Lors de la création de BikeXplore, nous avions inscrit dans le projet de relancer les week-end club à la demande de nos adhérents. L’idée était de profiter d’un moment en groupe tout en participant à une épreuve qui permette à tous les niveaux de prendre du plaisir.
Après quelques itérations, nous retenons la Cyclo Montagnarde des Volcans à Mozac près de Clermont-Ferrand. Il y a des petits parcours mais aussi un 240 km avec presque 5000m de dénivelé qui permet aux finishers d’obtenir le Brevet Montagnard . Il y a même un parcours 300km mais il faut aussi penser au retour à la maison le dimanche soir. Il s’agit d’une épreuve historique qui n’a pas eu lieu depuis 30 ans mais redémarre cette année.
Au final, nous sommes 7 inscrits dont Franck notre nouvel adhérent qui fera le parcours en 2 jours avec Catherine son épouse . Les parcours sont très bien conçus et tout en faisant le parcours découverte moins exigeant, Catherine arrive à la Bourboule le premier jour, comme Franck. Bravo aux organisateurs pour avoir vraiment bien pensé leur épreuve !
Nous avons réservé au camping Ranch des Volcans à Châtel-Guyon, un peu par défaut car les hébergements de plus de cinq places à proximité du départ étaient très peu nombreux. Le camping se révélera un très bon choix : petit parc aquatique, bonne bière, bon resto et mobile home bien aménagé.
Départ le vendredi en début d’après-midi pour Pascal, Olivier et moi , pendant que Ludo et notre trésorier OliVttiste partent vers 17h30 tout comme Franck et Catherine.
Juste avant de mettre le vélo dans la voiture, je découvre que le derailleur electronique avant ne repond plus après 2 ans de loyaux service. Pourtant il est bien chargé. Je tapote dessus, ça remarche. Hum … bizarre mais mon optimisme légendaire prend le dessus et je classe l’incident.



Samedi , Franck et Catherine partent pour leur parcours en 2 jours avec l’option montée du Puy de Dôme pour Franck, insatiable !


Pendant ce temps , nous sortons tous ensemble récupérer les dossards pour le lendemain et faire une petite sortie groupe pour découvrir l’environnement. C’est une première en montagne sur route pour Pascal notre vététiste mais il s’en sort brillamment et découvre le pouvoir du coté sombre de la Force ! De mon coté, le dérailleur semble fonctionner normalement, ouf !

Notre balade se révèle très agréable, malgré les 700 mètres de dénivelé pour 40km , les montées ne sont pas raides et ça passe en douceur. Et la descente en forêt sur une petite route déserte est un vrai bonheur.
Alors qu’on approche du camping, mon GPS se retrouve pendouillant à la dragonne mais plus de peur que de mal, l’adaptateur quart de tour s’est juste dévissé , ce qui explique les vibrations que je ressentais depuis quelques sorties. Déjeuner au camping où le restaurant se révèle excellent avec un très bon hamburger au Saint-Nectaire accompagné de frites maison.


Pendant que les copains vont faire la sieste, je revisse le support bien comme il faut et teste une dernière fois le dérailleur avant. Gasp : rien ne bouge. Je secoue comme au départ de Brétigny ( il y a un capteur d’accélération pour le sortir de veille) : rien . Je tapote : rien . Je tappe : rien . Je frappe avec l’energie du désespoir : toujours rien . Me voilà donc désespéré. Comble de malheur, il est bloqué dans une position intermédiaire qui ne permet ni d’utiliser le petit ni le grand plateau. Au secours !
Je me raisonne : « JP , tu sais qu’il t’arrive toujours des trucs improbables mais que ça se finit bien, donc ça va bien finir! »
Les copains se reveillent et partent à la piscine pendant que je saute dans la voiture direction un magasin de bricolage pour acheter les outils permettant de démonter la batterie et d’accéder à l’intérieur du dérailleur. La batterie étant chargée à 100% , je soupconne un faux contact documenté sur internet au niveau des pinoches de connexion de la batterie.
Par chance je trouve le bon tournevis ( vis torx de 1.5 ) , je démonte et je vois un contact oxydé. Je nettoie et remonte en priant très fortmonange gardien. Prière entendue, ça fonctionne. Mais en tentant dans l’après-midi de bricoler le dérailleur dans tous les sens pour rendre au moins le grand plateau utilisable en serrant les vis de butée , j’ai tout déréglé . Soit le petit plateau fonctionne sans frotter soit le grand mais pas les deux … . A force de bricoler, j’arrive à un réglage bancal, ça devrait suffire. Trop compliqué et hasardeux de reprendre le réglage à zéro à cette heure.
Nous partons dîner au Bistrot Régent dans le Casino de Châtel-Guyon. Nous décidons de ne pas jouer la trésorerie du club

Très bonne adresse et excellent repas avec salade et frites maison à volonté. Un petit coup d’oeil sur PSG-Arsenal sur un écran géant dans le hall du casino, puis on fait un petit tour dans le parc des sources de Châtel Guyon, l’endroit est charmant. Retour au camping. Il fait vraiment très chaud et les températures ne devraient pas redescendre en-dessous de 25° la nuit !

