lui : « mais ils partent demain !? »
Oui moi aussi 😝

Je suis large 😁 : le vélo n’est pas prêt, je n’ai pas d’éclairage assez puissant ni avec une autonomie suffisante pour ce genre d’épreuve. Je n’ai même pas le stock de barres énergétiques 🤪.
Qu’à cela ne tienne, mon coach a déjà tout prévu. A 21h, je récupère mon paquetage avec le matériel, le stock de produits énergétiques et même une chasuble rétro-réfléchissante bien plus adaptée qu’un gilet haute visibilité.
Il est parfait pour avec les températures attendues. Mon couchage est réservé à l’arrivée et il a même négocié une option pour le retour en train.
Ah ça il avait envie que je vienne 😍😂.
Il me fait réciter les 10 commandements à respecter pour réussir ce genre de périple… Rendez-vous dans quelques heures pour le départ !

La nuit est courte, le temps de préparer le vélo, de choisir la tenue, de préparer le sac du retour, de lire le déroulé de l’épreuve et de trouver une place dans un train (je préfère assurer le coup). Quelle affaire !
Me voilà à dénaturer le vélo en l’équipant d’une sacoche de cadre 🤮.
J’hésite avec un petit sac de VTT à la Marco. Je le prends, d’ici le départ, je peux changer d’avis.

En faisant le trajet jusqu’au départ, je me compare aux gars qui se lancent sur un marathon ou sur la montée du Ventoux ou de l’Alpe d’Huez sans entraînement. Possiblement je vais faire partie des DNF ou finir râpé, à l’agonie.
Je cauchemarde de dormir dans un abri bus ou de me réveiller dans le fossé 😱 🤣
Plus sérieusement, c’est très clair dans ma tête : j’ai le droit d’abandonner !

Nous sommes 3 : Olivier, Jean-Pierre et moi.
Eric un copain de BikeXPlore nous accompagne sur les 50 premiers kms. Il porte avec fierté le maillot de l’an dernier.
Le but ce matin est de trouver un peloton à notre allure. Comme à chaque fois, on voit des gars partir tambour battant. D’autres pelotons bien organisés pour réussir mais sur une allure trop lente pour nous…
On se fait doubler 2 fois par des missiles sol-sol, dans le tas, Romain BARDET. La différence de vitesse est hallucinante.

À Buthiers c’est bon, un groupe est constitué, Jean-Pierre est heureux «nous sommes dans le bon wagon ».
C’est facile de tenir les roues, je suis surpris de voir le manque d’organisation du peloton : un ou 2 excités pour mener l’allure et c’est en file derrière. Il n’y a pas d’éventail, pourtant ce serait bien plus efficace.

Je vois Olivier se mettre devant, faire des longues remontées de peloton. Quelle énergie 😁. Une dizaine de gars se détachent, je sens le coup et je prends les roues. Je pense qu’Olivier est dedans et que Jean-Pierre a suivi. En fait je suis solo… Je profite quelques minutes du train.
J’ai un gros problème : la sacoche de cadre jamais essayée m’irrite les cuisses. Ça ne tiendra jamais jusqu’à Clermont, je suis blessé, la douleur va s’empirer. Je tire sur le cuissard pour supprimer le contact avec la peau, ça marche mais c’est une solution fragile…
Je regrette de ne pas avoir assez prêté attention à ce frottement sur le trajet du départ, j’aurais pu changer pour le sac de VTT 😬.

Je double l’ami Christian. Je savais qu’il devait s’engager mais je n’ai pas eu le temps de vérifier tout ça et de le prévenir.
Il est très surpris de me voir ici 😂. On est heureux de se retrouver. On roule ensemble en attendant de prendre les roues du groupe d’Olivier et Jean-Pierre… Sauf que Jean-Pierre n’est pas là !
Il reste une vingtaine de Kms jusqu’au CP1, on se regroupera à ce moment-là.
Nous empruntons un petit passage Gravel pour accéder à la passerelle qui traverse la Loire à Sully.

Jean-Pierre est 10k derrière, ennui mécanique 😩. Incroyable ! Des mois de préparation, des tests de matériel à répétition et voilà que sa K7 se desserre ! Comme il est plein de ressources, il s’arrête acheter une clé à molette et nous répare ça de main de maître, ça tiendra jusqu’à l’arrivée et au-delà 😂


De mon côté j’implore les dieux de la mécanique et de la chance. J’aimerais tant qu’ils portent un œil bienveillant sur nous 😇
Ne pensons pas aux roues perdues, c’est cool, j’ai le temps de saluer Colette et Charlotte qui suivent Christian, de ravitailler à la boulangerie (pas ouf d’ailleurs…) et d’acheter de la bande à la pharmacie pour mes cuisses. La pharmacienne me prend pour un fou quand je lui explique mon périple. La bande c’est sur la tête qu’il faut la mettre, vous avez pris un choc violent 😂.

Nous traversons la Sologne à trois sur des routes déjà empruntées sur le Paris-Bayonne 2013.
Je me remémore quelques pancartes disputées, je lis mon nom sur le palmarès 🤣.
Je sens Jean-Pierre assez fébrile, je me dis que ça risque d’être long à 3.
Nous voilà sur une longue ligne droite à perte de vue et personne ! Le désert !
Ok, Jean-Pierre a dit de rester sous les 70% de la FTP. Sur le plat, vent dans le dos, le compteur oscille entre 33 et 40km/h. Pas mal 🤩.

Nous rattrapons beaucoup de monde, des solitaires, des groupes, un gars s’accroche mais nous restons à 3.
Nous revenons sur un groupe qui a l’air organisé. On plafonne à 500m d’eux un long moment. Je suis tenté d’accélérer un petit coup pour prendre les roues. Olivier aussi… Jean-Pierre nous freine… Tempo les gars !
Profitant du relief en toboggan, avec Olivier nous bouchons l’écart rapidement. Jean-Pierre mettra un peu plus de temps et il n’a pas besoin de parler pour comprendre qu’il nous sermonne 😂🤣😝.


Il reste 30k jusqu’à Bourges, juste le temps de faire connaissance avec nos compagnons de route.
Il est 14h, il fait chaud. On ravitaille dans le restaurant de l’usine Michelin. On boit… On boit… On boit…
Je refais le bandage de la jambe gauche, il est un peu trop serré et il frotte sur je genou. À droite ça va, comme je suis blessé je ne veux pas y toucher.
Entre le CP2 et le CP3, nous faisons un bon bout de chemin avec Christian.
Ça roule un poil fort pour lui, il préfère reprendre son rythme. Nous le laissons avec un petit groupe.
Jean-Pierre donne le tempo dans les bosses, j’observe et je cale mon allure au rythme de l’expert.
Nous retrouvons 2 gars partis comme des balles. A Cerny je leur avais demandé s’ils comptaient faire tout le parcours à ce rythme…
Ils forcent pour prendre les roues et abandonnent rapidement. La prophétie de Jean-Pierre se vérifie 😉.

Nous faisons la connaissance de Baptiste, un chouette compagnon : 23 ans, 4 mois de vélo et il se lance dans l’aventure 🤗.
Un autre jeune en Synapse nous rappelle vaguement quelqu’un : il vole dans les bosses et coupe au sommet.
En prenant une barre, il fait une embardée spectaculaire et manque d’aller au tas 😥
Profil toboggan, avec Olivier on s’éclate comme des petits fous. Là Jean-Pierre, tel un Patou, tente un recadrage en règle. Des deux, je suis le plus sérieux 😇.
Olivier se positionne sur ses prolongateurs et génère beaucoup de vitesse, nous passons les talus sur l’élan. Il suffit de donner l’impulsion au bon moment.
Jean-Pierre prend la bosse au fond de la cuvette, ça l’oblige à pédaler plus fort.
Avec Olivier, nous roulons à l’instinct, nous lisons le relief, profitons du terrain, saisissons les opportunités et nous fondons dans le décor tel le Goupil à l’affût 🦊. On s’adapte, on improvise, on fait marcher notre créativité et on fait confiance à nos sensations.
Fort de ses multiples expériences en ultra, Jean-Pierre roule à la télémétrie. C’est scientifique nous dit-il, les chiffres ne mentent pas.
Chaque coup de pédale est mesuré, analysé, décortiqué, optimisé.
D’aucuns diront que ces deux approches sont antinomiques, nous répondons qu’elles sont complémentaires : le renard et la NASA. Deux approches qui conjuguent à merveille les qualités du cycliste amateur moderne 😁🧑‍🎓🤣.

Rémy Julienne avait mené un test en son temps. Il était question de déterminer le point de chute d’une voiture lors d’une cascade.
Il avait donné du fil à retordre à de jeunes ingénieurs, l’un s’appuyant sur son expérience, les autres sur de savants calculs 😉.
Bref, encore aujourd’hui, même le meilleur modèle a besoin de quelques tours de roues pour s’affiner 😉.

A 30k du CP3, je dois répondre à un appel et trouver de l’eau. Jean-Pierre et Olivier m’attendent une première fois mais au 2è appel ils continuent.
Je raccroche et au moment de partir je me fais doubler par Colette et Charlotte. Ça va ? Tu as besoin de quelque chose ? Ouiiii de l’eau svp 🤗🤩🤗
Ni une, ni deux elles s’arrêtent, Charlotte remplit mes bidons. Cool je vais pourvoir rejoindre le CP3 sans souci. J’ai bien fait, je vide les 2 bidons en un peu plus d’1h.
Solo, je ne m’affole pas, je me sens bien. Je prends le temps d’admirer le paysage 🤩.
A 2 Kms du CP3 je retrouve Baptiste et nous arrivons alors que JP et Olivier posent leur vélo.
Je m’éloigne des interférences, j’appaire le 2è radar et je les rejoins au ravito.
Tout y est, sandwich, tucs, chips, salade de fruits et bananes. Et surtout eau gazeuse et coca à volonté. Je garde la banane pour plus tard…
L’organisateur donne généreusement des barres énergétiques. Hop 2 dans la poche 😋.
Il est temps de repartir, il est 19h45. Dans 1h il fait nuit.
Quand le soleil s’est couché derrière Montluçon, je me suis dit que l’aventure commençait ici.

Je fredonne les paroles d’une chanson tant écoutée :
Les lueurs immobiles d’un jour qui s’achève
La plainte douloureuse d’un chien qui aboie
Le silence inquiétant qui précède les rêves
Quand le monde disparu l’on est face à soi….
On aperçoit au loin les premiers feux des vélos devant nous. Jean-Pierre donne le tempo dans la première ascension. J’observe le métronome 🤩.
On rattrape Christian, l’occasion de partager un bout de chemin, quelques paroles, de s’encourager mutuellement.
Puis on se retrouve au milieu de nulle part. C’est très étrange comme sensation. On a rattrapé pas mal de vélos.
1ére descente dans le noir, je me place en 3è position. Je profite de la lumière des deux ouvreurs. Je prends mes marques et déjà la bosse suivante se profile.
Des phares, 2 gilets hautes visibilité bien portés, des cris d’encouragements… Ohhh… 🤩 Ce sont Charlotte et Colette, leur bonne énergie est communicative. Merciiiii beaucoup 😊.
Un gars nous passe avec un maillot LEROUX, ça ne s’invente pas !
J’ai déjà roulé avec quelqu’un qui portait le même maillot mais je ne situe plus.
Il a 2 grosses sacoches qui prennent en sandwich sa roue arrière. Elles ballottent au gré des imperfections de la route. C’est monstrueux de transformer un Gravel ou un route en velib’ 😱🤣😝.
N’empêche, le gars est facile, il nous attend quelques secondes à une intersection en haut d’une bosse puis disparaît dans la bosse suivante.
Olivier est en forme, il met tout le monde en file. Ça lâche par grappe derrière.
Je le préviens qu’il va reprendre une soufflante de JP. D’ailleurs j’appelle JP, pas de réponse ?! J’interpelle le gars derrière nous avec un éclairage surpuissant. Pas de réponse ?!
Manifestement, il cherche à nous aider avec ses pleins phares.
Je recommence à lui parler, toujours rien, pas un mot… Il se fout de ma gueule celui-là 😳
Je dis à Olivier qu’il doit s’agir de Bernardo, le serviteur muet (pas sourd) de Don Diego de la Vega.
A force de blagues moyennes, il finit par se trahir. C’est notre JP qui est là.
Il a bien entendu comment je me suis acharné à raisonner Olivier. JP juge qu’il n’est pas nécessaire d’en ajouter 🤣.

Je demande une pause banane, l’endroit est choisi par Olivier, en haut d’un col. Quelle silence ! Le ciel est dégagé, on voit les étoiles.
J’ai envie d’éteindre les feux pour contempler la voûte céleste sans pollution lumineuse.

Nous repartons, j’ai d’excellentes sensations, Olivier aussi est facile.
On passe de côtes en cols.
Dans les descentes, j’ai du mal à évaluer la vitesse et les distances. Le plus perturbant avec l’éclairage sur le cintre est de ne pas voir le point de corde dans les virages.
Je ne vois pas le temps passer et les kilomètres défiler.

Le GPS n’affiche pas les pentes, je n’ai aucune indication de la distance et de la pente. Tout au jugé !
On monte un truc interminable, pas très dur c’est vrai. A chaque percée dans les arbres je pense que c’est terminé. Et non, ça continue ! On finit par en voir le bout.
J’ai envie d’en remettre un peu, je me dis que si personne passe c’est que c’est suffisant, alors je roule au limiteur 😇.
Je décide de sortir une barre, sans me rendre compte que nous sommes à la bascule, que le vélo prend de la vitesse. L’air frais et surtout le virage qui me saute à la figure me font prendre conscience que ça descend maintenant. Pas le temps de mettre la barre dans la poche, je place la barre emballée dans la bouche et je reprends le contrôle du vélo.
J’ai essayé plusieurs fois de remettre cette foutue barre dans la poche. De jour ça n’aurait posé aucune difficulté, dans le noir, pas moyen d’y parvenir !
C’est une des barres donnée par l’organisation. J’y goûte enfin, elle est dégueulasse ! En plus elle colle aux dents ! Je comprend mieux pourquoi elles étaient distribuées.
Au pied de la dernière difficulté, je vois un attroupement devant un cimetière. J’ai vidé un bidon, le 2è est presque vide. Tout le monde est Ok pour la pause flotte.
Je parle de mon expérience de la barre énergétique, une féminine réagit immédiatement : « Ah oui, horrible ! » je l’imite quand elle annonce jeter la 2è. Bon débarras ! 🤮
Il y a plus de pente, on oscille entre 6-8% avec des passages à 10-11%.
C’est impressionnant de voir les petites lumières des vélos devant s’élever, on a l’impression qu’il va y avoir des marches à gravir pour arriver à leur hauteur.
On continue de dépasser, sur le côté des petits groupes sont arrêtés, on voit des cyclistes sur le dos, victimes de crampes. La fin va être compliquée pour eux.

Un panneau indique Orcines, nous sommes au cœur de son territoire… Du haut de ses 1465m, il domine les environs. Nous sommes à ses pieds…

Dans le jeu des ombres de la montagne et des lueurs du ciel, la chaîne des Puys se découpe en silhouettes mystérieuses sur l’horizon.
Je scrute les formes, espérant reconnaître le fameux Puy de Dôme.
Mais la nuit brouille les pistes. Le géant des dômes restera une célébrité anonyme ce soir.