Après une courte nuit rendue délicate par la chaleur et les chants de victoire des supporters du PSG , lever à 3h pour filer au départ. Nous emmenons les voitures pour gagner du temps au moment de repartir.
4h30 , nous voici sous l’arche de départ une nouvelle fois mais pour de bon cette fois-ci avec les tenues officielles BikeXplore.

Pascal partira de jour pour le parcours découverte.
Nous voilà donc en route pour 233 km et 4700m de D+ , sous une chaleur jamais vue en pleine nuit à cette époque de l’année. Atmosphère tropicale. Je me dis que nous allons souffrir avec une telle météo. Les sites météo prévoient tous chaleur et soleil pour cette journée.
Curieusement, je sens ma chaîne sauter par moment. Ce n’était pas du tout le cas hier. Très agaçant, ça va me pourrir la journée me dis-je. Pensant que j’ai déréglé le dérailleur arrière en réglant l’avant ( ça va vite de taper au mauvais endroit avec le tactile … ) , je tente un réglage en roulant . Très mauvaise idée. Je dérégle tout et je vais passer 30 minutes à refaire le réglage je ne sais combien de fois. Jusqu’au moment où dans une petite bosse raide, je me mets en danseuse et entend un gros « crac » avant que les pédales ne se mettent à tourner dans le vide et que je voie la chaîne par terre.
Non ! C’est un cauchemar !! Et je réalise qu’énervé par le problème du dérailleur hier, j’ai oublié de mettre le petit sac avec quelques pièces de rechanges dont un maillon rapide, dans ma sacoche. Comment réparer sans maillon rapide ? Et les copains n’en ont pas non plus. Mais quel crétin , je le prends toujours, comment ai-je pu oublier. J’engeule mon ange gardien, il a loupé son coup cette fois. Ca s’annonce très mal. Retour au départ pour aller la chercher dans la voiture ? Ca descend, possible mais grosse perte de temps. Mon moral descend encore plus bas que la pente. Un mot inderdit dans mon cerveau de finisher commence à faire son chemin : ABANDON. Non JP , il faut y croire !
Heureusement, Ludo a une frontale . Un maillon s’est ouvert mais par miracle le rivet n’est pas parti. C’est ce maillon qui causait les sauts de chaîne, pas le dérailleur. Comment est-ce arrivé alors qu’il n’y avait aucun souci la veille, c’est le mystère … mais c’est arrivé !
Avec précaution, on pousse le rivet vers l’extérieur pour avoir la place de refaire passer le maillon suivant, puis on repousse à nouveau le rivet en place grâce à mon derive chaine, tout en en profitant pour bien détordre le maillon. Peu de chance que ça tienne … mais la chaîne est à nouveau en place. Le maillon a même une bonne tête. Je prie pour trouver un maillon rapide 12V sur un des prochains CP. Pour l’instant, c’est un petit miracle . Merci l’Ange t’es trop fort 🙂
N’arrivant pas à régler correctement le dérailleur avant et très énervé et frustré par ces soucis mécaniques qui m’empêchent de me mettre dans l’épreuve, je décide de faire simple : je régle le dérailleur au max vers l’extérieur , condamnant le petit plateau et décidé à faire tout le parcours sur le plateau de 48. De la folie ? Pas tant que ça : j’ai une cassette 10-36, ça fait quand même un ratio correct et je table sur des pentes modérées comme la veille.
Nous repartons, il faut toujours aussi chaud. Nous savons que les 25 premiers km sont en montée, heureusement que j’ai pris deux gourdes car la consommation d’eau est déjà significative.
Grosse suprise: dès que nous changeons de versant, on se retrouve … dans la brume et la température chute de 10 degrés ! Il y a même une petite bruine pas du tout prévue au programme. La météo en montagne est rarerment une science exacte.
Premier CP au km 55 à Rochefort la Montagne . Je sors le coupe vent que j’avais beaucoup hésité à prendre, comme quoi , il faut toujours l’emmener sur ce type d’épreuve ( et un maillon rapide aussi hein ! ) Les copains ont des manchettes, je les envie et regrette de les avoir laissées dans la voiture. Rien de dramatique, il fait quand même 15 degrés.