J’ouvre la descente, je fais une petite erreur de lecture, je pense que la trace suit la route principale. Je découvre un peu tard qu’elle bifurque à gauche. Je préfère élargir le virage pour ne pas surprendre la farandole de vélos qui suit.
Je me reconcentre, la situation se présente à nouveau, cette fois je ne me fais pas piéger 😝. Ça me vaut les félicitations de JP et Olivier 🤗.
En contrebas, nous pouvons apercevoir les lumières de la ville, la civilisation n’est pas loin.
On rentre dans une enceinte MICHELIN. Ça y est je comprends ce que m’explique JP depuis ce matin 🤪.
Nous avons un tour à parcourir, c’est la piste d’essais MICHELIN. La piste fait 11kms !
Il faut descendre pour rejoindre la piste. Si c’est comme le circuit de CHARADE avec ses pentes de malade ça va être terrible 😱.
Nous partons groupés, le petit jeune qui s’est joint à nous s’agite. Moi ? J’étais parti pour rouler tranquille comme à la parade…
Du jamais vu ! L’électron agite le neurone 🤣🤪🤣
Dans la ligne droite je reçois un ordre des stands : FONCE ! J’y mets tout mon cœur, mes jambes font ce qu’elles peuvent 🥳.
C’est grisant, la culpabilité n’arrive pas à suivre mon accélération 😝.
Je me dis que je vais le payer quand ça va grimper. Heureusement c’est tout plat, JP avait inventé un relief accidenté pour nous effrayer.
L’agent de sécurité m’indique la sortie, Olivier et le jeune me rejoignent. Il faut remonter jusqu’à la guérite, c’est plus facile que j’imaginais.
Le temps de faire tamponner nos cartons, JP arrive.
Il reste quelques kilomètres sur la piste cyclable pour rejoindre la place des Carmes.
Les bénévoles nous félicitent, on se congratule.
Whaoouuu c’est fait ✅ J’étais super bien, je n’ai jamais trouvé le temps long.
Je me suis amusé, j’étais heureux d’être là. C’était GENIAL.
Les seuls moments de doute auront été le frottement de mes cuisses et l’ennui mécanique de JP.

Merci JP de m’avoir engagé, prêté le matériel et donner les bons conseils.
Merci JP,merci Olivier et merci Christian d’avoir partagé cette belle épopée.
Merci Eric de t’être levé et de nous avoir accompagné au petit matin.
Et merci à Charlotte et Colette pour vos encouragements et votre bonne humeur communicative.

l’Echappée Michelin 2026

L’Echappée Michelin, course légendaire datant de la fin du 19ème siècle et relancée l’année dernière me faisait de l’oeil pour cette rentrée. Nous avions apprécié l’édition 2025 , avec un parcours joli mais pas trop dur et une organisation au top. Difficile donc de resister à la refaire en 2026, surtout avec un départ à 300m de la maison !

Pas beaucoup de candidats pour m’accompagner, à part Olivier qui s’inscrit en même temps que moi en juin . Evidemment, je tente le coup auprès de Franck qui m’explique depuis 20 ans préférer les épreuves par étapes avec maximum 200 km par jour mais les JP sont têtus et je pratique un harcélement régulier.

Il avait failli s’inscrire en 2025 alors pourquoi pas ! . Il ne dit pas non, mais demande à rélféchir 🙄.

Après 1 mois tranquille pour récupérer de la RAF caniculaire, je profite des vacances au mois d’août pour remettre la machine en marche en grimpant de beaux cols dans les Vosges. J’enchaîne avec quelques longues sorties pour bien valider les jambes et m’assurer que tout fonctionne à la perfection sur le velo ( on y reviendra ) .

Toujours pas de nouvelles de Franck, ni de Marco qui avait aussi manifesté l’envie de nous accompagner. Bon , pour Marco c’est mort, il n’est pas dispo ce week-end là. Olivier lui n’a toujours pas reçu son cadre après que le sien ait laché au niveau du tube de selle. Et toujours pas de nouvelles de Franck. Je vais finir en solo à ce train là. Un coup d’oeil sur le site d’inscription me met un coup au moral : plus de places . Même s’il se décide , ça ne vas pas le faire encore cette année. Snif … 🥲.

Finalement , le cadre arrive , on fait le montage avec Olivier, ça va être un peu à l’arrache pour tout roder avant le départ.

La veille du départ, Franck se décide enfin ! Il n’y a plus de place , mais c’est le moment où jamais , je lui propose de négocier avec l’organisation en allant chercher les dossards le. vendredi soir. Il y a souvent des forfaits de dernière minute alors qui sait ça peut le faire. D’ailleurs je contacte l’orga qui laisse la porte ouverte « compliqué mais passez nous voir ce soir on verra ce qu’on peut faire ».

Il faut dire que l’équipe d’orga est vraiment top : sympas, aux petits soins pour les concurrents. C’est le club de Mozac qui organisait la cyclo des Volcans qui est à la manoeuvre cette année, et Jérome , l’organisateur en chef est aussi grand par la taille que par la générosité. Emilien qui organisait en 2025 est toujours là mais cette année , c’est pour participer et gagner l’épreuve en 12h50 devant Romain Bardet !

Bref, vers 19h14 , un peu avant la clôture du retrait des dossards, je file recupérer le mien et discuter avec Jerome. « Pas de souci me dit-il , je peux inscrire ton ami ! » . Yeessssss !!!

Et voilà notre Francky inscrit , à 10h de l’heure de départ. Ni lui ni moi n’arrivons à y croire vraiment pas plus qu’Olivier qui me dit « serieux , Franck est inscrit ?? »

Franck passe à la maison , je lui file un harais reflechissant, ma lampe Lumitop B01 et une batterie de rechange, et quelques autres fournitures indispensables à un 400 km 😉.

J’avoue une petite inquiétude : une longue distance, ça se prépare. Ca serait un petit mlracle si on ne decouvrait pas in extremis qu’on a oublié un truc. Allez on croise les doigts !

Je n’ai aucun doute sur la condition de Franck qui sort de son énième Paris-Nice cyclo . Olivier n’est pas non plus complétement confiant sur sa condition et son vélo pas encore bien rodé mais connaissant sa capacité à écraser les pédales longtemps je n’ai pas non plus d’inquiétude . De mon coté, les jambes sont très bien en ce moment et le vélo parfaitement au point . Enfin , c’est ce que je pensais 🤪

Nous sommes programmés dans la vague de départ de 6h45 , les départs étant étalés entre 6h et 7h pour éviter de gros pelotons sur la route et maximiser la sécurité de tout le monde.

On se retrouve peu après 6h aux inscriptions. Briefing , cette année , il y a un CP de plus au km 300 avec ravito à Domerat . Excellente chose ! Le parcours bien que similaire est renouvelé à 80% .

Eric est présent aussi , il a proposé de nous accompagner pour les 50 premiers km. Merci à lui . Nous seulement il va faire l’équipier modèle en nous tirant au départ , mais il en profitera aussi pour faire un petit reportage photo et vidéo. Merci Eric 🙏. BikeXplore a encore un peu de travail pour égaler UAE mais on est sur le bon chemin 😊.

Finalement, nous partons à 6h30 et nous voilà sur nos routes bien connues de l’Essonne en direction de Malesherbes.

On guette un groupe à la bonne vitesse pour la première partie du parcours qui s’annonce très roulante. A tiens en voilà un qui revient de l’arrière. Woouuufffff fait le vélo de CLM qui nous double avec 15 km/h. de mieux poursuivi par trois gars à fond pour le suivre. Impressionnant le rythme là c’était le niveau pro , insuivable.

On rattrape un bon groupe. Pendant qu’Olivier qui écrase les pédales à 50 tours/min en mode turbo diesel comme à son habitude, les depasse sans même un regard, on tente l’incruste avec Franck pour ménager le moteur. Mais le compteur affichant un petit 23 km/h dans la côte à 1% qui se profile devant nous, nous reprenons à regret notre tempo pour recoller Olivier.

Eric reprend sa position de poisson pilote tout en nous filmant. A l’approche de Nanteau ,une pensée pour Seb, on se fait rejoindre par le bon groupe qu’on cherchait . Hop , on saute dans les roues, nous voilà à 35 km/h sans effort . Eric nous quitte peu après.

Je vois la moyenne qui n’arrête pas de grimper sur mon compteur, les 30 km/h sont dépassés. On est en avance sur le plan de marche, il fait beau , le vent est favorable , la vie est belle ! Nous voilà dans la Beauce après Malesherbes, direction Sully sur Loire pour le CP1 au km 110.

La Beauce c’est top quand on est en groupe avec le vent dans le dos. Avec le vent de face et en solo c’est plutôt un enfer mais aujourd’hui les planètes sont alignées.

Enfin … presque . A la sortie d’un village , juste au moment où je relance ma roue arrière se bloque quasiment d’un coup sans avertissement préalable, et avec une odeur de brulé 😱. Je suis obligé de m’arrêter en urgence, d’évidence le souci est serieux.

Complétement pris par suprise, je n’ai même pas le temps d’avertir les copains, et je vois avec désespoir Franck , Olivier et tout le groupe s’éloigner définitivement. Même si je répare rapidement, je ne pourrais jamais revenir à cette allure. Je suis dégôuté , la situation passe en une seconde du scénario parfait au scénario catastrophe. On se croirait au cinéma à l’époque où il avait encore une pellicule et qu’elle cassait dans le projecteur, retour brutal du rêve à la réalité !

Fébrilement, je tente de localiser le problème. Je pense que c’est le pédalier qui s’est bloqué mais une fois la chaine sortie, il tourne parfaitement donc la panne est ailleurs. Je regarde cette fois à l’arrière et je vois que ma cassette s’est complétement dessérrée et vient frotter la base d’où l’odeur. Heureusement que le cadre est en titane.

Contrairement aux roues libres Shimano , les roues libres SRAM n’ont pas d’encoches mais un pas de vis. Ca permet de les fixer et enlever très facilement mais par contre, si ça se dessèrre ça vient en contact avec la base. Bref, je ne comprends pas comment cela a pu se desserrer d’un coup sans aucun signe avant courreur, je n’y ait pas touché depuis des mois, mais les faits sont là. Le dérailleur electronique qui s’ajuste tout seul a probablement aussi masqué le problème.

Heureusement, j’avais anticipé que cela puisse arriver un jour : j’ai une douille à cassette qui s’adapte sur mon multi outil dans mon kit de réparation special ultra distance . Trop fort le JP ! 😊

Je sors la douille et … je réalise que je n’ai pas pris la bonne , celle là ne s’adapte pas au multi outil. Je resserre à la main en priant 😳 .

Me voilà reparti , 3 min d’arrêt , j’ai peut être encore une chance si le peloton fait un arrêt pipi.

Je repars à 300W, la rage au coeur et avec l’enerige du desespoir, couché sur les prolongateurs, bien décidé à tenter la jonction !

2km plus loin , le pb se reproduit 😱

Nouvel arrêt , mais je me doute bien que si je ne trouve pas une solution pour serrer plus fort, je ne vais pas y arriver.

Je fais de mon mieux … redemarrage et re-stop au bout de 2km .

Ca ne va pas le faire , il faut que je trouve un magasin pour resserrer.

Il y a une petite ville à 10km. Je la rejoins avec 2 arrêts de plus et je file au Super U pour acheter une clef à molette qui me permette de serrer à un couple suffisant.

Accueil princier et très inattendu par le directeur du supermarché qui me voit passer le seuil avec mon numero de dossard 273 sur le casque. Il est fan de vélo et connait l’Echappée Michelin , incroyable . Il va me chercher la clef , me propose de reparer le vélo sans me faire payer mais je préfère acheter la clef , un peu traumatisé , au cas où le problème reviendrait. Il m’aide à serrer à bloc. Me voilà reparti mais j’ai maintenant presque une 1/2h de retard. J’envoie un message à Franck et Olivier pour leur dire que j’ai un souci et que je les rejoins au CP1.

Il me faut quelques km pour me remettre dans le bain et evacuer la frustration de ce problème improbable avec un vélo super testé dans toutes les conditions avant.

A 12km de Sully, coup de fil de Franck. Ils sont au CP1 , et font une pause boulangerie / flan en m’attendant 😉.

Motivation revenue , j’écrase les pédales sur les prolongateurs pour boucler ces 12 km en 20 min .

C’est joli Sully sur Loire !

On se retrouve à la boulangerie et c’est reparti pour cette fois la traversée de la Sologne jusqu’à Bourges. L’itinéraire est différent de 2025 , mais les lignes droites en forêt sont toujours là. J’ai peur que Franck trouve ça monotone mais pas du tout ! On reprend des groupes à la pelle , ça nous occupe bien, et on se relaie à trois mais les relais de Franck sont les plus appuyés, pourvu qu’il ne dépense pas trop d’énergie car le final est corsé . Un gars sympa nous accompagne un bout de temps puis finit par lâcher.

A 35 km de Bourges, on se finit par recoller à un groupe qu’on avait en ligne de mire dans les lignes droites. Curieusement, alors qu’on avait bouché le trou rapidement au début , ça faisait un bout de temps qu’on plafonnait derrière, ils devaient être motivés par le repas qui nous attendait au CP1. Finalement, on bouche le trou et on se relaie les uns les autres jusqu’à l’usine Michelin de Bourges.

Un bon petit repas, et surtout on y retrouve Christian, un copain de Franck, ils ont fait plusieurs Paris-Nice ensemble. Christian est suivi par sa femme Colette et sa fille Charlotte . Nous allons repartir ensemble et du coup , on aura des supportrices au bord de la route régulièrement jusqu’à l’arrivée. C’est top , ça motive bien ! J’ai l’impression de faire le Tour de France 🤩.

Entre le CP2 et le CP3 , c’est moins plat. On rentre dans l’Allier avec des routes vallonnées mais pas vraiment difficiles , c’est très ludique. Baptiste , un jeune qui s’est mis au vélo il y a 4 mois (!!) se joint à nous. On roule aussi avec un autre jeune qui nous fait une frayeur en partant à 90° de la trajectoire en ouvrant un gel 😰. Baptiste est équipé d’un vieux vélo qui produit régulièrement un crouiiiiccc sonore , et quand Olivier s’alarme de ses attaches rapides à moitié ouvertes , il nous explique qu’elles sont grippées 🤪. Tout cela ne l’empèche pas d’écraser vaillamment les pédales, l’insouciance de la jeunesse !

En bon coach ultra, je fais remarquer à Olivier déchaîné qui si nous montons toutes les bosses à 300W , même courtes, on va le payer cher dans les cols du massif central qui nous attendent sur les 100 derniers km. Peu convaincu, il me dit « mais je m’amuse » ! . Ce qui reste evidemment le but 😉.

Je sens que je vais avoir du mal à convaincre mes camarades joueurs et qui ont envie de profiter du parcours. C’est leur premier 400 . Certes ce sont des cyclistes de haut niveau et bien entraînés. Mais quand même , en ultra il y a des théories bien étudiées. Je joue donc le prof avec des élèves dissipés mais tellement sympas qu’on ne peut pas leur en vouloir.

Olivier en bon elève tient compte des remarques : on monte à 299W au lieu de 300 😂

Franck nous abandonne pour les 30 derniers km , stoppé par un coup de fil. On stoppe mais 30 secondes plus tard il est déjà là , sauf que ça sonne de nouveau dans la foulée.

Christian

On continue doucement, du coup , le groupe de Christian qu’on avait distancé nous rattrappe. Toujours pas de Franck. On se décide à remettre en marche jusqu’au CP3. En fait il avait fait en plus un arrêt ravito en eau pour taper la discute avec Collette et Charlotte, le coquin 🙂.

Au fur et à mesure qu’on approche du CP3 , on repasse en mode pédalage avec Olivier et nous reprenons les groupes qui nous avaient dépassés. Je me dis que ce rythme n’est définitivement pas raisonnable mais profitons de cette magnifique journée de vélo , on verra bien !

CP3 à Domerat, la nouveauté 2026. Bénévoles au petits soins qui nous font même des salades de fruit à la demande, juste royal ! Bravo à l’orga ! Franck arrive finalement, on dévore quelques sandwichs, bananes , salades de fruit . Sans oublier le coca et la St Yorre, il fait quand même 32°C , ça chauffe un peu.

Nons repartons vers 19h45 pour la dernière étapde , de loin la plus dure puisqu’il nous reste 2000 m de dénivelé sur les 120 prochains km soit un peu plus que tout le parcours déjà accompli. Un CP4 toutefois à l’entre du circuit Michelin qui n’est qu’à 10km de l’arrivée. Mais justement, c’est pour nous obliger à faire le tour du fameux circuit sans couper tout droit.

Encore 3km de plat et puis ça monte. La sortie de Montluçon c’est en fait une montée continue d’environ 20km à 4/5% . Ayant toujours en tête de ménager mes apprentis ultra cyclistes, j’adopte un rythme raisonnable en tête de groupe. Puis Franck passe prendre son relais, embraye et pedale coincée certainement, ne debrayera plus jusqu’à l’arrivée. Moi qui pensait passer une journée tranquille , je suis servi.

Petit à petit le jour tombe, nous arrivons au lieu dit du Château d’eau à la tombée du jour, on allume nos frontales et éclairages. Nous avons repris et dépassé Christian qui était reparti avant nous du CP3. Baptiste commence à transpirer dans les roues dans tous les sens du terme. Il fait étonamment chaud pour une nuit de septembre,, à aucun moment il ne sera nécessaire de mettre le coupe vent ou les manchettes.

J’ai oublié l’idée de ménager qui que ce soit. Les copains montent les cols sur un sacré tempo et on reprend des groupe entiers de cyclistes qui paient les efforts de la journée , certains allongés sur le bas côté en proie à des crampes. Ce n’est plus pour eux que m’inquiète mais pour moi 😂 . Maintenant je n’ai plus qu’à prier pour que les jambes tiennent sur un tempo plus ambitieux que prévu. Trop forts les copains, je suis épaté ! Quand je pense qu’ils doutaient de leur capacité à boucler un 400 🤪.

Soudain, les crouic crouic disparaissent, Batpiste a lâché non sans m’avoir demandé « mais il fait comment Franck pour grimper aussi vite avec son gabarit?? » . La seule bonne réponse à cette question qui n’est pas nouvelle est « c’est Franck, il est unique » .

Baptiste est remplacé par un autre jeune qui a des soucis de GPS et d’éclairage ( on ne voit sa lampe arrière qu’à 10m maxi ) . Il nous suivra jusqu’au bout bien que lâchant à plusieurs reprises mais revenant à chaque fois avec une motivation incroyable.

Les montées se succèdent. Je predis des murs à 15% pour miner le moral des copains sans le moindre succès 😂

Dernier arrêt remplissage des gourdes dans un cimetière au pied du dernier col , le plus dur avec cette fois de vraies pentes entre 8 et 11% . Une file de cyclistes grimpe formant une procession de petites lumières rouges et un énorme flash surpuissant , le Garmin Varia de Franck . Terrible , je suis obligé de laisser 30m entre nous sinon je suis ébloui.

Au sommet à Sauterre on bascule dans une longue descente rapide vers le circuit Michelin. Tellement rapide, qu’on manque presque une intersection à gauche. On déboule à 60 en direction du circuit.

Je dois avouer que je m’étais un peu ennuyé en 2025 à faire ce tour de circuit , mais le refaire est encore pire. J’ai du mal à trouver la motivation pour accrocher Franck qui tente de battre le record du tour et y est surement arrivé 😰 . Je n’aurais jamais du lui donner un de mes gels Pogacar !

Nous finissons à quatre avec notre petit jeune qui nous fait le sprint pour passer l’arche d’arrivée . 16h de roulage et 18h30 au total pour boucler le parcours .

Un super moment de vélo , temps magnifique, vent favorable , belles rencontres.

Tout le monde est heureux à l’arrivée et le Franck ne pourra plus jamais dire « non l’ultra c’est pas mon truc » . C’est le premier 400 pour Olivier et lui , et tout laisse à penser qu’ils auraient pu continuer sur 1000km au même rythme. 13 W de puissance moyenne en plus que 2025 sur mon GPS à l’arrivée ( 168W NP vs 155W NP ) . Il va falloir que je revoie mes paramètres car les jambes ont bien repondu tout le parcours.

Nous rejoignons le café proche de l’arrivée où nous avons le droit, offert par l’orga, à un bon repas d’arrivée accompagné de bières à volonté( hips). Nous patientons un peu pour attendre Christian que nous voyons se rapprocher sur le suivi live, ca nous perrmet de bien profiter du buffet et de reprendre des forces.

Puis direction le gîte choisi à proximité , qui s’avère parfait , ça descend pour y aller et il est aussi tout proche de la gare pour le retour en train prévu le lendemain à 13h30.

Après une bonne nuit de repos, il nous reste à déjeuner avec la soeur de Franck et sa famille et à prendre le train avec 2 wagons réservés par l’orga pour rappatrier les cyclistes et les vélos.

Une superbe aventure cycliste avec un scénario quasi idéal qui donne très envie de la refaire 🤩

Suivi Bikingman Eric

1225
Eric HO
HALF / SOLO MALE · BikingMan & Half Aura 2026
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Distance
 
D+ cumulé (lissé)
 
Vitesse
 
Batterie tracker
 
Distance parcourue
D+ cumulé réalisé (lissé)
 
D+ lissé par hystérésis (seuil 8 m, calé sur le D+ officiel du parcours) à partir du GPX BM_AURA_HALF_2026_vFinale. Rafraîchi automatiquement toutes les 60s depuis le tracker owaka.live.

Mercredi 24 Juin 2026 : Race Across France 1000 km

Après la Race Across France 2025 , plusieurs membres du club avaient manifesté l’envie de participer à l’édition 2026. Malgré les petites défauts d’organisation que nous avions constaté avec Ludo en 2025, en particulier la qualité de la base vie de Dignes, j’avais quand même envie de la refaire.

Pour corriger les erreurs commises lors de ma première participation, pour vivre une nouvelle aventure extraordinaire avec les copains … et pour améliorer mon résultat 2025 sachant que j’avais terminé 3ème de ma catégorie d’âge.

Nicolas rempile aussi , et Yann et Richard s’incrivent pour une première participation.

J’ai envie de tout optimiser, je construis donc un nouveau projet en plusieurs étapes :

-un nouveau vélo confortable et performant vraiment fait pour l’ultra distance, le Chiru Xroot en titane qui arrive dans le traineau du Père Noël.

-une analyse précise de mon parcours 2025 avec l’aide de nos nouveaux amis IA qui se montrent très efficaces dans cet exercice. Le point d’optimisation est évident : les temps d’arrêts representaient presque la moitié du temps total, voilà donc le point à travailler.

-un programme d’épreuves ultra varié pour travailler les différents aspects d’optimisation de ma performance . Echappée Michelin, Gravel Fever, Gravelman 600 Maroc , BRM 600 Tour de Manche plus quelques sorties perso dont une reconnaissance du début du parcours de la RAF 2026 depuis Orleans ( parcours supposé car non encore disponible officiellement, juste la carte macroscopique)

La préparation se passe on ne peut mieux : je parviens à réduire drastiquement les temps de pause ( moins de 3h sur le BRM 600 ) , ce qui a chaque fois me donne de bons temps de parcours. Je travaille aussi l’alimentation avec la nouvelle théorie à base de glucides qui semble bien me convenir. Energie constante, pas de problème digestif , ça roule !

1 mois avant l’épreuve, première deconvenue : RIchard est coincé par son boulot, il ne pourra pas prendre ses vacances comme prévu à la date de la RAF , le voilà forfait. On est deçu pour lui , et pour nous . Un compagnon de moins !

Nicolas suit une préparation millémètrée, il évoque même de prendre un célèbre coach vélo puis finalement se ravise devant le tarif conséquent. Les coachs IA c’est pas si mal .

Yann se prépare aussi dans les détails , ne laissant rien au hasard. La Team BikeXplore s’annonce redoutable !

Une petite étude statistique montre que le vainqueur de la catégorie des plus de 60 ans depuis l’existence de la RAF a mis entre 80 et 90 heures pour finir. Mon plan de marche, dérivé du BRM 600 avec des hypothèses plutôt conservatrices me donne un temps de parcours entre 70 et 75h. Le podium est plus que jouable !

Le parcours qui part d’Orleans, traverse le Morvan , les Monts du Pilat , Les Monts d’Ardèche avant de grimper le Ventoux par Malaucène puis de descendre sur Mandelieu via les Gorges de Verdon me plait beaucoup.

D’une part , il est relativement roulant sur les premiers 200km , ce qui est très bien pour se lancer dans l’épreuve, d’autre part il passe par des coins que je connais peu et j’ai hâte de les découvrir.

Toutes proportions gardées, on se vote d’appliquer l’approche « Victor Bosoni » en évitant le bivouac au profit de nuits en dur.

La réservation est un sujet délicat : on s’était complétement loupé en 2025 avec des distances trop ambitieuses. Je cherche cette fois un compromis entre ambition et réalisme , aidé par l’expérience supplémentaire acquise depuis un an. Mes temps de parcours sont plus prévisibles et robustes. Sachant évidemment qu’en ultra tout peut arriver donc le risque zéro est illusoire.

De nombreuses discussions sur notre groupe Whatsapp alimentent cette préparation qui comme toujours est un des meilleurs moments de la course. J’ai vraiment hâte d’y être.

Deux semaines avant, un facteur imprévu arrive : une vague de chaleur s’annonce. Ludo , Sam , Eric et Benjamin qui font le BRM 1000 des Mousquetaires Paris-Londres-Paris vont clairement en souffrir. Les températures semblent diminuer la semaine suivante ce qui devrait nous éviter de retomber dans la même situation que les 2 derniers jours de 2025 où on avait du faire des sauts de puce de fontaine à fontaine pour tenter de refroidir. La chaleur m’avait plus épuisé que les 1000 km !

Hélas, plus les jours avancent, moins les prévisions sont favorables. Mon optimisme légendaire refuse d’y croire, ça va s’arranger , forcément , ma bonne étoile veille toujours.

Quoique …

Finalement, il faut se rendre à l’évidence : il va faire très chaud. Zut et zut , je ne pensais pas revivre la situation de 2025. Je fais une sortie d’une heure sous la chaleur tous les jours la semaine précédente pour habituer mon organisme.

Ca se passe plutôt bien, me voilà un peu rassuré.

Le départ est prévu le mercredi 24 juin à 20h à Orleans.

Durant le week-end , sur les réseaux sociaux , commencent à circuler des rumeurs inquiétantes d’annulation de l’épreuve !

Quelques heures plus tard, voilà la RAF 2500 partie le jeudi qui est neutralisée entre 12h et 16h puis 12h – 18h . Aie , aie , aie . Si neutralisation il y a sur la 1000, tout le plan de marche et les réservations sont KO !

A peine le temps d’échanger avec les copains que la nouvelle tombe : interdiction des épreuves sportives dans le Loiret . Le départ d’Orleans est annulé et déplacé à Albertville !

Sur le coup , je refuse d’y croire ! Mais nous recevons bientôt un mail officiel de confirmation.

Le parcours devient la somme de la fin du parcours 2500 depuis Albertvillle ( 637 km ) puis une boucle de 200 km depuis Mandelieu. Pas top de repartir alors qu’on est arrivé . Mais pas le choix, l’organisation doit utiliser des parcours déjà validés par les préfectures. C’est encore pire pour les concurrents de la 2500 , neutralisée. Chaquee concurrent doit trouver un moyen de rejoindre Albertville pour un nouveau départ 2 jours plus tard. Un enfer logistique ! Un concurrent prendra 9 TER pour y arriver ! A l’exception des 20 plus rapides qui ont dépassé Orleans et ne sont pas concernés par l’interdiction. Au final il y a donc deux courses 2500 : la version d’origine pour 20 concurrents et une version en 2 parties pour tous les autres.

En quelques heures, tout le plan de marche, la préparation s’effondre. On a pris les bonnes décisions au bon moment, annulant nos réservations à temps pour être remboursés. Et Yann, Nicolas et moi trouvont chacun une solution pour rejoindre Albertville.

On va pouvoir participer !

Je rejoins Albertville le mardi soir afin de pouvoir prendre mon temps avant le départ. Il y a plein de choses à revoir : plan de marche , chargement du vélo etc … Nous passons deux fois à Mandelieu. Grâce à la négo de Yann et Nicolas qui font le voyage vers Albertville dans le même train que Arnaud Manzanini, l’organisateur, on lui demande de pouvoir d’utiliser notre sac d’affaires au premier passage . Merci les copains pour la négo. Comme il y a un drop bag à Malaucène ça nous fait deux points de « rechargement », ce qui est bien pratique pour ne pas emmener trop d’affaires et de nourriture sur le vélo.

Le voyage vers Albertville se passe presque sans histoires. TGV depuis la Gare de Lyon jusqu’à Chambery. Je dois utiliser ma sacoche vélo pour le démonter et le ranger sur un rack à bagages à plat dans le TGV. Je mets le sac à dos par dessus pour m’assurer que personne ne pose quelque-chose sur le vélo.

Hélas c’était sans compter sur un quidam qui vire le sac à dos pour le mettre de l’autre coté et placer une valise de 50 kg à la place ! Comme la manipulation du vélo + sac à dos pèse lourd, je me lève 10 minutes avant Chambery et découvre le problème. Le vélo a l’air intact mais bon je suis furax. Je crains surtout pour les disques de frein. Le TER pour Albertville démarre du même quai donc le transfert est facile d’autant que le TER est quasi désert.

Arrivée à Albertville peu avant 22h. La gare va fermer, je dois sortir pour remonter le vélo ce qui me prend moins de 5 minutes. J’ai réservé à 800m de la gare, je m’élance, premier rond point, petit coup de frein et … rien ! . Oups j’ai un souci. Arrêt , retour à la gare pour bénéficier de l’éclairage : le gars avec sa valise a écrasé ma durite de frein avant juste au dessus de l’étrier ce qui provoque une fuite. Merde ! Heureusement, à force de soucis techniques improbables, j’ai presque tout ce qu’il faut : plaquettes de rechange ( les plaquettes sont pleines d’huile ) , insert et olive pour recouper la durite. Manque le liquide mais Albertville est une grande ville , je devrais trouver une solution. Ca va quand même me travailler la nuit qui n’est pas excellente.

Le lendemain, après un bon petit déjeuner, je trouve un petit garage auto . En effet, le liquide Citroen LHM est un parfait subsitut à l’huile Shimano, je l’utilise systématiquement vu qu’il coute 10 fois moins cher. Le garagiste à qui je demande une pince, une seringue pour purger me regarde d’un air surpris : mais. je suis garagiste , pas vélociste ? Je lui explique mon idée, et gentiment il me prête les outils. Moins d’1/4h plus tard le problème est classé, ouf . La prochaine fois j’emmène un piège à loup pour mettre au dessus du vélo dans le train !

Je rejoins Nicolas et Yann à leur hôtel pour un déjeuner très agréable.

Vers 15h , direction le mât olympique où se trouve le gymase de départ.

Retrait des dossards, préparation du drop bag, briefing, repas , le temps passe vite jusqu’à l’heure du départ.

Je retrouve Julian, un concurrent avec qui nous avions sympathisé l’année dernière et qui a pu rejoindre in extremis Albertville à 17h .