Super ravito : sandwichs, fromage, saucisson, fruits secs , bananes, eau plate ou pétillante,coca , un nouveau bravo aux organisateurs !
Les aléas mécaniques du début sont oubliés. Le vélo fonctionne bien, et je n’ai pas souffert de l’absence du petit plateau pour l’instant. Je me sens enfin à 100% concentré sur le parcours et les magnifiques paysages que nous traversons. Evidemment, je dois croiser un peu trop la chaîne par moment mais c’est un moindre mal même si Olivier s’en inquiète.
Parcours magnifique, sur de jolies routes désertes et bien vertes. On se régale, que notre pays est beau !
Direction la Bourboule pour le CP2. Cette fois , on a quelques cols serieux : le col de Guery , la Croix Saint Morand et surtout la Croix Saint Robert, plus pentu. La pente reste toutefois gérable, et je prends du plaisir dans ces ascensions ! Très belles vues, jolies routes que demander de plus !





Les descentes sont fluides et rapides, il faut s’employer pour suivre notre Olivvtiste qui dévale à toute vitesse après avoir géré dans la montée. Heureusement que j’ai choisi de bloquer la transmission sur le grand plateau plutôt que le petit ! 🙂
Dans la descente de la Croix Saint Robert qui nous emmène à la Bourboule , il y a des centaines de concurrents … qui montent . Cela interpelle Ludo qui s’arrête pour savoir si nous sommes dans le bon sens. Mais il s’agit d’une autre épreuve. Je ralentis par moment car ils roulent à plusieurs de front et j’ai un peu peur de me retrouver nez à nez avec un concurrent du mauvais coté de la route dans un virage.
Entre l’arrivée en ville et le CP2 , il y a une montée de quelques centaines de mètre avec un gros pourcentage. C’est limite sur le grand plateau, je suis en danseuse à 30 tours/min mais ça passe , heureusement, ce sera une des seules pentes raides sur parcours. Petit entraînement de force.
Nouveau ravito au top, avec des bénévoles aux petit soins. On tamponne notre carnet de brevet. Doublé d’un test de l’appli Chronokey qui fait le pointage automatique. Il est 10h30, nous avons bien avancé mais pas assez vite pour que Franck qui repartait de la Bourboule pour son 2ème jour vers 9h puisse rouler avec nous. Aurait-il saboté ma chaîne dans l’espoir de ralentir l’équipe des super grimpeurs BikeXplore ? Nul ne le saura jamais !
Ca monte pendant 7km pour repartir, avec une bonne pente. Surement une des montées les plus pentues mais ça passe encore une fois avec le grand plateau.
La suite est légérement plus roulante, nous emmenant vers Super Besse. Il reste quelques traces de neige sur les sommets.

Le temps a changé une nouvelle fois et il fait à nouveau très beau . Youpi !
La descente depuis Super Besse est ultra rapide : une grande ligne droite bien bitûmée où chacun va battre des records de vitesse.
On fait une petite pause regroupement en bas de la descente et le temps de remonter sur le vélo , Ludo et Olivvtiste sont passés comme des missiles dans un petit groupe. Une première sur ce parcours car nous n’avons vu personne jusqu’à maintenant.
Pas facile de revenir sur le groupe, impossible sur le plat mais à la faveur d’une petite montée , j’envoie tous les watts disponible pendant 300m et me rapproche à quelques encablures avant de me rappeler que ma chaîne est réputée fragile ! Je calme le jeu , il y a un CP « point d’eau » à quelques centaines de mètres, inutile de forcer.
Très bonne idée ce point d’eau , il commence à faire bien chaud.
25 km plus tard,nous atteignons le CP3 où nous avons droits à des tables et une assiette de charcuterie. On en profite pour bavarder avec un concurrent de l’aerospatiale à Toulouse qui faisait partie du petit groupe et avec qui on va rouler souvent sur la fin de parcours au gré des montées et descentes.



Les montées sont moins longues sur cette seconde partie. Nous passons par Saint-Nectaire , joli village réputé pour son fromage mais aussi de pentes particulièrement raides. Heureusement les jambes tournent toujours parfaitement car le premier km d’ascension se fait en danseuse pour moi, le petit plateau aurait été bien utile ici !

Nous voilà dans les 50 derniers km. Enchainement de petites bosses entre 850 et 950m d’altitude. Jamais trop long ni trop dur même si la répétition use.
Et la récompense finale arrive avec les 15 derniers kms en descente, on gagne quasiment 1km/h de moyenne sur cette partie. Le parcours est vraiment bien conçu car on a très peu de parties urbaines jusqu’à l’arrivée.
Après 11h de roulage , 4700m de D+ et 13h au total, la Team BikeXplore franchit la ligne groupée !

A l’unamimité , nous avons adoré ce week-end et cette belle région d’Auvergne qui permet de très beaux parcours sans jamais être extrème. Ca ajoute au plaisir car nous avons tous pu profiter au maximum ! A refaire !
Evidemment, je ne pouvais terminer ce compte-rendu sans un remerciement sincère à mon Ange Gardien. La chaîne a tenu !