Histoire de compliquer les choses qui étaient bien trop simples depuis 2 jours, un orage est annoncé à l’heure du départ sur Albertville. Décalage à 20h30. Nous partons toutes les 30s. Quelques concurrents inscrits n’ont pas pu rejoindre Albertville, mais pas tant que ça. Avec mon numéro 1015 , je pars à 20h35 , derrière Jerome Blion numero 1013 et futur dernier finisher.

Je filme le départ de Nicolas qui démarre en 3ème position puis je m’élance.

Nous sommes sur une piste cyclable le long de l’autoroute en direction de Grenoble. Il y a des branches partout, l’orage a du être violent. Il tombe des gouttes, j’hesite à mettre ma veste de pluie , il ne fait pas froid et je n’ai pas envie de m’arrêter afin de bien rentrer dans ma course.

On est à l’Est, le ciel et noir, la luminosité est faible , il fait presque nuit malgré l’heure pas si tardive.

Dans la pénombre je me prends une branche cassée par l’orage qui pendouillait d’un arbre, merci le casque et les lunettes , pas de bobo mais ça fait du bruit ! Il y a des branches partout sur le sol.

La pluie se renforce de plus en plus, j’ai déjà les chaussures humides par l’eau qui remonte de la route.

Je me dis que s’il fait ce temps la nuit dans les montagnes, il va faire froid et que ce serait une bêtise d’être mouillé et frigorifié. Arrêt pour mettre la veste.

Des concurrents passent en me disant le traditionnel « Tout va bien ? Courage ! » . Ai-je l’air d’aller mal ?

Je repars et evidemment, la pluie s’arrête 15 minutes plus tard.

Il fait chaud et humide, je dois m’arrêter une nouvelle fois pour enlever la veste et éviter d’avoir trop chaud.

« Tout va bien ? Courage !  » me disent les quelques concurrents qui en profitent pour me dépasser.

L’expérience m’aide à résister à la tentation d’appuyer pour les redoubler. Parfaitement inutile, ce n’est pas maintenant que ça se joue.

Ca commence à monter et descendre et la moyenne qui frôlait les 30 km/h sur ce départ plat commence à descendre.

A l’approche de Grenoble , une montée terrible sur 2 km à 15% avec des pics à plus de 20%.

Beaucoup mettent pied à terre, je me félicite d’avoir monté mon monoplateau de 40 , en 40×44 je mouline et ça passe. Il faut quand même oublier la limite de puissance à 70% de la FTP , le GPS affiche 330W dans la partie raide.

Direction le Vercors où nous attend une bonne serie de grimpettes dont une de 4km à plus de 10% au km 140.

Un jeune concurrent parti bien après moi me dépasse à une vitesse incroyable , il pédale comme un forcené et me demande si je sais où est le premier. J’allais lui répondre que je n’avais pas la moindre idée mais il est déjà bien trop loin !

Je suis maintenant bien dans ma course. Les jambes vont bien mais les sensations ne sont pas exceptionnelles, je sens l’effet de la mauvaise nuit que j’ai passé où l’histoire de la durite de frein me travaillait.

Nicolas est devant, je n’ai pas idée de l’écart qui nous sépare mais je suis sur mon rythme et mon plan de marche et je sais qu’on finira forcément par se retrouver au hasard des arrêts de l’un et l’autre nos rythmes étant très proches.

La nuit est noire maintenant et nous sommes dans le Vercors sur de petites routes pas super roulantes , le revetement étant souvent abimé. Le Xroot fait merveille absorbant tous les chocs de la route mais le rendement s’en ressent. Des montées assez raides parfois , de belles descentes avec plein d’épingles. Je passe ma Fenix BC26R avant en mode plein phares pour bien anticiper dans les descentes.

Quelques detonations dans la montagne sur la gauche, des aboiements , et soudain 100m devant moi un grand canidé gris qui traverse en courant. Un loup ? Nicolas me dira plus tard s’être fait courser par les patous.

Petite pause prévue pour refaire le plein d’eau avant d’attaquer la fameuse montée du km 140 et ses 4km à 10/11%. J’utilise l’application onroutemap.de qui est vraiment top pour trouver points d’eau et alimentation. La fontaine est bien là mais le robinet est HS. Tant pis j’ai assez d’eau pour aller au prochain point. Au bout de quelques centaines de mètres je double un concurrent qui monte à pied. Pas bon signe pour être finisher de monter à pieds aussi tôt dans l’épreuve. Je l’encourage. « Ca va ? Courage !  » . Chacun son tour 🙂 .

On atterrit sur un plateau, je peux reprendre de la vitesse jusqu’à un cimetière qui permet cette fois de faire le remplissage. J’en profite pour manger un sandwich acheté avant le départ, ça fait du bien.

Grace à mes feux resté allumés , tout le monde repère le point d’eau et il y a bientôt autant de vivants que de morts dans ce cimetière !

Prochaine étape : le col de Menée , point culminant de la traversée du Vercors sur le parcours. Montée assez longue, il fait jour lorsque je rejoins le sommet suivi de la traversée d’un tunnel.

Un photographe nous attend à la sortie avant une longue descente qui fait enfin remonter la moyenne.

En bas, de nombreux concurrents sont devant une boulangerie, voilà un petit déjeuner qui s’annonce ! Le boulanger est super sympa . Je commande deux parts de flans ( une pensée pour Franck) et de quoi remplir camel et bidons.

Un concurrent s’affaire sur une chambre TPU, il a déjà crevé deux fois , plus de chambres, c’est ma dernière chance pour rejoindre la base vie me dit-il.

Je n’ose pas lui dire qu’il devrait rouler en tubeless mais je le pense très fort.

Un coup d’oeil à l’application de suivi , je suis surpris de voir que Nicolas est environ 45 minutes dernière moi car je ne l’ai pas dépassé sur le parcours. J’en conclus qu’il a du faire une sieste. Yann est plus loin mais avance régulièrement.

Après cette pause boulangerie, on a trois petits cols sur le parcours. Je me dis que ce sera une formalité. Il faut toujours se méfier de l’effet d’échelle. Ils sont peut-être moins hauts mais pas du tout négligeables. Ca monte à 7/8% et il y a 7/8 km à chaque fois.

Le premier est joli mais il commence à faire plus chaud. A moment où je rattrape un concurrent, il fait demi-tour en me disant qu’il a mal géré l’eau et qu’il va redescendre au village au pied pour remplir et ne pas risquer de se retrouver à sec.

Premier col passé, la descente est belle et rapide.

Du coup, ça remonte rapidement.

Au pied du 3ème , il y a un village avec une fontaine. La température grimpant en flèche , je fais un arrêt rafraichissement enlève casque , gants , casquette pour. bien me mouiller.

Ce dernier col est en plein soleil, pas d’ombre, je suis bien chaud au sommet mais les jambes tournent parfaitement et je monte au rythme prévu entre 180 et 200W pour rester en Z2.

Il y a ensuite 30 km en faux plat descendant qui permettent de bien remonter la moyenne en direction de Bollène , la première base vie où je pense arriver autour de 14h, plus ou moins sur le plan de marche, tout va bien.

Dans une petite montée, je vois un beau coin d’ombre et décide de faire une petite pause pour voir où j’en suis sur le parcours et localiser les copains.

Sur notre Whatsapp , je vois un étrange message de Nicolas « j’ai ton casque » . Que veut-il dire ?? Et là je réalise qu’après avoir mouillé ma casquette , j’ai complétement oublié le casque au bord de la fontaine !!! Putain quel con ! Avec le casquette qui serre un peu , je n’ai pas senti l’absence du casque. Voilà une « JP » bien sentie et un vrai miracle que ce soit Nicolas qui l’ait trouvé. Merci mon ange gardien !

Je n’ai plus qu’à transformer la petite pause en grande pause de 30 minutes et attendre Nicolas.

Il me rejoint , casque récupéré et nous repartons de concert en direction de Bollène. Il este à peine 50km et cette fois le terrain est en faux plat descendant, on devrait mettre moins de 2h

Les kms défilent, la moyenne remonte, ca fait du bien, car le Vercors était long à force de monter/descendre en permanence.

La chaleur augmente régulièrement et les 10 derniers km vont être compliqués, surtout pour moi. J’arrive à la base vie en mode ralenti, le moteur ne délivre plus de puissance d’un seul coup.

Heureusement, contrairement à Dignes en 2025, la base vie est top et il y a tout ce qu’il faut pour manger et se reposer.

Je fais un sort à une bouteille de Salvetat bien fraîche , et je m’alimente, y compris le bouillon de légumes recommandé par l’équipe médicale de l’organisation pour se réhydrater et recharger en sels minéraux.

La raison indique qu’il est inutile de viser la performance, la priorité est de se reposer. Je retrouve une nouvelle fois Julian , qui repart une heure avant nous, il est en forme et en mode performance bien qu’ayant aussi souffert de la chaleur ( il finira 35 ème au scratch)

L’étude météo du parcours montrait que les températures seraient supportables, sauf dans les 30 km avant et après Bollène. Les prévisions étaient justes.

Nous repartons vers 17h30, cette fois on est en retard sur le plan de marche mais ce n’est pas bien grave, on a de toute façon beaucoup de marge

Direction Malaucène où nous avons un gîte. Le hasard a voulu que le gîte réservé par Nicolas pour le 2ème jour sur le parcours initial, tombe parfaitement pour le premier jour du nouveau parcours. Coup de chance car il n’était pas annulable. Juste à changer la date.

Sur le profil , il y a environ 900m de dénivelé jusqu’à Malaucène distant de 60km. Ce qui m’inquiète au bout de 30km roulants. Puis 40 km. Ca annonce beaucoup de D+ en peu de kms … .

Et ça ne loupe pas. Ca se met à monter et plutôt fort. Il a beau être plus de 19h, il fait toujours bien chaud. Je laisse partir Nicolas pour un arrêt fontaine. Mais en repartant, même symptôme qu’avant la base vie : plus de puissance, je plafonne à 120W !

Et se profile une grimpette infernale à 15% . A 120W c’est impossible de monter ça, je suis obligé de monter à pieds. « Ca va ? Courage ! » . Cette fois les encouragements sont justifiés. Même à pieds , j’ai du mal à monter. Et ça n’en finit pas …

Le D+ continue, la marche m’a fait un peu de bien, j’arrive à me trainer à 140/150W mais c’est dur pour le moral . J’ai beau avaler le gel de la dernière chance, ça ne veut pas revenir. Message de Nicolas qui m’attend à un bar 7km plus loin. J’ai le moral à zero , je lui dit que je songe à abandonner tout en cherchant les trains sur mon téléphone pour rejoindre Mandelieu. Pas simple depuis ce coin …

Pendant que je discute avec Nicolas et que je cherche les trains, le soleil se cache , la température baisse d’un coup. « Attends d’avoir dormi pour décider » me dit Nicolas. Il a raison . Allez , je remonte sur le vélo , il faut rejoindre le gîte. Ca descend, ça fait du bien. Puis ça remonte fort, je me mets en danseuse, et là d’un coup , un frisson qui me parcours l’échine, le tableau de bord se rallume , les lumières se remettent à clignoter, le réacteur redémarre, le JP explorer qui était à la dérive reprend vie, les Klingons sont foutus ! . Capitaine Spock, vitesse lumière !

Me voilà en train de grimper à 400W , j’ai l’impression d’avoir une energie infinie. Mystère du corps humain.

Je retrouve Nicolas qui partait de son café et nous rejoignons Malaucène sans plus de difficulté.

C’est le moment de bien recharger les batteries, on se fait un bon diner resto et une nuit de 5h , l’important est de bien récupérer. Au resto nous discutons longuement avec un couple qui s’intéresse beaucoup à la RAF. Je fais une croix sur le podium de catégorie mais je suis à nouveau motivé pour finir le parcours. J’ai peur de ne pas arriver à dormir tellement je me sens en forme mais en fait , aucun souci !

On démarre le matin à 6h pour la montée du Ventoux. Je sens immédiatement que les jambes sont bonnes , oublié les soucis !

La montée est belle au petit matin, et nous montons bien en rythme. 2h30 pour rejoindre le sommet, en limitant la puisssance et avec le chargement , c’est mieux qu’espéré. On discute souvent avec les nombreux cyclistes qui passent mais on en dépasse aussi malgré notre chargement.

Le temps de prendre la photo souvenir , et nous filons sur Sault

La descente est toujours aussi monotone, suivie d’un petit déjeuner à la boulangerie à Sault.

Nous voilà partis en direction du Vercors. Il fait chaud mais c’est raisonnable, pas d’impact sur les jambes cette fois. Par précaution j’ai augmenté la fréquence d’hydradation. L’alimentation glucidique, j’abandonne : ça ne passe pas avec la chaleur, retour aux bonnes vielles méthodes. Je reviendrai à la maison avec 80% des gels et poudres que j’avais emmené !

Nous sommes au pays de la lavande,c’est magnifique

Le rythme est bon, et je découvre que j’ai repris la 2ème place. Finalement tout le monde a le même souci et le rythme est comparable.

On fait une pause déjeuner à Manosque. Alors que je suis en train de choisir quoi manger au supermarché local , je réalise que j’ai du quand même prendre un coup de chaud. Un gros coup de chaud ! Dans une hallucination improbale , je vois l’ami Steven Le Hyaric qui arrive vers moi avec un grand sourire ! N’importe quoi !

Mais non, ce n’est pas une hallucination, c’est vraiment Steven !! Trop content de le voir, on papote 5 minutes. Reco pour un Gravelman ? Non il est sur son terrain d’entraînement avec son mécano. Coincidence incroyable ! Il me passe un message amical pour les copains avec qui nous faisons souvent des Gravelman : Benjamin, Ludo … vraiment sympa !Ca me booste bien !

Nous voilà repartis, direction Mandelieu , 1er passage .

Les montées sont beaucoup plus roulantes, rendant le D+ pourtant significatif, beaucoup plus facile. Ca ne fait pas mal aux jambes.

On fait des pauses cimetières et fontaines dès que possible pour se rafraîchir et éviter un coup de chaud.

Arrivée au Lac de Sainte Croix, magnifique !

Une pause créperie très sympa, la crêpe est énorme et me fait beaucoup de bien. Dans le même temps, Ludo nous dit qu’il arrive dans le camping d’ici 2h . Incroyable coincidence , on aurait presque pu se voir. Décidemment tout le monde est dans ce coin.

Nous voilà repartis pour le dernier segment. Même si ça continue de monter et descendre c’est roulant, et on avance bien. SMS de mon fiston , fan du PSG qui me dit « on a retrouvé Dembouz » . Ah oui c’est vrai il y a France-Norvège. Du coup , Nicolas met le match sur son téléphone ! Marrant.

On rejoint Mandelieu sans autre difficulté en fin de journée. Repas à la base vie , climatisé et on rejoint l’appartement que. j’ai loué pour 3 jours, climatisé aussi.

Nicolas n’a pas envie de repartir. Il est vrai que le concept de refaire une boucle depuis Mandelieu est peu motivant. Le but de la « Race Across » est d’arriver à Mandelieu. Comme dit Nicolas , ce n’est pas une « Race Around ».

De mon coté, aucun doute. Les jambes sont parfaites depuis le matin, je veux boucler le parcours , finisher un jour , finisher toujours . Et puis je suis 2ème des plus de 60 ans !

Pendant que Nicolas abandonne, je mets le réveil pour dormir 3h et attaquer la dernière boucle vers 3h du matin . Il y a presque 3000m de denivelé sur les 80 premiers km, autant les faire à la fraîche.

Douche rapide et dodo ! Je mets mon masque sur les yeux .

Je me reveille naturellement, enlève le masque et … il fait grand jour !!!

Oulalala , il y a un gros souci là . Je regarde ma montre , il est 6h45 . Le reveil n’a pas sonné. Pour le coup je me sens bien mais c’est la catastrophe. Je regarde le classement, pas si dramatique , j’ai perdu 20 places au scratch et me suis fait doubler pour le podum par mon poursuivant mais il est à peine 1h. devant. J’avale un café , m’habille et je decolle me disant que je prendrai le petit dej à la première boulangerie ouverte.

La montée du Tanneron depuis Mandelieu est bien plus raide que dans l’autre sens. J’y double de nombreux concurrents qui avancent tout doucement. Ca me motive ! Je remonte déjà

Je prends le petit déjeuner au Carrefour Market du Tignet. Je ne lésine pas sur la quantité.

Pour repartir, il y a une bosse. Une bosse terrible . Une bosse abominable . 25% de moyenne sur 1km. Immontable. Même à pieds , je glisse avec les cales routes que je fusille au passage. L’idée d’étrangler Pascal Bride le traceur me pousse jusqu’en haut.

La suite des 80 premiers kms est dure. Ca monte tout le temps et plutot raide. Mais les jambes vont bien. Je maintiens ma puissance cible autour de 180W et il n’y a plus qu’à attendre d’arriver en haut.

Ce qui est fait au col de Bleine .

Ensuite , les 120 km suivant ne sont pas « faciles » mais comme la veille , les bosses sont roulantes donc ça ne fait pas mal aux jambes.

Un arrêt magique chez un petit primeur où je mange la meilleure salade de raviolis de ma vie et dévore avidement des fruits frais.

Je repars en pleine forme , direction Mandelieu pour la seconde fois , un peu étrange mais maintenant, je ne pédale plus je vole. J’enlève le limiteur de puissance. Plus besoin.

Soudain, le téléphone sonne c’est Yann. Je m’arrête pour décrocher. Il vient d’arriver pour le premier passage à Mandelieu mais l’organisation veut changer les délais et les raccourcir au dimanche midi au lieu de 20h . Incroyable . Ca ne se fait pas en cours de route. Yann est furieux à juste titre. Finalement, il va reussir à convaincre les organisateurs de changer d’vis et on recoit tous un message disant que les délais sont confirmés à 20h. Mais cette histoire à couté de l’influx à Yann qui ne repartira pas. De nombreux concurrents lui doivent une fière chandelle, sans lui , ils ne seraient pas finisher. Je croiserai d’ailleurs tout une file de vélo qui repartait sur la dernière boucle en arrivant près du Tanneron.

Petite pause à 25km du but pour une petite glace qui me faisait envie. Achetée dans une épicerie, je la mange assis sur le trottoir. Une hollandaise en BMW s’arrête à coté de moi et … jette une pièce dans mon casque avec un regard plein de pitié pour le pauvre SDF qu’elle voit en moi !

Dernier Tanneron que je sens à peine passer, et me voilà à Mandelieu , 2ème U60 et finisher, 82ème au scratch ( le top 100 était aussi un objectif ) . Yes ! La résilience aura été le mot d’ordre sur cette édition qui restera dans les annales avec les interdictions et multiples reconfigurations liées à la canicule.

Le lendemain, je retrouve Julian et nous discuterons longuement vélo autour d’une bière et d’un déjeuner. C’est un des aspects de ces aventures que je préfère, on y fait de belles rencontres.

Avec Julian
Les plus belles images de notre course

Week-end club BikeXplore 2026 sur la Cyclo Montagnarde des Volcans

Lors de la création de BikeXplore, nous avions inscrit dans le projet de relancer les week-end club à la demande de nos adhérents. L’idée était de profiter d’un moment en groupe tout en participant à une épreuve qui permette à tous les niveaux de prendre du plaisir.

Après quelques itérations, nous retenons la Cyclo Montagnarde des Volcans à Mozac près de Clermont-Ferrand. Il y a des petits parcours mais aussi un 240 km avec presque 5000m de dénivelé qui permet aux finishers d’obtenir le Brevet Montagnard . Il y a même un parcours 300km mais il faut aussi penser au retour à la maison le dimanche soir. Il s’agit d’une épreuve historique qui n’a pas eu lieu depuis 30 ans mais redémarre cette année.

Au final, nous sommes 7 inscrits dont Franck notre nouvel adhérent qui fera le parcours en 2 jours avec Catherine son épouse . Les parcours sont très bien conçus et tout en faisant le parcours découverte moins exigeant, Catherine arrive à la Bourboule le premier jour, comme Franck. Bravo aux organisateurs pour avoir vraiment bien pensé leur épreuve !

Nous avons réservé au camping Ranch des Volcans à Châtel-Guyon, un peu par défaut car les hébergements de plus de cinq places à proximité du départ étaient très peu nombreux. Le camping se révélera un très bon choix : petit parc aquatique, bonne bière, bon resto et mobile home bien aménagé.

Départ le vendredi en début d’après-midi pour Pascal, Olivier et moi , pendant que Ludo et notre trésorier OliVttiste partent vers 17h30 tout comme Franck et Catherine.

Juste avant de mettre le vélo dans la voiture, je découvre que le derailleur electronique avant ne repond plus après 2 ans de loyaux service. Pourtant il est bien chargé. Je tapote dessus, ça remarche. Hum … bizarre mais mon optimisme légendaire prend le dessus et je classe l’incident.

Voiture bien chargée au départ avec 3 vélos et les bagages
Une petite mousse à l’arrivée

Samedi , Franck et Catherine partent pour leur parcours en 2 jours avec l’option montée du Puy de Dôme pour Franck, insatiable !

Pendant ce temps , nous sortons tous ensemble récupérer les dossards pour le lendemain et faire une petite sortie groupe pour découvrir l’environnement. C’est une première en montagne sur route pour Pascal notre vététiste mais il s’en sort brillamment et découvre le pouvoir du coté sombre de la Force ! De mon coté, le dérailleur semble fonctionner normalement, ouf !

On profite de la récupération des plaques pour faire une photo sous l’arche. de départ en plein jour

Notre balade se révèle très agréable, malgré les 700 mètres de dénivelé pour 40km , les montées ne sont pas raides et ça passe en douceur. Et la descente en forêt sur une petite route déserte est un vrai bonheur.

Alors qu’on approche du camping, mon GPS se retrouve pendouillant à la dragonne mais plus de peur que de mal, l’adaptateur quart de tour s’est juste dévissé , ce qui explique les vibrations que je ressentais depuis quelques sorties. Déjeuner au camping où le restaurant se révèle excellent avec un très bon hamburger au Saint-Nectaire accompagné de frites maison.

Pendant que les copains vont faire la sieste, je revisse le support bien comme il faut et teste une dernière fois le dérailleur avant. Gasp : rien ne bouge. Je secoue comme au départ de Brétigny ( il y a un capteur d’accélération pour le sortir de veille) : rien . Je tapote : rien . Je tappe : rien . Je frappe avec l’energie du désespoir : toujours rien . Me voilà donc désespéré. Comble de malheur, il est bloqué dans une position intermédiaire qui ne permet ni d’utiliser le petit ni le grand plateau. Au secours !

Je me raisonne : « JP , tu sais qu’il t’arrive toujours des trucs improbables mais que ça se finit bien, donc ça va bien finir! »

Les copains se reveillent et partent à la piscine pendant que je saute dans la voiture direction un magasin de bricolage pour acheter les outils permettant de démonter la batterie et d’accéder à l’intérieur du dérailleur. La batterie étant chargée à 100% , je soupconne un faux contact documenté sur internet au niveau des pinoches de connexion de la batterie.

Par chance je trouve le bon tournevis ( vis torx de 1.5 ) , je démonte et je vois un contact oxydé. Je nettoie et remonte en priant très fortmonange gardien. Prière entendue, ça fonctionne. Mais en tentant dans l’après-midi de bricoler le dérailleur dans tous les sens pour rendre au moins le grand plateau utilisable en serrant les vis de butée , j’ai tout déréglé . Soit le petit plateau fonctionne sans frotter soit le grand mais pas les deux … . A force de bricoler, j’arrive à un réglage bancal, ça devrait suffire. Trop compliqué et hasardeux de reprendre le réglage à zéro à cette heure.

Nous partons dîner au Bistrot Régent dans le Casino de Châtel-Guyon. Nous décidons de ne pas jouer la trésorerie du club

Très bonne adresse et excellent repas avec salade et frites maison à volonté. Un petit coup d’oeil sur PSG-Arsenal sur un écran géant dans le hall du casino, puis on fait un petit tour dans le parc des sources de Châtel Guyon, l’endroit est charmant. Retour au camping. Il fait vraiment très chaud et les températures ne devraient pas redescendre en-dessous de 25° la nuit !

Après une courte nuit rendue délicate par la chaleur et les chants de victoire des supporters du PSG , lever à 3h pour filer au départ. Nous emmenons les voitures pour gagner du temps au moment de repartir.

4h30 , nous voici sous l’arche de départ une nouvelle fois mais pour de bon cette fois-ci avec les tenues officielles BikeXplore.

Pascal partira de jour pour le parcours découverte.

Nous voilà donc en route pour 233 km et 4700m de D+ , sous une chaleur jamais vue en pleine nuit à cette époque de l’année. Atmosphère tropicale. Je me dis que nous allons souffrir avec une telle météo. Les sites météo prévoient tous chaleur et soleil pour cette journée.

Curieusement, je sens ma chaîne sauter par moment. Ce n’était pas du tout le cas hier. Très agaçant, ça va me pourrir la journée me dis-je. Pensant que j’ai déréglé le dérailleur arrière en réglant l’avant ( ça va vite de taper au mauvais endroit avec le tactile … ) , je tente un réglage en roulant . Très mauvaise idée. Je dérégle tout et je vais passer 30 minutes à refaire le réglage je ne sais combien de fois. Jusqu’au moment où dans une petite bosse raide, je me mets en danseuse et entend un gros « crac » avant que les pédales ne se mettent à tourner dans le vide et que je voie la chaîne par terre.

Non ! C’est un cauchemar !! Et je réalise qu’énervé par le problème du dérailleur hier, j’ai oublié de mettre le petit sac avec quelques pièces de rechanges dont un maillon rapide, dans ma sacoche. Comment réparer sans maillon rapide ? Et les copains n’en ont pas non plus. Mais quel crétin , je le prends toujours, comment ai-je pu oublier. J’engeule mon ange gardien, il a loupé son coup cette fois. Ca s’annonce très mal. Retour au départ pour aller la chercher dans la voiture ? Ca descend, possible mais grosse perte de temps. Mon moral descend encore plus bas que la pente. Un mot inderdit dans mon cerveau de finisher commence à faire son chemin : ABANDON. Non JP , il faut y croire !

Heureusement, Ludo a une frontale . Un maillon s’est ouvert mais par miracle le rivet n’est pas parti. C’est ce maillon qui causait les sauts de chaîne, pas le dérailleur. Comment est-ce arrivé alors qu’il n’y avait aucun souci la veille, c’est le mystère … mais c’est arrivé !

Avec précaution, on pousse le rivet vers l’extérieur pour avoir la place de refaire passer le maillon suivant, puis on repousse à nouveau le rivet en place grâce à mon derive chaine, tout en en profitant pour bien détordre le maillon. Peu de chance que ça tienne … mais la chaîne est à nouveau en place. Le maillon a même une bonne tête. Je prie pour trouver un maillon rapide 12V sur un des prochains CP. Pour l’instant, c’est un petit miracle . Merci l’Ange t’es trop fort 🙂

N’arrivant pas à régler correctement le dérailleur avant et très énervé et frustré par ces soucis mécaniques qui m’empêchent de me mettre dans l’épreuve, je décide de faire simple : je régle le dérailleur au max vers l’extérieur , condamnant le petit plateau et décidé à faire tout le parcours sur le plateau de 48. De la folie ? Pas tant que ça : j’ai une cassette 10-36, ça fait quand même un ratio correct et je table sur des pentes modérées comme la veille.

Nous repartons, il faut toujours aussi chaud. Nous savons que les 25 premiers km sont en montée, heureusement que j’ai pris deux gourdes car la consommation d’eau est déjà significative.

Grosse suprise: dès que nous changeons de versant, on se retrouve … dans la brume et la température chute de 10 degrés ! Il y a même une petite bruine pas du tout prévue au programme. La météo en montagne est rarerment une science exacte.

Premier CP au km 55 à Rochefort la Montagne . Je sors le coupe vent que j’avais beaucoup hésité à prendre, comme quoi , il faut toujours l’emmener sur ce type d’épreuve ( et un maillon rapide aussi hein ! ) Les copains ont des manchettes, je les envie et regrette de les avoir laissées dans la voiture. Rien de dramatique, il fait quand même 15 degrés.

Super ravito : sandwichs, fromage, saucisson, fruits secs , bananes, eau plate ou pétillante,coca , un nouveau bravo aux organisateurs !

Les aléas mécaniques du début sont oubliés. Le vélo fonctionne bien, et je n’ai pas souffert de l’absence du petit plateau pour l’instant. Je me sens enfin à 100% concentré sur le parcours et les magnifiques paysages que nous traversons. Evidemment, je dois croiser un peu trop la chaîne par moment mais c’est un moindre mal même si Olivier s’en inquiète.

Parcours magnifique, sur de jolies routes désertes et bien vertes. On se régale, que notre pays est beau !

Direction la Bourboule pour le CP2. Cette fois , on a quelques cols serieux : le col de Guery , la Croix Saint Morand et surtout la Croix Saint Robert, plus pentu. La pente reste toutefois gérable, et je prends du plaisir dans ces ascensions ! Très belles vues, jolies routes que demander de plus !

Les descentes sont fluides et rapides, il faut s’employer pour suivre notre Olivvtiste qui dévale à toute vitesse après avoir géré dans la montée. Heureusement que j’ai choisi de bloquer la transmission sur le grand plateau plutôt que le petit ! 🙂

Dans la descente de la Croix Saint Robert qui nous emmène à la Bourboule , il y a des centaines de concurrents … qui montent . Cela interpelle Ludo qui s’arrête pour savoir si nous sommes dans le bon sens. Mais il s’agit d’une autre épreuve. Je ralentis par moment car ils roulent à plusieurs de front et j’ai un peu peur de me retrouver nez à nez avec un concurrent du mauvais coté de la route dans un virage.

Entre l’arrivée en ville et le CP2 , il y a une montée de quelques centaines de mètre avec un gros pourcentage. C’est limite sur le grand plateau, je suis en danseuse à 30 tours/min mais ça passe , heureusement, ce sera une des seules pentes raides sur parcours. Petit entraînement de force.

Nouveau ravito au top, avec des bénévoles aux petit soins. On tamponne notre carnet de brevet. Doublé d’un test de l’appli Chronokey qui fait le pointage automatique. Il est 10h30, nous avons bien avancé mais pas assez vite pour que Franck qui repartait de la Bourboule pour son 2ème jour vers 9h puisse rouler avec nous. Aurait-il saboté ma chaîne dans l’espoir de ralentir l’équipe des super grimpeurs BikeXplore ? Nul ne le saura jamais !

Ca monte pendant 7km pour repartir, avec une bonne pente. Surement une des montées les plus pentues mais ça passe encore une fois avec le grand plateau.

La suite est légérement plus roulante, nous emmenant vers Super Besse. Il reste quelques traces de neige sur les sommets.

Super Besse

Le temps a changé une nouvelle fois et il fait à nouveau très beau . Youpi !

La descente depuis Super Besse est ultra rapide : une grande ligne droite bien bitûmée où chacun va battre des records de vitesse.

On fait une petite pause regroupement en bas de la descente et le temps de remonter sur le vélo , Ludo et Olivvtiste sont passés comme des missiles dans un petit groupe. Une première sur ce parcours car nous n’avons vu personne jusqu’à maintenant.

Pas facile de revenir sur le groupe, impossible sur le plat mais à la faveur d’une petite montée , j’envoie tous les watts disponible pendant 300m et me rapproche à quelques encablures avant de me rappeler que ma chaîne est réputée fragile ! Je calme le jeu , il y a un CP « point d’eau » à quelques centaines de mètres, inutile de forcer.

Très bonne idée ce point d’eau , il commence à faire bien chaud.

25 km plus tard,nous atteignons le CP3 où nous avons droits à des tables et une assiette de charcuterie. On en profite pour bavarder avec un concurrent de l’aerospatiale à Toulouse qui faisait partie du petit groupe et avec qui on va rouler souvent sur la fin de parcours au gré des montées et descentes.

Les montées sont moins longues sur cette seconde partie. Nous passons par Saint-Nectaire , joli village réputé pour son fromage mais aussi de pentes particulièrement raides. Heureusement les jambes tournent toujours parfaitement car le premier km d’ascension se fait en danseuse pour moi, le petit plateau aurait été bien utile ici !

Nous voilà dans les 50 derniers km. Enchainement de petites bosses entre 850 et 950m d’altitude. Jamais trop long ni trop dur même si la répétition use.

Et la récompense finale arrive avec les 15 derniers kms en descente, on gagne quasiment 1km/h de moyenne sur cette partie. Le parcours est vraiment bien conçu car on a très peu de parties urbaines jusqu’à l’arrivée.

Après 11h de roulage , 4700m de D+ et 13h au total, la Team BikeXplore franchit la ligne groupée !

A l’unamimité , nous avons adoré ce week-end et cette belle région d’Auvergne qui permet de très beaux parcours sans jamais être extrème. Ca ajoute au plaisir car nous avons tous pu profiter au maximum ! A refaire !

Evidemment, je ne pouvais terminer ce compte-rendu sans un remerciement sincère à mon Ange Gardien. La chaîne a tenu !

Vendredi 08/05/2026 : BRM 600 Tour de la Manche

L’année dernière, Sam attire notre attention sur une épreuve qui lui semble très intéressante, le Tour de la Manche. Un rapide coup d’oeil sur le site de l’organisation confirme tout de suite que Sam a raison. Le parcours fait le tour du Cotentin et s’annonce magnifique mais aussi relativement difficile avec le reliet local. Départ le 8 Mai, ce qui est idéal et aussi bien positionné sur le calendrier 2026 pour préparer la RAF qui part le 24 Juin. Cerise sur le gâteau, la distance nous rendra prioritaire aux inscriptions du Paris-Brest-Paris 2027. En résumé : adjugé , on y va !

Les inscriptions ouvrent quelques semaines plus tard. Il parait qu’il ne faut pas tarder et que les places partent vite. Nous voilà donc un dimanche à 18h devant les claviers. Je discute 2 minutes avec ma femme, il est 18h04 quand je me connecte. Et là, la catastrophe : en 4 minutes, tout est parti !! Nicolas a le même souci. Je suis dégoûté !

Avec 2h à retenter au cas où quelqu’un se désisterait, miracle, ça passe, tout comme pour Nicolas, c’était in extremis car nos petits camarades qui n’avaient pas encore cliqué resteront en rade.

Je me mets à la recherche d’un gîte pas trop loin du départ, et je trouve à 3km. Il y a cinq places, je réserve et on verra bien qui en aura besoin en temps utile.

Entre temps, nous avons d’autres belles aventures prévues , le Tour de la Manche passe un peu en arrière plan dans mon esprit.

Et finalement le printemps arrive, le sujet redevient d’actualité et commence a faire parler au sein de la Team BikeXplore . Quelle stratégie, quel vélo, quel pneu , quelle alimentation etc … Comme dans toutes les aventures ultra-distance, la préparation est un sujet à part entière et une partie de l’aventure à elle toute seule.

Pour ma part, l’objectif de l’année reste la RAF 2026 et je vois cette épreuve comme une excellente préparation. Une analyse de la RAF2025 montre qu’il y a un grosse marge d’amélioration dans les temps d’arrêts et par voie de conséquence également sur la stratégie d’alimentation et la gestion de l’effort.

Pour ce Tour de la Manche, outre le plaisir à rouler sur un parcours magnifique ( mais j’étais loin de m’imaginer à quel point ), je viserai donc de boucler le parcours en 30h environ , avec 3h d’arrêt au maximum, tout en mettant en place la fameuse stratégie d’alimentation à base de glucides qui fait parler le milieu du cylisme ces derniers temps. Pour la faire fonctionner, il faut la tester à l’entraînement pour entrainer l’organisme et ne pas risquer la nausée. Ce que je fais donc dès le début d’année. Je me lance même dans la fabrication de mes propres gels energétiques, c’est rigolo et ça me permet de leur donner le goût que j’aime.

Si cette approche me tente, c’est que j’ai du mal avec l’alimentation solide sur ce type d’épreuves. J’ignore pourquoi mais impossible de manger des barres par exemple, aucune envie et impossible de les avaler sans m’étrangler à moitié. Je finis par arriver à fabriquer une recette de petites galettes de gel à la fraise, une sorte de bonbon géant délicieux et que je peux manger avec envie et digérer facilement.

Bref, après toutes ces réflexions et une étude attentive du rythme a adopter avec l’aide du capteur de puissance, l’échéance approche.

Karine ayant prévu des vacances en Mai, c’est finalement l’occasion d’aller une semaine au vert en Normandie près du départ, j’ai la chance de pouvoir travailler de partout. Ne voulant pas la laisser toute seule pendant 2 jours je me fixe comme objectif d’être rentré à 14h à la maison le samedi. Un objectif c’est important pour garder la motivation à avancer lors des coups de moins bien.

Etude attentive de la météo qiu n’arrête pas de changer. La chance semble de notre coté avec du beau temps annoncé sur tous les sites jusqu’au samedi après-midi.

Sam et Ludo viennent en camping car, Benjamin et Nicolas en famille et nous nous retrouvons à deux avec Yann dans le gîte la veille du départ prévu à 6h le vendredi.

Le gîte n’est pas aussi top que Booking le laissait penser, on fera avec. Vendredi 5h20, après le petit dej , Yann met le nez dehors et me dit « il pleut! » . Hein ? Mais la météo annonçait du soleil tout le vendredi. Je sors aussi, ça pluviote à peine, mais assez pour que je revise ma tenue. Je range le coupe vent sans manche et le troque contre la veste Shakedry à l’épreuve de toute pluie.

Nous voilà à 10 min du départ. Cette fois, il pleut vraiment. J’ai mis les couvre-chaussures tout au fond de la sacoche, je n’avais pas du tout envie de tout sortir mais je le fais quand même pris d’un mauvais pressentiment. La pluie sème une confusion totale au départ, tout le monde est en train de se changer ça coure partout. On ne sait plus trop où est qui et on ne part pas tous ensembles, neurones pas complétement réveillés. La prochaine fois, il faut qu’on se donne une consigne de regroupement plus claire, leçon apprise.

C’est parti sous une pluie maintenant assez forte, la route est trempée. Je suis bien content d’avoir l’équipement adapté qui m’évitera d’être trempé pendant les presque 3h de pluie.

On ne sait pas trop où sont Sam et Ludo, mais je me dis qu’on va au pire se regrouper au premier CP.

En observant les concurrents autour de moi , je devine des stratégies très différentes. On voit pas mal de vélo très peu chargés ce qui signifie forcément une stratégie avec des arrêts.

Dans notre groupe, Ludo et Sam les locaux de l’étape ont prévu de s’arrêter diner et dormir un peu chez leurs parents à Donville, Nicolas a aussi de la famille sur place mais hésite entre dormir ou pas. Yann fait comme moi une répétition de la RAF donc en roulant toute la nuit et Benjamin avisera en fonction de ses sensations.

Nous passons par le beau village de Barlfeur pour rejoindre le CP1 au Phare de Gatteville au km 34, le jour se lève avec de belles couleurs

Comme on fait un aller-retour pour atteindre le phare, on croise Ludo et Sam, on se regroupera au CP2 finalement.

A l’approche de Cherbourg il fait maintenant un temps magnifique

Dans ma stratégie d’alimentation, la boisson joue un rôle important, avec une bonne dose de poudre de glucose/fructose qui assure la moitié des 60g de glucides par heure. Petit souci : par ce temps froid et pluvieux, je dois m’arrêter souvent pour faire pipi 🤪. Je perds Benjamin, Yann et Nicolas. Heureusement un groupe qui roule fort me double. Je saute dans les roues. Sur le plat, ça reste compatible de mes objectifs de puissance mais ils montent les bosses comme pour une sortie normale et là je suis complétement en dehors des clous. Tant pis, c’est juste de le temps de rattraper les copains et il y a plein de filles dans le groupe c’est plutot sympa 😉.

Je rattrape Yann et Nicolas. Mais où est Benjamin ? « Il a accéléré, il est devant » . Bon, Benjamin n’a donc pas résisté à écraser les pédales mais ce n’est pas idéal pour la suite de l’épreuve. Encore un peu de coaching à faire !

On arrive dans une zone magnifique. On se croirait en Irlande, j’adore . Je me dis qu’on va devoir planifier un séjour dans ce coin.

Si le parcours était sans grande difficulté jusque là , ça se corse nettement et on enchaîne les bosses. La moyenne qui était à 27 km/h chute de plus en plus. Et nous savons que la bosse la plus raide du parcours avec 18% nous attend à la Hague.

On arrive au CP2, le Nez de Jobourg km 107 . Regroupement général de toute la Team BikeXplore.

On enlève les équipements de pluie et la tenue chaude pour passer en mode été. Le temps est maintenant magnifique et contribue au plaisir de rouler malgré les bosses de plus en plus difficiles.

Point d’arrêt boulangerie prévu à Flamanville. En passant devant la fameuse centrale on s’amuse d’un restaurant appelé « L’ Atôme Gourmand » . Yann et Benjamin s’arrêtent avant nous, pour ma part , je ne les reverrai plus.

On se retrouve avec un petit groupe sympa et cela aide à remonter la moyenne en prenant des relais. Le vent est moins défavorable que prévu mais bien présent.

CP3 aux cabanes de Gouville km 226

Tout va bien, les jambes sont bonnes, nous sommes en milieu d’après-midi , Sam et Ludo seront à l’heure pour l’apero chez leurs parents. On traverse Coutances sur la route de Donville, en pleine fiesta ,il y a de l’ambiance. Nous sommes sur de belles routes avec un bon rendement bien que ça monte de temps temps. Ca permet d’avancer vite et c’est agréable.

Nous voilà à l’appoche de la maison des parents, j’ai la chance de les connaître par d’anciennes aventures et nous faisons un petit stop pour dire bonjour.

Malheureusement, impossible de rester, pour ma part , il faut arriver au supermarché de Granville avant la fermeture ( on est un 8 Mai ) pour acheter à manger pour le dîner et la nuit. Et accessoirement, changer la pile de ma cocotte gauche qui est HS. Sans conséquence, car étant en mono plateau ( 44/10×44 12V) , je peux tout commander avec la droite, heureusement. Je m’en veux, je savais qu’elle était à changer mais j’ai oublié.

Nicolas décide de stopper pour le dîner et un petit somme chez son cousin.

Me voilà donc seul pour la nuit. Du moins sans les copains. La Pointe du Roc à Granville était le CP4 au km 280, direction maintenant le Mont Saint-Michel, CP5 km 347.

Après quelques bosses en sortant de Granville, le parcours devient plus roulant mais avec un vent plutôt defavorable. Je rattrape un concurrent , nous discutons. Il a mal au dos, conséquence d’un accident avec une voiture l’année précédente pas dont il garde des séquelles. Il craint de ne pas pouvoir atteindre le gîte qu’il a reservé. Il me demande s’il peut rester dans ma roue, ce que j’accepte volontiers en adaptant le rythme pour ne pas l’obliger à de gros efforts. Je me dis que c’est win-win. La nuit se fera sur le retour dans la Suisse Normande, pas le moment de gaspiller de l’énergie.

Arrêt photo pour prendre un cliché du Mont Saint-Michel. Il semble tout près mais il reste pourtant 35 km pour y arriver !

Un autre concurrent nous rattrape, me double, puis repasse derrière … puis disparait à jamais. Etonnant !

On approche du Mont Saint-Michel par de longues pistes gravel , je me souviens de notre aventure bikepacking sur la Véloscénie. Je rattrape le groupe rapide que j’avais suivi tout au début après ma pause pipi. Ils sont arrétés pour régler un problème mécanique.

Arrivée au Mont Saint-Michel avec une nuit archi noire : je ne reconnais rien du tout, à se demander où je suis vraiment ! Pas de stop pour l’omelette de la Mère Poulard mais un petit arrêt pour enfiler les couches noctures avant d’attaquer la Suisse Normande et le vent de face. J’installe ma frontale sur la casque, en plus de la lampe avant. Je suis un peu inquiet de la trouver allumée dans la sacoche. Depuis combien de temps ? Il. y a un risque qu’elle s’éteigne. Pas inquiétant, j’ai la lampe avant et la possibilité de mettre ma frontale en charge si besoin. Bon, je n’ai pas pris la batterie de secours de la frontale et à cet instant je le regrette un peu.

Direction Mortain, ça va être la partie la plus dure du parcours, je fais attention de garder le rythme prévu.

Le fameux groupe me double , puis je reviens sur eux sans avoir rien changé dans mon rythme avant qu’ils repartent comme des balles. Pas très « ultra » leur rythme très inconstant.

Me voilà maintenant de nuit, sur des routes désertes, traversant quelques villes et villages endormis. J’adore cette sensation, j’ai le sentiment que le monde m’appartient. J’écoute les animaux qui font du bruit, je regarde passer les innombrables chats. Un seul lapin. Un blaireau. Pas de loup, pas d’ours.

Je mange mes fameuses galettes energétiques délicieuses et qui fonctionnent. J’ai un sandwich dans mon sac pour le milieu de la nuit. Je suis pile dans le timing prévu, je suis content , le plan s’éxecute parfaitement.

Soudain, vers le mileu de la nuit, j’ai le sentiment que je vois moins bien la route. Je passe la main devant la frontale, aie ! Comme redouté, elle a du rester allumée longtemps et l’autonomie normalement de 12h s’est drastiquement réduite. Zut ! Arrêt imprévu pour la sortir du casque et la mettre en charge. Re-Zut ! un sachet de poudre s’est ouvert dans la sacoche et pollue le cable USB-C de recharge. Et précisement, il ne fonctionne plus 😰.

Je tente de nettoyer tout ça pendant quelques minutes. Rien à faire ça ne charge pas. Tant pis, la lampe suffira . Cette fois je regrette VRAIMENT de ne pas avoir pris la batterie de rechange. Le souci est que sans la frontale c’est compliqué d’attraper la nourriture dans la sacoche , on en voit rien. Idée : j’ai mon gilet reflechissant avec une diode clignotante. Je l’allume, pas terrible mais je vois à peu près la sacoche. Trop fort JP ! Effet secondaire, la diode est verte et la couleur des aliments pas très apétissante.

C’est reparti, un peu refroidi pas l’arrêt imprévu mais les bosses réchauffent vite.

Tient, cette fois je n’y vois plus rien. Extinction de la lampe. Ca c’est normal et prévu, je savais qu’elle était en fin d’autonomie. J’ai une batterie de rechange, mais sans la frontale c’est plus compliqué. Reste le flash du téléphone. Je m’affaire, sort la batterie de rechange … pleine de poudre. Oulala , pourvu que …

Et là : le drame . Ca ne fonctionne pas , plus de lumière, plus de cable de recharge, plus de frontale, batterie de rechange HS : le truc totalement impossible mais c’est arrivé . Un chien hurle à la mort à proximité , il ne manquait plus que ça , je vais me faire bouffer par un loup cette nuit.

Gros coup au moral, me voilà potentiellement coincé jusqu’au lever du jour. Mais quelle andouille , pourquoi n’ai-je pas protegé l’équipement electrique dans la sacoche. Grand moment de desespoir. Je visualise ma petite femme qui m’attend. Foi de JP , tu vas trouver une solution, tu sais bien que tu trouves toujours une solution ! je me rappelle d’un concurrent de la RAF qui a fait la moitié d’une nuit avec le flash de son téléphone. Ouais bon, je le sens pas trop cette idée là.

Et soudain : mais oui, la dragonne de la powerbank est en fait un cable USB intégré. Trop court pour la lampe mais si je fixe la powerbank sous les prolongateurs avec des colliers Rilsan je peux alimenter la lampe qui fonctionne aussi en alimention directe.

Je me lance fébrilement dans le montage à la lueur du téléphone, heureusement j’ai un stock de colliers Rilsan. J’arrive a bien fixer le tout, je branche, et la LUMIERE FUT ! 😊

Ouf j’ai eu chaud, plan A KO , plan B KO , mais le plan C a marché . Comme quoi on a jamais trop de backup. Plus jamais je ne pars sans la batterie de rechange de la frontale Stoots et sa petite lampe Minix qui aurait pu aussi faire le job de plan de secours.

J’ai perdu plus d’une heure dans cette affaire et mon rythme avec. Le redémarrage est un calvaire. Je suis complétement HS en traversant Mortain. Je m’arrête 15 minutes sur un banc , il ne fait pas froid. Dodo ou pas dodo ? Moral pas au top, sensations en berne. Un petit gel à la caféine, je ferme les yeux 5 minutes. La ville est déserte . Je repense à ma promesse d’arriver à 14h , tu vas le faire JP , tu peux le faire , les coups de mou tu connais et tu sais que ça passe.

Je repars dans un gros effort mental et au bout de 10 minutes, je me sens mieux, la machine est repartie.

Ensuite : ça monte, ça descend. Je pensais que ça se calmait après Mortain, au vu des profils issus de la trace GPX mais les données de terrain ne doivent pas être si justes que cela. Ca ne se calme pas tant que ça. Tout juste la moyenne cesse de chuter mais ne remonte pas ou alors de 0,1 km/h.

Malgré tout je n’avance pas si mal, et voilà le CP7 , Abbaye du 13ème siècle d’Ambye . Km 475, reste « seulement » 125 km , une grosse sortie du dimanche.

Je suis un peu en pilotage automatique calé sur un rythme et dans une torpeur typique du lever du jour. Juste après l’abbaye, on attaque la nième bosse quand j’entends un bruit de dérailleur. Et paf « Attaque de Pierre Rolland ». Un concurrent tombé du ciel me met une grosse attaque et file en danseuse.

D’où sort-il ? Surement un rapide qui a dormi dans le coin cette nuit et repart en pleine forme. Ca m’a reveillé, d’un coup les écrans du cockpit du Chiru Xroot se rallument, le reacteur redémarre, le moteur remonte en régime. Machinalement je pousse un peu les watts et réalise que ça ne pose aucun problème. Sans même vraiment essayer, la distance n’augmente plus, et même semble diminuer. Se profile une montée bien raide. Et dans un moment de folie c’est la contre-attaque du JP. « Capitaine Spock, vitesse lumière ! » J’envoie 400W d’un coup, et dépose littéralement mon adversaire. Et le plus surprenant c’est que ça tient. Je me fais trois quatre bosses d’affilée sur ce tempo et constate la disparaition de l’adversaire en même temps que mes jambes ne demandent qu’à pousser sur les pédales ! Il a du se demander ce qu’il se passait et je me pose la même question. Du coup je me dis que je peux rouler normalement – sans limiteur de régime – jusqu’à l’arrivée, me voyant déjà tenir une moyenne de folie sur cette partie réputée la plus facile.

Que nenni ! C’était sous-estimer le traceur. Certes ça monte moins fort, mais nous voilà sur des chemins gravels voire des single VTT ! Evidemment ça ne booste pas du tout la moyenne, tout le contraire ! Au passage , le terrain lui même est une formalité pour le Xroot équipé de Blackbird 32.

Quelques montées infernales du coté de Saint-Lô, puis du vent de plus en plus fort et de face. Il va falloir pousser jusqu’au bout .

CP8 à Utah Beach au km 576 , reste plus que 24km , à longer la plage avec un vent terrible et usant.

Je jette mes dernières forces dans la bataille , recompensé par 13km vent de dos sur le final ( il était temps ! ) . Arrivée à 13h à la salle. Tiens enfin un concurrent du 600 me dit Stéphane l’organisateur. J’avale un sandwich et une bière, saute dans la voiture, et rejoint ma petite femme à l’heure.

Encore une belle aventure. Je retiens les paysages magnifiques en premier, les bosses en nombre incalculables en second. Je préfère les longs cols au montées courtes et raides, c’est plus facile de maintenir un rythme. Content que la stratégie roulage/alimentation ait bien fonctionné. Et l’incident de l’éclairage m’a confirmé qu’il est stupide de vouloir supprimer 100g en économisant un backup sur un point critique qui peut couler la course.

Un grand merci Sam pour nous avoir incité à découvrir cette belle épreuve , à l’organisation parfaite et aux copains pour toutes les aventures que nous vivons ensemble.« 

Au final, toute la Team BikeXplore est finisher , le score parfait !

BRM 300 Tour de l’Ile de France avec Sam le 4 Avril 2026 ( auteur : Ludo )

Parcours du BRM 300 de Franconville dont la version officielle aura lieu dans deux semaines. Étant absent à cette date j’ai proposé à la BikeXplore ultra team de le faire en décalé, ce qui permet en plus de partir de la maison et non de Franconville. La date tombe mal pour certains mais mon frère Sam répond présent. 

Départ 05h20 de la maison, ça pique après la semaine de taf . Surprise en ouvrant la porte du garage 😮 , il crachine, et la route est détrempée. En revanche 12 degrés, ambiance tropicale humide. Dès le départ je dois adapter la tenue et enfiler la veste étanche, que je garderai toute la matinée ! 

Au bout d’une heure, chaussettes, chaussures et cuissard sont trempés 😰 , 

Heureusement qu’il ne fait pas froid. Un peu compliqué d’être trempé au bout d’une heure quand vous partez pour 284 km…

Nous croisons les doigts pour que la météo change en cours de journée. Nous garderons cette alternance de crachin et de pluie pendant quatre heures jusqu’au nord de Roissy où une première pause s’imposait. La pluie cesse vers 10h00 mais laisse place à un bon vent de face lorsque nous passons Roissy pour repartir vers l’ouest puis le sud. Nous garderons ce vent 

05h20, départ, ça pique ! 

Pause café à Vémars .

Vent de face jusqu’à la forêt de Rambouillet. Pause sandwich à Conflans Sainte Honorine, puis chez Benjamin à Andelu, qui nous attendait à défaut d’avoir pu se joindre à nous, séché par une bonne sinusite.

Le soleil se montre enfin en milieu d’après-midi et nous finirons sur route sèche et 18 degrés, le pied. Le vent de face commençait vraiment à taper dans nos réserves, mais lorsque nous avons amorcé le virage vers l’Est, le vent redevenu favorable. Regain d’énergie et beaucoup de plaisir à finir ainsi ce parcours. 

Côté attractivité, les trois quarts ouest sud et est sont très sympa, même s’ils empruntent des routes assez classiques. En revanche les quarante km autour du point de départ à Franconville sont très urbains, lents en raison des nombreux feux et ne présentent aucun intérêt. Mais il fallait sans doute faire le départ et l’arrivée à Franconville, club organisateur. 

Toujours très sympa de rouler avec Sam qui progresse à chaque sortie. Je vais bientôt devoir m’accrocher aux branches pour le suivre 😰 . 

La nouvelle config du Léon pour les ultra donne satisfaction, prêt pour les épreuves de printemps ! 

Une bonne raclette nous attendait à l’arrivée 🤩 !

En somme une super journée de vélo 😁 

BRM 200 Paname, dimanche 8 Mars 2026

A la recherche d’un parcours BRM 200 pour commencer à augmenter à nouveau les distances en vue des prochaines échéances ultra, je tombe sur le BRM 200 Paname organisé par l’Audax Club Parisien au départ de Paris. Une belle occasion de faire connaissance avec l’organisateur du Paris-Brest-Paris .

Au sein de la Team Ultra BikeXplore, Benjamin , Sam et Eric sont partants.

Et Bertrand, un ex-collègue très experimenté en longue distance confirme qu’il s’inscrit aussi à mon grand plaisir. Nous n’avons etonnament jamais eu l’occasion de rouler ensemble jusqu’ici. Eric est malheureusement forfait en dernière minute , victime d’allergies printanières.

On se retrouve tous à 7h15 au départ avec Sam, Bertrand et Benjamin. Tout est organisé à la perfection, on sent que nous avons affaire à des gens d’expérience et les 600 participants ne créent aucune difficulté logistique !

Très joli parcours, du moins on le suppose pour la matinée car on n’y voyait rien avec le brouillard jusqu’à 13h.

Quelques petits soucis imprévus pour moi avec la fixation du radar qui se casse à l’arrière , je mets quelques minutes à le retrouver ( intact ) , ce qui me permet de rechauffer sur 5km à fond pour recoller au groupe.

Le capteur de puissance fait aussi des siennes , obliger de le recalibrer en roulant pour qu’il arrête d’indiquer 0 en permanence. Une fois tout ça réglé, le Xroot se revelera encore une fois un merveilleux compagnon de route et les nouveaux Hutchinson Blackbird 32 de vrais coussins d’air avec un rendement au top.

Le brouillard ne veut pas se lever à notre grand desespoir. Benjamin décide du coup d’appuyer fort sur les pédales pour se rechaufer ! Le tempo est bon . Je suis un peu inquiet pour lui me disant qu’il va s’épuiser à ce rythme. Mais non, il est en forme Benjamin !

CP1 au km 75 à Magny en Vexin, la file d’attente pour faire tamponner le carnet de route est conséquente , une bonne 1/2h d’arrêt malgré une organisation encore au top. Bertrand profite de la pause pour faire un tour à la boulangerie en face et acheter quelques sandwichs malgré l’heure encore bien matinale. Nous avons perdu Sam en route et avec la foule nous n’arrivons pas à le retrouver.

Pause déjeuner à l’entrée de Gisors en mode sandwich, c’est ma déformation « ultra distance », avec le but de perdre le moins de temps possible lors des pauses. Bertrand rachète des sandwich aussi bien qu’on ait fait seulement 25 km depuis le CP1. Mais comment fait-il pour manger autant malgré une taille de guèpe ? Au moment de repartir message de Sam qui déjeune avec la team de Franck. Du coup on se retrouve à trois l’après-midi, c’est la team ex-Stellantis. Je suis très heureux de discuter avec Bertrand que je n’ai pas pas vu depuis longtemps. Belle séance papotage sur toute la rando 🙂 .

Enfin le soleil se lève et ça change tout. On gagne 5°C , tempête de ciel bleu. CP2 à Chaumont en Vexin au km 125, dans une boulangerie où Bertrand ne manque pas d’acheter à manger !

Entre le CP2 et le CP3 situé à L’Isle Adam, on serpente sur de jolis petites routes valonnées qui offrent de belles sensations de piltoage et de relance.

Pause café à L’Isle Adam après tamponnage du carnet.

On repart avec directement une belle bosse bien pentue, les premiers 200m sont rudes à froid puis soudain, le sensations reviennent et sont au top. Un de ces moments où on a le sentiment de pouvoir appuyer à volonté sans conséquence.

Après une traversée sur un chemin gravel dont le coin a le secret , une nouvelle longue montée. Je mets des watts et j’entends Bertrand dans ma roue jusqu’à m’apercevoir au sommet … que ce n’était pas lui. Il reste 22 km , je finis en solo pour rejoindre la Porte de Clichy où nous attendent un bon sandwich et une bonne bière. Benjamin et Bertrand ne sont pas loin et arrivent quelques minutes plus tard. A l’échelle de la longue file pour finaliser le carnet de route, cela ne fait que quelques mètres et nous pourrons profiter de la bière et du sandwich ensemble.

J’ai adoré ce BRM, super bien organisé et tracé. Evidemment les 10 derniers km pour rejoindre Paris étaient très urbains et demandaient de la prudence avec des dizaines de feux/intersections mais inevitable vu le point de départ. Je croise Sam en allant prendre le RER C qui a bien aimé la sortie également. A refaire !

Gravelman Marrakech 600 route 2026

Après ma participation à cette épreuve en 2025, Ludo était volontaire pour découvrir le Maroc en 2026 et Benjamin partant pour y retourner sur la route après avoir mesuré la difficulté de l’épreuve gravel dans cettte région.

Ce sera mon 7 ème Gravelman, je commence à bien connaître Steven le Hyaric et toute son équipe, ambiance familiale sur ces épreuves et en particulier au Maroc puisque nous partons du domicile de Steven au Superides Camp.

Ludo part le 1er janvier avec son épouse, Benjamin et moi le samedi 3 janvier pour un départ fixé le 5 à 6h00 .

Première péripétie à la sortie de l’aéroport : la navette réservée via Booking pour nous conduire à l’hôtel refuse de nous embarquer malgré les vélos clairement mentionnés sur la fiche de réservation. Rarissime dans ce pays où tout le monde est gentil et débrouillard , le chauffeur n’était surement pas Marocain …

On se rabat sur un taxi Berlingo où on a quand même un peu de mal à caser les vélos et les bagages . Je me retrouve assis par terre à l’arrière sur un coussin car il manque un siège 🙂 . Le chauffeur est adorable mais à 1km de l’hôtel , Waze nous expédie dans un chemin de traverse. Lorsqu’on réalise que le chemin est impraticable et qu’on cherche à faire demi-tour, il est trop tard : le taxi glisse dans le fossé car le route est trempée par la pluie et la terre argileuse rouge ultra glissante !

Benjamin qui connait ma réputation de chat noir des transports me regarde un peu désespéré. Mais mes aventures se terminent toujours bien, alors on garde espoir. Le chauffeur tape aux portes de maisons et appelle l’hotel : ils viennent nous chercher, pendant qu’un habitant trouve un camion pour sortir notre pauvre taxi de ce mauvais pas.

La propriétaire de l’hotel arrive avec son RAV4 , on a du mal à croire qu’on puisse tout caser mais si , ça rentre en tassant un peu !

Ces aléas nous ont fait perdre beaucoup de temps et il est déjà 21h30 lorsqu’on rejoint notre chambre, mais pas de souci , le repas chaud arrive accompagné d’une délicieuse bouteille de vin rouge local que nous vidons à deux pour nous remettre de nos émotions ( attention : cette méthode n’est pas conseillée par les coachs sportifs ! )

Dimanche midi , nous rejoignons le centre ville pour aller déjeuner avec Steven et d’autres concurrents

L’occasion de tester l’état du terrain – avis aux lecteurs non habitués : ceci est une route et pas un chemin –

On retrouve Ludo et son épouse Emmanuelle le soir. Direction le camp de Steven le Hyaric pour le check départ et une soirée dîner Berbère avec danses traditionnelles. Dîner sympa avec tous les concurrents et l’équipe de Steven : Micka , Cecilia , tous adorables et que nous connaissons désormais très bien ainsi que Said , l’homme à tout faire et son collègue la Pioche et Brahim , le chien 🙂 . Bon Said est super sympa mais doit encore faire des progrès sur le coucous 🙂 . Benjamin soupconne même un attentat pour l’empêcher de pédaler le lendemain !

La semaine précédant le Gravelman, une observation attentive des prévisions météo sur Windy avec tous les modèles météo disponibles m’avait bien inquiété. Les prévisions’annonçaient exceptionnellement froides pour le Maroc avec de la pluie le lundi, un vent de face à 50 km/h le mardi et un froid polaire le mercredi dans les montagnes de l’Atlas avec une forte probabilité de chutes de neige.

Nous savons tous que la météo à l’avance n’est jamais parfaitement fiable et donc je me rassurais en me disant qu’il était impossible d’avoir les trois phénomènes d’affilé. En Afrique , il fait beau et sec l’hiver , tout le monde le sait !

Malheureusement, les prévisions étaient exactes et nous sommes donc partis pour de la pluie tout au long de la première journée, du vent de face l’après-midi de la 2ème journée et enfin de la neige pour remonter au col du Tichka. Aie !

Retour à l’hôtel et lever 4h , un petit déjeuner nous a été apporté la veille au soir. On rejoint le camp de départ à 6h, tous les concurrents et Steven qui vient faire le départ avec nous sont planqués sous le toit de la terrasse car il pleut fort. On retarde le départ de 30 minutes et nous partons sur un chemin bien boueux de 2km pour rejoindre la route, les vélos sont déjà pourris et on se félicite de nos pneus allroad Caracal , c’est du gravel !

Mention spéciale à Hutchinson au passage , ce pneu est juste incroyable : aussi roulant que des Blackbird Race , ultra solide et capable de passer dans du vrai chemin gravel ou même VTT. Un must , vraiment !

La pluie se calme un peu , nous voici dans une longue ligne droite en faux plat montant en direction d’Asni pour aller chercher le col de Tizi n’Test. Ce n’est pas du tout plat , même avec des jambes bien fraiches , la moyenne peine à atteindre les 20 km/h sur un terrain en montagnes russes parfois bien pentues. Après Asni et une belle descente on attaque plus de 50 km de montée.

Comme toujours sur les routes des montagne de l’Atlas , la moitié ( au moins ) de la route est détruite mais ça on s’y attendait et nos vélos sont montés en conséquence. Des engins de chantiers sont en train de réparer la chaussée à de nombreux endroits, il vaut vraiment le voir pour le croire.

Mon nouveau Chiru Xroot avec ses super pneus Caracal fait merveille , je suis bien plus à l’aise que l’année dernière avec mon Axxome en pneus de 32 sur ces portions. La pluie les rend particulièrement délicates, ça glisse bien mais ça passe facile. Evidemment ça ne fait pas remonter la moyenne d’autant que la montée se cabre de plus en plus.

Séquence émotion avec un jeune garçon en VTT qui va à l’école et vient faire la course avec nous. Il donne tout ce qu’il a à bout de souffle mais il tient, on le pousse ou le tire pour l’aider, c’est juste adorable !

Benjamin a un peu disparu derrière, il préfère les descentes aux montées. Quelques éclaircies nous font du bien même si on a l’équipement pluie total sur-chaussures, sur-pantalon, veste et bonnet Goretex; L’équipement nous évite d’être trempés mais l’idée au Maroc d’habitude, reste de rouler au soleil et les paysages sont bien plus beaux dès que la lumière vient les illuminer.

La montée est superbe bien qu’assez difficile. La boue a durci les cales des chaussures et je manque de tomber lors d’une pause photo. Histoire de rire, le tuyau de ma sacoche à eau centrale tombe dans la roue en repartant, heureuement je stoppe avant de tout déchirer.

Au sommet, on voit une auberge , on s’arrête , et nous commandons pour trois en laissant le temps à Benjamin d’arriver.

Comme toujours ici , l’aubergiste est aux petits soins. Mais à 2000m et par 3 degrés, on aurait aimé qu’il y ait une porte et des carreaux aux fenêtres ! Malgré une cheminée, il fait plus froid dedans que dehors, on sort les doudounes des sacoches . Le déjeuner avec salade et omelette berbère est néanmoins délicieux.

On espère que la météo sera meilleure l’après-midi avec le changement de versant. Même si la pluie s’est provisoirement calmée, ce n’ est pas vraiment le cas et on attaque la descente dans le brouillard phares allumés.

Ca file bien au début , mais rapidement, on doit à nouveau affronter des passages gravels, des averses et surtout de nombreux éboulements causés par les fortes pluies de ces derniers jours. Il faut bien regarder devant et ne pas arriver trop vite dans les portions ravagées. Je suis bien content d’être coté droit , car le coté montagne semble un bon endroit pour se prendre un rocher sur la tête !

Nos vélos bien équipés nous permettent de doubler tout ce qui roule : voitures , camions , motobylettes locales, tout le monde est au ralenti pendant qu’on dévale comme des missiles.

Les nombreux passages gravel dans la boue rouge me font avoir une pensée pour mes plaquettes de freins , pourvu qu’elles tiennent mais j’ai un jeu de rechange, là encore, la connaissance du terrain local m’avait permis d’anticiper ce cas de figure.

Arrivés en bas, après 50 km d’une descente compliquée mais quand même rapide , nous rejoignons la première route à peu près plate en direction de notre point de chute du soir à Taliouine , sur la route menant à Ouarzazate.

Benjamin qu’on pensait fatigué, enclenche d’un coup le turbo et je me retrouve à 250W pour essayer de recoller ! Pour tout arranger, mes vitesses sautent, j’ai un maillon a moitié cassé sans doute par une pierre qui a tapé la chaîne.

Finalement, on organise le peloton et les relais se suivent.

Sur le profil , on a 40 km de montée pour rejoindre l’hôtel à Taliouine mais le vent est favorable et c’est plus un faux plat montant qu’une vraie bosse, donc notre vitesse reste très bonne ce qui nous permet de rejoindre l’hôtel réservé à 21h, après avoir du traverser deux fois des passages de 100m où un oued avait débordé et transformait la route en torrent furieux !

Super accueil , après la journée pluvieuse la douche chaude et le bon dîner copieux avec une soupe en entrée nous fait le plus grand bien.

Je vire le maillon défectueux et le remplace par un maillon rapide. J’aurais du vérifier les plaquettes car je me retrouverai sans frein arrière le lendemain, plaquette bouffées par la boue rouge, je mettrai le jeu de rechange le soir à l’hôtel.

Dodo réparateur, réveil 5h pour le petit dej mais on traine un peu sur le départ qui ne sait qu’à 7h, on va voir plus loin que ça va nous obliger à reconfigurer un peu l’organisation de la journée.

Un bon col de 900m de D+ nous attend pour commencer, on y verra le magnifique lever du jour. Nous sommes dans un endroit majestueux entre steppes désertes et sommets enneigés.

Les jambes sont au top ce matin, j’ai l’impression de pouvoir appuyer à l’infini sur les pédales. La montée n’est qu’une formalité. Au sommet à 1800m , il y a un vent , du soleil , des lignes droites de 20 km sur un paysage de plateaux désertiques. On décide d’attendre Benjamin au déjeuner car il fait bien trop froid pour rester immobile ici .

Un chien sorti de nulle part se met à faire la course avec Ludo , chacun sur une file. On est en faux plat descendant à 45 km/h , mais le chien a de la ressource ! Finalement, il décide de laisser tomber, Ludo est trop rapide. Je me demande s’il va faire la même chose avec moi mais il me regarde d’un air désespéré la langue pendante et déclare forfait.

J’ai monté un mono plateau de 40 dents en vue des longues ascensions avec une cassette 10-44. A 45 km/ , c’est un peu juste, je peine à suivre Ludo en moulinant comme un dératé couché sur les prolongateurs. Ca fait plaisir de rouler à cette vitesse, nous serons largement dans le plan de marche pour le déjeuner !

En descendant vers Tazenakht pour manger, le fameux vent terrible annoncé se lève. L’angle n’est heureusement pas encore trop mauvais, on arrive à maintenir une vitesse entre 25 et 30 km/h malgré tout mais c’est saoulant d’entendre ce souffle de ventilateur en permanence.

Pause déjeuner au centre ville, définitivement les fénêtres et les portes semblent en option, on change de table avec Ludo pour éviter d’être trop dans le courant d’air car avec le vent et malgré le soleil il fait froid.

Benjamin arrive 1h plus tard, cela nous fait une bonne pause avant d’attaquer l’après midi qui s’annonce terrible pour les 70 km nous séparant de Ouarzazate avec 50 km/h de vent de face.

La route est magnifique , dans des gorges encaissées , et tracé Steven oblige , de petites excursions gravel pour traverser des villages et des vallées isolées magnifiques. On était prévenus , donc on adore ( Steven nous dira que ce n’ est pas le cas de tout le monde … ) et nos vélos nous permettent d’emprunter ces passages sans devoir ralentir le rythme.

La suite s’avère difficile : vent terrible , et 2 bosses de 200m de dénivelé pas inquiétantes sur le papier mais on avait du mal regarder le profil ! La première à 10% et la seconde à 20% , un mur vent pleine face , un enfer , je zigzague à l’agonie à 5 km/h dans le dernier mur.

Benjamin décroche dans ces passages raides. Au sommet de la 2ème montée , je regarde sur le GPS combien de temps il nous reste à souffrir jusqu’à Ouarzazate et quand je relève la tête , j’hallucine en voyant … Benjamin qui m’attend sur le côté.

Hallucination ? Magie ? Téléportation ? Tout simplement un Berbère en Berlingo qui a proposé à Benjamin de le deposer en haut.

La très bonne surprise , c’est que le vent a un peu tourné. Là où on pensait l’avoir de face , il est plutôt de coté. Pour la première fois , je ressens l’effet voile des roues hautes par vent latéral. Le vélo a 20° d’angle par rapport à la verticale, mode deriveur, mais file à 35 km/h là où on pensait rouler à 15. Ca nous remet à peu près sur le plan de marche horaire. Il faut faire très attention lorsqu’un camion nous dépasse et coupe le vent. La première fois je fini direct dans le fossé, sans tomber heureusement.

Arrivée à Ouarzazate surréaliste sur des grands axes par encore bitumés semblant délimiter un grand quartier en construction.

Benjamin décide de dormir à l’Ibis local trop fatigué. Peu après , on voit plein de messages whatsapp s’afficher sur nos GPS , Benjamin sollicite des idées car la pile de sa cocotte gauche DI2 est HS et introuvable dans le coin.

On le rassurera en arrivant à notre hôtel : vu le profil du final , il suffit de passer la chaîne sur le petit plateau, le gros ne sera pas très utile.

Nous continuons encore 35 km jusqu’à Ait Ben Haddou avec Ludo , arrêt au Bagdad Café avec un accueil hors norme de la patronne française. Très bel hotel , très confortable et elle se lèvera à 5h pour nous préparer un petit déjeuner de rêve, juste incroyable et vraiment touchant.

L’Atlas Marocain est vraiment un endroit où le mot « humanité » reprend tout son sens, dieu que cela fait du bien dans cette époque de fous .

Départ 6h pour la montée vers le célèbre col du Tichka. Des informations contradictoires circulent sur l’état de la route. Ma grande inquiétude est d’être bloqué par la neige. Il n’y a pas de chemin alternatif pour repasser du bon coté de l’Atlas afin de rentrer à Ourika . Et marcher en montagne dans la neige avec des chaussures de route n’est pas un plan idéal …

La route semble dégagée pour l’instant. Encore de fortes rafales par moment mais pas en permanence. Nous approchons de Telouet, point de passage mythique de la célèbre Atlas Mountain Race. Steven qui l’a fait trois fois nous a recommandé l’aubergiste du coin qui est le Check Point 1 de l’AMR , mais cela nous aurais pris trop de temps hier soir d’aller jusque là.

Un automobilste s’arrête à notre hauteur dans une traversée de village pour nous dire de faire attention, les voitures sont bloquées plus haut après un pont et il nous de conseille de ne pas tenter le passage.

On a pas le choix , alors on continue. Et effectivement d’un coup la route devient mauvaise avec des plaques de neige glacées de plus en plus nombreuses jusqu’à recouvrir toute la route.

Heureusement nos pneus mixtes assurent et ça passe en faisant attention de bien mettre les roues au bon endroit.

On arrive au fameux pont et effectivement, tout le monde est bloqué là, la pente se corse, c’est gelé. Des conducteurs avec des pelles tentent de faire un passage.

Nos vélos passent.

On grimpe, et petit à petit il commence à y avoir une couche de neige qui ajoute à l’effort de la montée.

Une plaque de glace en devers, je vois Ludo batailler pour rester sur le vélo qui part en toupie et ça finit dans un grand fou rire général.

Je me demande combien de temps cela va prendre de finir les 10 km de montée restant ( 100km de montée depuis Ouarzazate) envisageant avec effroi une arrivée à pas d’heure à Ourika.

Et soudain au détour d’un virage, contre toute attente, la route est propre et on gagne plusieurs degrés , au point que j’ai trop chaud ! Steven nous expliquera plus tard qu’il y a un micro-climat dans la vallée de Telouet, un courant d’air froid qui descend des sommets.

Sauvés , on rejoint le col facilement avec finalement … 1/4 h d’avance sur la prévision initiale, tout est bien qui fini bien . A partir de là , profil descendant jusqu’à l’arrivée , avec une petite remontée sur le final Ourika étant à 900m.

Cela nous donne le temps d’un bon déjeuner dans le classique resto à salle ouverte ! On enfile tout ce qui se trouve dans les sacoches pour se rechauffer , ambiance déjeuner en haut de Val Thorens dans une salle en courant d’air.

Les 5 premiers kilomètres de descente sont délicats. Grande route bien dégagée mais il reste des plaques par endroit et pas le moment de tomber avec le trafic. La circulation a été bloquée la veille par le neige et il y a beaucoup de monde sur la route donc des gros camions qui descendent à une allure d’escargot . On y va tranquille. Puis la neige disparait , la température monte, retour du Maroc connu, on peut foncer sur la route sèche. Je soupconne mon food pouch de créer une pénalité aerodynamique à haute vitesse car je dois relancer pour suivre Ludo.

Il y a un petit col à franchir , arrêt au pied pour changer radicalement de tenue. Configuration légère de retour , on vire surchaussures, surpantalon, coupe vent , doudoune , bonnet , cache cou …

Le temps de pencher la tête pour enlever les surchaussures et quand je relève, qui vois-je ?

Super Benji Berlingo téléporté !

Le petit col franchi , il nous reste 65 km de faux plat descendant puis montant pour rejoindre Ourika : soleil, chaleur , pas de vent : on termine sur la partie plaisir où les vélos filent enfin à belle vitesse par une température agréable. Ca change tout sur les sensations musculaires et je me permet des relances à plus de 400W , les jambes vont bien.

Arrivée à 17h30 à Ourika avec une accueil super chaleureux de Steven et son équipe, on est en famille , on discute, c’est vraiment sympa Benjamin nous rejoint quelques minutes plus tard.

Un aventure marquante avec des images d’ncroyables qui vont rester gravées pour la vie !